Coupez.

« Coupez »

de Cameron McCabe

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Grâce aux Éditions Sonatine, j’ai pu découvrir « Coupez » de Cameron McCabe publié en 1937 mais encore inédit en France jusqu’au 18 janvier!

Dans les années 1930, à Londres, Cameron McCabe travaille dans l’industrie du cinéma, il est monteur de film. Alors qu’il procède au montage d’un film, son producteur lui demande de couper toutes les scènes où apparaissent une jeune actrice, Estella Lamare. Ce coupage est délicat étant donné qu’Estella a un rôle principal dans ce film. Cameron McCabe est perplexe de cette décision du producteur. De plus, le lendemain matin, Estella Lamare est retrouvée morte dans la salle de montage. Voulant connaitre la vérité, Cameron McCabe va mener l’enquête jugeant l’incompétence de la police, plus particulièrement de l’inspecteur Smith de Scotland Yard. Et les suspects sont nombreux dans cet univers cinématographique. Où cette enquête va mener Cameron McCab?

« Ce n’était pas un roman noir, ce n’était pas un roman policier, ce n’était pas un thriller, c’était un bon vieux combat de boxe. »

« Coupez » est un roman comportant trois parties ce qui en fait sa différence. La première partie est le roman à proprement parlé: c’est le récit à la première personne, récit raconté par Cameron McCabe (et oui le personnage principal a le même nom que l’auteur…). La deuxième partie est le récit d’un autre personnage du roman qui donne toutes les explications permettant au lecteur de mieux appréhender le roman. Puis, on y trouve une interview de l’auteur.

« Tout homme normal, à la place de monsieur McCabe, aurait tenu un journal. J’ai été presque choqué de découvrir un roman à la place – ou plutôt un récit qui se lisait comme un roman, était bâti sur un modèle littéraire évident, comportait une intrigue, une construction, et une ébauche de psychologie des personnages et n’était pourtant rien d’autre que l’autobiographie d’un homme dans les derniers jours avant sa mort. »

« Coupez » est un roman surprenant de part son histoire et de part sa construction, du moins, je ne suis pas habituée. La première question que le lecteur se pose est: l’auteur est-il le héros du roman? La réponse a été l’occasion de beaucoup de débats et le mystère a duré des décennies!! Cameron McCabe nous emmène dans les coulisses du cinéma où le lecteur retrouve toutes les professions liées à un film, au monde du cinéma ainsi que dans les rues londoniennes des années 1930. L’auteur n’a pas oublié l’inspecteur de Scotland Yard, agent de police atypique!! Les suspects du meurtre se suivent tout le long de l’histoire; tous les personnages sont à un moment donné des suspects même Cameron McCab. C’est à ce moment que « Coupez » prend une toute autre tournure et le lecteur ne peut qu’être surpris! Ce roman est fait de rebondissements en rebondissements jusqu’à la fin!!

« Écoutez, votre première maxime: « Le seul homme à tirer une affaire de crime au clair, c’est le criminel lui-même: il faut le pousser à le faire ». Elle traite de la tâche que se propose l’enquêteur, à savoir de faire avouer le criminel. Tandis que la seconde: « Pour élucider un meurtre, il faut soi-même en commettre un », sous-entend de faire de l’enquêteur l’assassin ou de l’assassin l’enquêteur. »

Le roman se passe dans les années 30 et l’auteur a su plonger son lecteur dans le cinéma de ces années-là. En lisant, j’avais les images dans ma tête qui se succédaient, comme un film 😉 Tout y est: les studios de cinéma, les personnages, les voitures, les costumes, les cigarettes! L’écriture fait de ce roman un film! Le fait que Cameron McCabe, ou plutôt Ernest Bornemann de son vrai nom, soit scénariste explique certainement ce ressenti de lire un film! Par contre, à deux ou trois reprises, l’auteur fait un peu dans la longueur et on a qu’une envie que l’enquête avance un peu plus vite mais cela ne dure pas puisque l’auteur sait redonner un petit coup de rebondissements pour reconnecter son lecteur!! Et le lecteur veut connaitre absolument le dénouement assez incroyable!!

 

 

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Le chat qui a tout vu.

« Le chat qui a tout vu »

de Sam Gasson

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« Le chat qui a tout vu« , paru chez les Editions l’Archipel, au vu de son titre, était fait pour que je le lise!! Et cette couverture est adorable!!

