Les Magnolias.

« Les Magnolias »

de Florent Oiseau

J’ai enfin découvert « Les Magnolias » de Florent Oiseau chez les éditions Pocket.

Alain ne fait pas grand chose dans la vie. Il attend le grand rôle au cinéma. Il cherche les noms que les gens donnent aux poneys. Il rend très souvent visite à sa grand-mère dans sa maison de retraite. Sa grand-mère qui s’efface de plus en plus. Mais Alain ne râterait pour rien au monde ses visites. 

« Mme Cabert n’avait pas reçu la moindre visite depuis deux ans. Pas une seule. Noureev n’était pas venu la voir non plus, mais il avait une bonne excuse, lui. Ses enfants un peu moins. Ma grand-mère le savait, alors elle tenait à partager sa visite (moi) pour lui en faire profiter et l’aider à combattre la solitude. Les gens sont solidaires quand ils se sentent proches de la mort. C’est vrai pour les clochards, c’est vrai pour les soldats. Et c’est aussi vrai pour les vieux. Quand on se trouvait tous les trois et que je faisais la conversation avec Mme Cabert, ma grand-mère ne captait rien de ce qu’on racontait, elle ne pouvait être qu’exclue, mais la satisfaction de me savoir échanger avec sa vieille amie lui suffisait. J’ai à nouveau regardé la table, aucun pion n’avait été posé. »

Les Magnolias, l’EHPAD, la grand-mère, Alain, Michel l’oncle et Rico le meilleur ami. Voilà les ingrédients du roman de Florent Oiseau. À cela s’ajoutent de la tendresse, de la lucidité, de la tristesse, de la fatalité, de l’humour, du un peu n ‘importe quoi. Alors ce roman, j’en avais tellement entendu parlé que j’avais une appréhension lors de ma lecture. Et si j’en attendais trop au final? Oui cela me fait souvent cela quand un livre a tant été apprécié et dont on a beaucoup parlé (« La vraie vie » de Adeline Dieudonné par exemple). Mais pour « Les Magnolias », cela n’a pas été le cas. Ma lecture fut très agréable et j’ai trouvé la plume de l’auteur en adéquation avec ces Magnolias justement. Les Magnolias, c’est malheureusement là où les vieux sont, où les visites se font rares voire inexistantes, où la mémoire se délite, où la nourriture n’est franchement pas de la gastronomie… Cependant, certains vieux ont de la chance d’avoir un petit-fils aussi présent, aimant, attentionné. Alain est ce genre de petit-fils et il même est prêté aux autres!! Il est là tous les dimanches. Pour lui, c’est vital de voir sa grand-mère même si elle est sourde et aveugle. Elle ne se souvient pas de grand chose sauf de demander où en est son travail, son travail d’acteur, un travail plutôt au point mort mais il enjolive la vérité pour sa grand-mère. Sa grand-mère qu’il pense tout connaître mais c’est sans compter sur le carnet de Michel, son oncle dont il ne sait pas grand chose au final. Ce carnet révèle une autre facette de sa mamie et ce carnet va permettre un rapprochement, alcoolisé certes, mais un rapprochement entre l’oncle et le neveu.

Sujet délicat mais tellement vrai: la vie en EHPAD et la perte d’autonomie, de mémoire de nos personnes âgées. Leur vie là-bas. Leur solitude. En fait, cela fait peur de vieillir. Mais Florent Oiseau a voulu, à côté de tout cela, montrer le lien que les grands-parents et petits-enfants peuvent se créer. Cette importance d’être près d’eux. Des petits bonheurs qu’ils nous apportent et des moments de joie même si la tristesse n’est jamais bien loin. L’auteur glisse des touches de tendresse, de sensibilité, de l’humour noir, de la réalité, de la vie. C’est touchant de réalisme et de banalité. C’est touchant d’extraordinaire et de simplicité. « Les Magnolias » sont à découvrir!

« Les Magnolias » de Florent Oiseau chez Pocket, 07 janvier 2021.

Le chemin amoureux.

« Le chemin amoureux »

de Louison

Premier roman de Louison, « Le chemin des amoureux » chez les éditions Robert Laffont.

Juliette et Jérôme s’aiment. Ils décident de faire un enfant, un enfant qui né le soir du vendredi 13 novembre 2015. Un bonheur mêlé dans un drame national. Juliette, Jérôme et Joseph sont heureux jusqu’au dimanche 15 juillet 2018, jour où Jérôme meurt brutalement laissant Juliette seule avec Joseph. Une histoire d’amour.