Bruno, 11 ans, est un garçon dont son rêve est de faire comme son papa, devenir détective privé et pour cela, il s’entraine tous les jours à rechercher des sujets d’investigation. Il est ami Dean, son voisin. Bruno a une chatte, Mildred, qu’il a eu au refuge. Étant si curieux, Bruno décide d’installer une caméra sur le collier de Mildred et avec Dean, il va suivre la journée de Mildred dans le quartier. Malheureusement, la maman de Dean est assassinée et Bruno s’est mis en tête de trouver le coupable. Et il a croit avec ferveur car Mildred se trouvait sur les lieux du crime et avait sa caméra à son collier donc Mildred a vu le meurtre. Mais Mildred a disparu depuis cette nuit-là… Alors que les premiers soupçons se portent sur le mari, le père de Dean qui est un homme violent, les habitants du quartier pourraient aussi avoir commis ce meurtre… Où est Mildred? Qui est le meurtrier? Bruno va-t-il le découvrir?

« Bruno préférait Midred, une chatte maigre, couchée en rond au fond de la cage. Ses parents la trouvaient dépressive… Bruno resta inflexible. Son choix se portait sur Mildred, un an, chat domestique à poil mi-long avec des plaques de pelade. La responsable émis des réserves: petite, Mildred avait été maltraitée, elle avait peur des humains et refusait souvent de manger. Ces détails ne firent que renforcer la détermination de Bruno. « Je ferai de nouveau sourire ce chat », affirma le garçon à ses parents, qui cédèrent. »

Bruno est un garçon malicieux, curieux, des fois un peu trop d’ailleurs, et qui, quand il a une idée en tête, il fait tout pour aller jusqu’au bout! Il suit l’exemple de son papa, un détective qui vient juste de prendre sa retraite à la suite de soucis de santé. Bruno va tout faire pour élucider le meurtre de la maman de son ami, Dean. Pour cela, Bruno va se mettre dans des situations délicates. En suivant ses investigations, le lecteur est plongé dans la vie de quartier de toute la famille, quartier pas si paisible qu’il y parait et ses habitants sont surprenants. Les suspects s’enchainent et le dénouement est aussi surprenant que les habitants du quartier. L’auteur a su créer un climat de suspens et il y a mis tout ce qui fallait comme le(s) détective(s) privé(s), la police, les suspects, les secrets, les histoires familiales, et un personnage central. Bruno, le garçon, est têtu et son envie de devenir détective est incroyable: il y met tout son cœur (mais à certaines occasions, Bruno en fait trop et là, il perd de sa crédibilité à mes yeux).

« Bruno se rappelait tous les détectives de fiction qu’il avait étudié avec son père. Résoudre une affaire avait toujours un coût personnel pour chacun d’eux. Leurs actions étaient héroïques mais la justice avait un prix. C’était la même chose pour son père. Abandonner son travail, c’était abandonner une addiction qui nuisait à sa santé. »

J’ai apprécié la lecture de « Le chat qui a tout vu ». L’écriture de Sam Gasson est très agréable. Même si le personnage central est un garçon de 11 ans, ce roman n’est pas un roman jeunesse. En effet, l’auteur décrit certains passages sans filtre ce qui donne du réel à l’histoire. Cependant, je m’attendais à ce que Mildred, la chatte de Bruno, soit beaucoup plus présente dans le roman, qu’elle allait faire partie intégrante de l’histoire mais non… Cela est dommage surtout avec ce titre et cela m’aurait encore fait plus apprécier le livre (mon amour pour les chats y est pour beaucoup dans cette réflexion!!). Maintenant, j’ai envie de mettre une caméra au collier de mes chats, mais pas pour résoudre un meurtre, non!! Mais pour voir ce qu’ils font quand ils sont dehors!!

Le couple d’à côté.

« Le couple d’à côté »

de Shari Lapena

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Depuis sa sortie en librairie, « Le couple d’à côté« , de Shari Lapena paru aux Presses de la cité, me faisait très envie: le résumé, le suspens, les mots de Harlan Coben, tout y était et je n’ai pas été déçue par mon attente 😉

Anne et Marco sont invités à diner chez leurs voisins mais la baby-sitter a annulé au dernier moment. Anne ne souhaite pas se rendre à ce diner sachant que ses voisins ne veulent pas de Cora, son bébé de 6 mois. Mais Marco la décide de laisser Cora seule à la maison avec le babyphone et d’aller la voir toutes les demi-heures. Anne et Marco se rendent à ce diner mais à leur retour à la maison, Cora a disparu: la porte est ouverte et le berceau est vide… Les parents sont désespérés, meurtris d’angoisse pour leur fille. Tout le monde est suspecté, tous les différents resurgissent, les médias tournent autour d’eux… Où est Cora?

« Cette histoire de babyphone, de vérification toutes les demi-heures pendant qu’ils dinaient à côté, le détecteur de mouvement désactivé, la porte ouverte, tout cela pourrait n’être qu’une fiction élaborée. Une fable soigneusement construite par les parents afin de leur fournir un alibi, de lancer les autorités sur une fausse piste. »

« Le couple d’à côté  » tient toutes ses promesses: le lecteur est en présence d’un bon thriller où les temps morts n’ont pas leur place. Il est difficile de dire « un chapitre et je ferme mon livre » tant on est happé par l’histoire, par les chapitres courts, par l’écriture et par l’envie de savoir ce qui est arrivé à la petite Cora. « Le couple d’à côté » n’est pas qu’un thriller car il amène de la réflexion par rapport aux secrets dans une famille, aux non-dits… L’histoire connait des rebondissements: les grands-parents sont riches et aiment pas leur gendre; Anne connait une dépression post-partum; la voisine est jalouse et drague ouvertement Marco lors de ce diner; le couple de jeunes parents rencontrent des incompréhensions depuis la naissance de la petite; l’entreprise de Marco a des difficultés financières… Il existe beaucoup de possibilités sur l’enlèvement de Cora et quand on pense connaitre le dénouement, Shari Lapena nous livre une nouvelle intrigue. Que de suspens!! Il faut avoir une sacré imagination pour nous livrer, à nous lecteurs, un tel thriller!!

Bien évidemment, on retrouve, comme personnage, un policier, le policier, Rasbach qui mène son enquête avec ténacité. Il dévoile les suspects au fur et à mesure du déroulé de l’histoire. Il veut savoir comme nous, savoir où est Cora!

« Rasbach finira par comprendre. La vérité est là. Elle est toujours là. Il ne reste plus qu’à la mettre au jour. »

L’auteure a su créer une atmosphère pesante sans laisser le temps à son lecteur de souffler. Avec son livre, Shari Lapena nous fait entièrement entrer dans la vie de ce jeune couple avec lequel on va trembler à chaque rebondissement. Et son enquêteur, Rasbach, on ne peut que s’attacher à lui car il n’est pas le policier bourru comme on peut rencontrer dans d’autres romans, bien au contraire: il est attentif, empathique! Je me suis jamais doutée du dénouement et de ce fait, j’ai été tenue en haleine tout le long de ma lecture!! « Le couple d’à côté » est un excellent thriller qui tient en suspense son lecteur!!

La petite boulangerie du bout du monde.

« La petite boulangerie du bout du monde »

de Jenny Colgan

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Grâce à la copine Amiralecteur, j’ai découvert « La petite boulangerie du bout du monde » paru chez les éditions Pocket de Jenny Colgan (d’ailleurs, les suites sont à retrouver chez les éditions Prisma) et j’ai eu envie d’aller ouvrir une boulangerie au bout du monde 😉

Polly a une petite entreprise avec son mari dans une ville dynamique, habite un très bel appartement mais tout ça n’est plus… Son entreprise fait faillite tout comme son mariage. Polly décide d’aller habiter loin de la frénésie d’une grande ville et se retrouve sur une île des Cornouailles, à Mount Polbearne, petit port de pêche. En fait, Polly n’a pas vraiment eu le choix: c’est le seul appartement qu’elle peut se payer, un appartement qui se trouve au-dessus de l’ancienne boulangerie du village. L’appartement est pas très confortable mais Polly veut en faire son chez elle. Elle a pas grand chose à faire de ses journées alors elle s’abandonne à sa passion: faire des pains. Et surtout, Polly va faire de sacrés rencontres dans ce petit port du bout du monde. Une nouvelle vie en perspective??