« Il ne pouvait pas savoir que, pour nous, ce petit yaourt patriotique était insupportable. Que c’était Jérôme qui avait appris à son fils à chanter La Marseillaise et que la phrase « les têtards sans dents et lavés » était une de ses créations pour ne pas avoir à lui expliquer qu’était un « étendard » ou pire ce que voulait dire « sanglant ». À vingt-quatre heures près, les sourires créés par cette interprétation très personnelle de l’hymne français s’étaient transformés en lèvres pincées et larmes ravalées. Et de la même façon que le papillon ne redevient pas chenille, il y avait fort à parie qu’à l’avenir, plus jamais cette Marseillaise et ses têtards édentés ne nous creuseraient les fossettes. »

Mais comment j’ai aimé ce roman, ce chemin des amoureux. Louison, l’auteure, a écrit ce premier roman en piochant en grande partie dans sa propre vie. Cela donne un roman profondément humanisme, sincère, tendre, joyeux, triste, éclatant, vrai. « Le chemin des amoureux » c’est l’histoire de Juliette en couple avec Jérôme. Ils s’aiment et enfin vont avoir un bébé. Un bébé qui naît le vendredi 13 novembre 2015 pendant les douloureux attentats de ce vendredi noir. Joseph, Jojo, est la lumière de cette soirée inoubliable. Puis arrive juillet 2018 où Juliette veut plus: un mariage, une maison et un autre bébé. Jérôme acquiesce après de longues discussions. 15 juillet 2018, après une belle nuit ensemble, Jérôme ne se réveille pas, le jour de la finale de la coupe du monde de football. Puis arrive avril, le mois d’avril et Avril. Voilà c’est l’histoire de Juliette racontée par Louison. Cette histoire, j’en ai apprécié tous les moments. J’ai souri et ri. J’ai eu les larmes aux yeux. J’ai été heureuse et triste. Je suis passée par toutes les émotions avec Juliette, Jérôme et Jojo. Et ça c’est chouette quand un roman me permet de ressentir tout plein de choses.

J’admire Louison pour avoir écrit ce roman. Un roman intime au final mais un roman universel qui parle d’amour, de famille, de drame, de deuil, de naissance, de joie, de rire, de pleurs. Dans ce roman, chacun s’y retrouvera à un moment ou un autre. Ce roman nous rappelle cette terrible soirée du 13 novembre et nous montre que dans le chaos, il y a toujours une joie qui apparait. Ce roman nous prouve la force que nous avons pour affronter le pire dans une vie et pour apprécier le meilleur. Louison nous livre tout ça d’une écriture fluide avec de l’humour qui donne le sourire. Elle nous fait partager des vrais moments de vie avec simplicité et surtout avec sincérité. Son roman se lit d’une traite et il est plus qu’aisé de s’attacher à ses personnages. « Le chemin des amoureux » est un bon premier roman pour moi. J’ai aimé ma lecture et il m’a fait du bien car malgré la tristesse, il y a beaucoup de joie dans ce livre et cette joie, Louison a su me la communiquer par ses mots. C’est un roman à réellement découvrir!

« Le chemin des amoureux » de Louison chez Robert Laffont et chez Pocket, 09 janvier 2020.

Le Mal-épris.

« Le Mal-épris »

de Bénédicte Soymier

Un coup de coeur pour le premier roman de mon amie Bénédicte Soymier, « Le Mal-épris » chez les éditions Calmann-Lévy.

Paul est un homme ennuyeux qui vit seul et qui se considère comme important. Il s’intéresse de beaucoup trop près à sa jeune et jolie voisine. Il va tout faire pour provoquer une nuit d’amour. Mylène regrettera. Paul est de plus en plus amer et va s’intéresser à Angélique, sa nouvelle collègue. Angélique élève seule son fils et les hommes n’ont jamais été corrects avec elle. Avec Paul, elle y croit mais va être de nouveau déçue. Paul va devenir jaloux, possessif, violent.

« Angélique le laisse l’envahir. Elle le reçoit et s’accroche, le tiens serré contre elle, désespéré de l’avoir perdu cinq minutes – cinq ou dix, quand il est devenu un autre, habité de haine, un homme qu’elle juge ordinaire, conséquent et abusif, dont elle a reçu la main sans tendresse – une souffrance de femme. Elle voudrait pleurer pour elle, pour ses semblables, contre ces coups et ces injures. Elle pourrait partir, elle qui vient de s’installer, la tête emplie d’espoir, partir comme le conseille l’article parcouru dans Elle ou Marie-Claire. Elle pourrait remplir ses cartons et ses sacs. Elle pourrait, mais elle ne peut pas, parce qu’elle croit à l’amour, à la rédemption et aux choses qui changent. »