« Les femmes arrivent toujours mieux à aller de l’avant. Tu savais ça? Les hommes, eux, en sont incapables. C’est pour cette raison qu’ils se marient toujours avec la mauvaise personne. »

« La petite boulangerie du bout du monde » est une jolie découverte et je comprends pourquoi il est aussi présent sur les réseaux sociaux. Ce roman est d’actualité: le changement de vie qui est assez courant de nos jours. Polly le fait et en plus, elle va en plus pouvoir se consacrer à sa passion, et tout cela donne envie!!! L’auteure nous fait donc découvrir plusieurs métiers dans son roman: boulanger, apiculteur, marin pêcheur. Et on ne devient pas marin pêcheur, on nait marin pêcheur. Jenny Colgan nous livre les difficultés de ce métier aussi bien en ce qui concerne l’argent gagné que les conditions de travail…

« Maman disait toujours que j’avais de l’eau de mer dans les veines. Parfois, quand vous êtes au large et qu’il n’y a que vous au milieu de toute cette eau et rien d’autre, et que c’est le milieu de la nuit, et avec toutes ces étoiles au-dessus de votre tête, trop loin du phare pour deviner ni la lueur, vous vous sentez appartenir, comment dire, à quelque chose de tellement plus grand que vous… Dans ces moments-là, oui, c’est un sacré boulot. »

Jenny Colgan sait raconter une histoire à son lecteur qui se laisse porter par le personnage principal, par le petit port avec son phare, par les marins pêcheurs, par les abeilles, par Neil le macareux (et oui il y a un animal au sein de l’histoire donc je ne pouvais qu’aimer!!!), par un fantasque riche!! Dans ce roman, on mélange tous ces ingrédients, on fait reposer, on passe le tout au four et on déguste notre lecture .-) Grâce à ce roman, changer de vie, repartir de zéro, y croire encore et toujours, tout ça est jouable quand on s’en donne les moyens. Rien n’est facile mais beaucoup est faisable.

Maintenant, je vais devoir lire les suites car oui, Jenny Colgan ne sait pas arrêtée là et a déjà écrit deux suites: « Une saison à la petite boulangerie » et « Noël à la petite boulangerie »!! Et si « La petite boulangerie du bout du monde » a suscité des vocations de boulanger, commencez déjà par faire les recettes de pain qui sont à la fin du livre 😉

« Vis le moment présent. Ne prends pas de photo, n’essaie pas de saisir cet instant et de la figer pour  l’éternité. Goûte à sa juste valeur le spectacle. »

Nulle part sur terre.

« Nulle part sur terre »

de Michael Farris Smith

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Grâce aux éditions Sonatine, j’ai eu le plaisir de découvrir « Nulle part sur la terre » de Michael Farris Smith, un roman noir américain comme il se doit!! Tout y est pour que nous nous accrochions à notre livre!

Maben avec sa fille, Annalee, reviennent dans sa ville de Louisiane où Maben a grandit et qu’elle a quittée du jour au lendemain sans rien. Elle y revient toujours aussi démunie et extrêmement perdue… Russel lui aussi revient dans cette même ville natale après onze ans, onze ans passés en prison pour homicide involontaire. Pour lui, tout est derrière lui mais ce n’est pas ce que pensent Walt et Larry. Le jour de leur retour, retour de Maben et Russel, un meurtre a été commis en pleine campagne de Louisiane. Maben et Annalee continue de fuir, Russel essaie de reprendre une vie normale. Et ce meurtre va les réunir et ils vont devoir tenter de survivre à ce retour ensemble. Maben et Annalee vont-elles enfin réussir à se poser? Russel va-t-il pouvoir avancer dans sa vie?

« Nulle part sur terre » est un vrai roman noir qu’il est difficile de lâcher tant le lecteur veut connaitre le pourquoi du pourquoi!! Ce roman a été une découverte pour moi et ce fût une belle découverte. J’ai aimé l’atmosphère du livre: intriguant, étouffant, interrogatif, américain, oppressant, violent… En écrivant cela, je me dis que cela pourrait faire peur mais non car ce sont les ingrédients d’un bon roman noir américain et je commence à prendre goût à ce genre 😉

Avec les personnages de Maben et de sa fille, c’est la détresse qui apparait: la détresse d’une mère qui tente de s’en sortir, qui tente de survivre, qui fait tout pour sa fille jusqu’à commettre une chose effroyable. Maben est courageuse, combative et le lecteur ne peut que se demander comment elle fait pour tenir le coup, pour toujours avancer alors qu’elle ne possède qu’un sac poubelle pour elle et sa fille, qu’elle ne sait pas où aller. Quant à Russel, il veut avancer malgré son passé; il ne souhaite que continuer sa vie malgré les embûches imposées. Il semble se laisser faire mais ce n’est qu’une apparence et surtout, Russel va être d’une grande aide pour Maben et Annalee: leur destiné est liée depuis un long moment. Avec Russel, le lecteur apprend qu’une seule décision, en l’occurrence boire plus que de raison, change pour toujours le cours d’une vie qui était déjà toute tracée.

« Plus d’une fois il s’était dit qu’il aurait mieux valu qu’il y ait une raison. Quelque chose qui l’aurait provoqué, passé, énervé, bousculé, quelque chose qui aurait pu expliquer qu’il ait tellement bu. Plus d’une fois il aurait voulu pouvoir pointer du doigt et désigner un autre coupable. Mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. »

 

Michael Farris Smith a su décrire avec brio l’atmosphère pesante d’une petite ville américaine où tout le mode se connait, se juge, sait tout sur les autres, où le rêve américain n’existe pas… Ses personnages ont tous un côté noir mais l’auteur nous montre l’autre facette, la plus colorée, celle où l’espoir est tout de même possible mais pour le voir, il faut aller au bout du roman! Pour rester dans le sombre, l’auteur a mis des scènes assez violentes au cours du livre mais elles sont si bien intégrées que cette violence n’est pas si choquante que ça et font partie de l’histoire de cette ville proche du Mississippi. Michael Farris Smith nous rend Russel, son personnage masculin, attachant grâce à son passé et surtout son empathie envers Maben bien qu’il soit un peu « ours » et peu bavard! On se dit que ces deux là étaient fait pour se rencontrer en fait!

« Nulle part sur terre » est un bon roman comme on est adepte de l’Amérique noire et quand le lecteur aime devenir addictif de son roman en cours de lecture 😉

 

 

Gump & cie.

« Gump & cie »

de Winston Groom

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Comme beaucoup je pense, je ne savais pas que Forrest Gump était un roman avant d’être un film et oui!! Mais grâce aux éditions du Cherche Midi, j’ai pu du coup lire le deuxième roman, « Gump & cie » de Winston Groom.

10 ans plus tard, Forrest Gump doit élever son fils, Petit Forrest, Jenny étant décédée. Pour cela, Petit Forrest reste vivre chez sa grand-mère et Forrest part travailler afin de subvenir à leurs besoins. Mais connaissant Forrest, tout ne va pas se passer comme il se doit. Forrest va faire des tas de boulot, s’attirer des tas d’ennuis, et il va toujours aller de l’avant. Son usine de crevettes a fait faillite et il lui faut un autre travail: Forrest va donc jouer au football, vendre des encyclopédies, essayer de trouver une nouvelle recette pour le Coca-Cola, retourner dans l’armée en Irak et en Allemagne où il est pas étranger à la chute du mur de Berlin… Où va nous emmener Forrest?

« J’ai pensé à ma vie qui, quand on y réfléchit, est loin d’être extraordinaire. J’ai fait beaucoup de choses mais il y en a peu que j’ai bien faites. Et j’ai une fâcheuse tendance à m’attirer des ennuis pile au moment où ça va s’arranger. J’imagine que c’est le prix à payer quand on est un idiot. »

Même si la citation n’est pas reprise dans « Gump & cie », « la vie, c’est comme une boîte de chocolats: on ne sait pas sur quoi on va tomber » est entièrement adaptée à ce deuxième roman!! Cette « biographie » de Forrest est un plaisir à lire car c’est Forrest qui raconte!! Le ton est donc léger, l’écriture et le discours à la hauteur de Forrest, le lecteur est entièrement plongé dans son univers presque enfantin, dans son innocence! Comme dans ses premières aventures, Forrest est le même: il est optimiste, il fait beaucoup trop confiance aux autres, ces mêmes autres qui vont abuser de lui, il vit des situations tellement incroyables et improbables pour une personne comme moi, il pardonne et ne laisse jamais tomber ses compagnons de route. Petit Forrest, son fils, va lui être d’une grande aide avec son intelligence bien supérieure. Et bien entendu, Forrest va entrer dans l’Histoire avec la capture de Saddam Hussein, la chute du mur de Berlin mais tout ça sans le faire exprès, une grande spécificité de Gump 😉

L’auteur, Winston Groom, par l’intermédiaire de son personnage, donne une belle note d’optimiste, de sensibilité et d’émotion à son lecteur. On ne peut que sourire en le fermant et à croire en l’autre grâce à Forrest qui ne voit pas le mal chez les autres et qui est toujours là pour les autres. Forrest a une belle âme et cela fait un bien fou de le retrouver à travers ce roman .-)

Pour finir, j’ai aimé retrouver même pour que quelques lignes Tom Hanks face à Forrest Gump, joli clin d’œil au film qui donne envie de la revoir!!!