J’avais très hâte de découvrir enfin le premier roman de Bénédicte mais en même temps, peur. Peur car Bénédicte est mon amie et si jamais je n’avais pas aimé, comment lui aurais-je dit? Mais je n’ai absolument pas eu besoin de me poser cette question car « Le Mal-épris » est un coup de coeur pour moi. Ce premier roman est un roman abouti, un roman travaillé, un roman réfléchi, un roman choyé par son auteure. Dès les premières lignes, j’ai été captivée par Paul, le personnage principal. Cet homme qui paraît détestable mais qui montre de la sensibilité, un peu, de la gentillesse, un peu, avec une enfance difficile. Cela est déroutant pour moi. Bénédicte ne dresse pas un portrait tout noir de Paul dont le vrai visage se révèle très vite dans ses relations avec l’autre, avec une femme. Il y a une réelle dualité chez Paul et c’est bien pour cela que Mylène puis Angélique vont tomber dans ses bras (pour Mylène, cela sera une erreur mais elle a apprécié en tant qu’ami… ). De plus, Paul ne veut pas devenir cet homme alcoolique, jaloux, violent. Non il ne le veut pas mais cela est beaucoup plus fort que sa volonté, c’est ancré en lui, dans son enfance. Cela est-il pardonnable pour autant? Tant de questions, de réflexions me sont venues en tête lors de ma lecture. Et Angélique, le personnage féminin auquel je n’ai pu que ressentir de l’empathie mais aussi de la pitié, de la tendresse mais aussi de l’agacement. Angélique est une femme souriante, avenante, profondément gentille ( ce qui la dessert régulièrement). Angélique croit encore et toujours à l’amour, le vrai. Et elle va y croire sincèrement avec Paul qui se montre gentil, attentionné, au début du moins. Pour Angélique, rien n’est facile avec les hommes et le regard qu’ils posent sur elle. Elle cherche à tout prix à être aimée. J’ai eu envie de lui parler, de lui dire qu’elle est belle et rien n’a plus d’importance que elle. Mais je l’ai aussi comprise. J’ai entendu et compris ce besoin et cette recherche effrénée de l’amour, de l’homme. Angélique est mal dans sa peau et se crée une image qui attire le regard. Angélique fait tout pour l’autre afin de se sentir utile voire indispensable à l’autre. La rencontre entre Paul et Angélique est absolument pas vécue de la même façon pour les deux et Paul va se révéler être un homme méchant qu’il faut éviter de rencontrer.

Dans « Le Mal-épris », j’ai pour ainsi dire tout aimé. La plume de Bénédicte, ses mots, la tournure de ses phrases, ses phrases percutantes sans chichi. J’ai aimé l’histoire, les personnages, la psychologie des personnages, le pourquoi du comment pour les deux. Bénédicte élude rien et donne tout. Elle ne donne pas que le noir ou le blanc, toutes les nuances sont là et c’est cela qui fait la force de son roman au vu du sujet. Avoir le bon et le mauvais est essentiel quand on évoque la violence, la descente aux enfers aussi bien pour Paul que pour Angélique afin de comprendre au mieux leurs comportements. J’ai été troublée dans le bon sens du terme par « Le Mal-épris ». Bénédicte a écrit un roman fabuleux. Dans chaque roman, il paraît qu’il y a toujours de son auteur. Dans « Le Mal-épris », j’ai retrouvé de ma Bénédicte, dans sa façon de livrer tout le bon et le mauvais, de donner des pistes de réflexion sur les attitudes de chacun et de surtout ne pas juger. Bravo Bénédicte!

« Le Mal-épris » de Bénédicte Soymier chez Calmann-Lévy, 06 janvier 2020.

Malgré tout.

« Malgré tout »

de Jordi Lafebre

Un petit bijou d’album graphique, « Malgré tout » de Jordi Lafebre chez les éditions Dargaud.

Ana et Zeno se retrouvent 37 ans après leur première rencontre, après être tombés amoureux. Ils ont vécu une histoire platonique et cette histoire d’amour nous est racontée par la fin. Nous remontons leur histoire avec eux.

Cet album est merveilleux et raconte une belle histoire à rebours. Tout d’abord, quelle idée extra de commencer cette belle histoire par le chapitre 20 et la finir par le chapitre 1. J’ai trouvé que cela donnait de la magie à l’amour de Ana et Zeno. Ana et Zeno, deux personnages attachantes, vraies, touchantes. J’ai fait la connaissance de Ana avec les cheveux gris et après avoir quitté son poste de maire et en remontant le fil, Ana a toujours été la même: ambitieuse, franche, mère, maire, épouse, dynamique, présente et amoureuse de Zeno. Zeno, lui, apparaît aussi avec les cheveux gris et avec l’intention d’enfin se poser. Car Zeno bouge. Il reste un temps dans sa librairie, un temps sur un bateau, un vrai globe trotter qui écrit une thèse depuis tout ce temps. Entre ces deux là, cela a toujours été l’amour mais sans le vivre ensemble. Ils s’écrivent, se téléphonent, se racontent leurs vies, se voient de temps en temps mais en 37 ans, ils n’ont jamais pu vivre leur propre histoire d’amour. 

Dans « Malgré tout », tout est beau: l’histoire, les personnages, le graphisme, les couleurs. Se dégagent de l’amour, de la sincérité, de la volonté, de la résignation, de l’attention. C’est beau, c’est touchant, c’est authentique, c’est vivant. Je trouve très impressionnant ces deux personnes qui s’aiment mais attendent avant de vivre leur amour, qui ne font de mal à personne, qui ont vécu leur vie l’un sans l’autre pour mieux vivre la leur ensemble. On sait à peu près tout de leur vie, de la fin jusqu’au début. Et parlons des dessins, des couleurs. Jordi Lafebre a fait un travail d’orfèvre avec ses crayons. Les lignes, les détails, les sensations, les sentiments, tout est merveilleusement retranscris dans le graphisme. « Malgré tout », dans son entièreté, est de la poésie, de l’amour, de la tendresse. C’est joyeux, enthousiasmant, frais, sincère. En fait, il faut arrêter d’en parler, il faut le découvrir absolument!!

« Malgré tout » de Jordi Lafebre chez Dargaud, 25 septembre 2020.

… mais la vie continue.

« … mais la vie continue »

de Bernard Pivot

Mon premier Bernard Pivot, « … mais la vie continue » chez les éditions Albin Michel.

Le narrateur est un homme qui vient de fêter ses 82 ans. Il a été éditeur. Il écrit des livres. Il ressemble étrangement à son auteur. Il a une jolie bande d’amis, les JOP, les Jeunes Octogénaires Parisiens. Il raconte le grand âge.

« Durant la journée, j’écris. Il n’est pas d’éditeur qui ne soit un écrivain contrarié. Publier les livres des autres est un moyen habile de se consoler de n’avoir pas assez de talent ou de folie pour écrire les siens. À quatre-vingt-deux ans, je peux me donner l’illusion de débuts prometteurs. Et je n’entre pas dans la carrière sur la pointe des pieds puisque j’écris deux livres en même temps: mes mémoires d’éditeur promis au jeune confrère Guillaume Allary, et ce témoignage sur la vieillesse pour mes vieux potes Francis Esménard et Richard Ducousset d’Albin Michel. »

Je connais Bernard Pivot. J’admire Bernard Pivot mais je n’avais jamais lu Bernard Pivot. D’où ma grande envie de lire « … mais la vie continue » et cela a été un plaisir de lecture. Le narrateur, dont toute ressemblance avec l’auteur n’est absolument pas fortuite, est un homme cultivé de 82 ans qui raconte sa vie d’octogénaire dans notre société actuelle. Il raconte la vieillesse, sa vieillesse, celle de sa bonde d’amis, les JOP, les Jeunes Octogénaires Parisiens. Tout y passe: la santé qu’ils doivent préserver, leur relation au temps, l’amitié, l’amour bien sur, les petites joies. C’est tendre, vrai, drôle. Bernard Pivot sait nous conter les choses. Et il élude rien. Il le fait avec plaisir et quel petit plaisir de lire de jolis mots que seul Bernard Pivot arrive à employer en étant dans le bon. Alors oui, vieillir, c’est faire face à des soucis de santé, à prendre des précautions dans ses déplacements mais vieillir, c’est prendre son temps, savourer les petites choses de la vie, c’est raconter, apprendre aux autres. Et franchement, quand on a une telle bande d’amis que les JOP, vieillir peut vraiment devenir cool. Mais il ne faut pas occulter la mort qui est encore plus présente quand on est octogénaire. La solitude y est aussi abordée, la solitude quand le compagnon n’est plus. La solitude quand les enfants sont loin. La solitude quand les amis partent.

J’aurais presque envie de dire que vieillir c’est beau quand c’est Bernard Pivot qui nous la raconte. Car il parle de tout et surtout il met en avant le positif malgré les coups difficiles liés à l’âge. Il ne s’apitoie pas, il est sincère. Il n’édulcore pas, il est vrai. Il nous livre une très jolie palette de personnages auxquelles je n’ai pu que m’attacher. « … mais la vie continue », c’est drôle, attachant, frais. La plume de l’auteur est à son image: pas de chichi, que du vrai!! J’ai aimé ma lecture et cela a été un vrai plaisir de rencontrer les JOP. J’ai presque envie d’avoir une suite!!!

« … mais la vie continue » de Bernard Pivot chez Albin Michel, 06 janvier 2021.

Punto Basta.

« Punto Basta »

de Lionel Froissart

Un bon moment de lecture avec « Punto Basta » de Lionel Froissart chez les éditions Héloïse d’Ormesson.

Jocelyne, femme sans histoire, s’est retrouvée le 30 août 1997 au volant de sa Fiat Uno sous le pont de l’Alma en même temps que la princesse Lady Di. Elle a été accrochée par une Mercedes et sous le choc, elle est repartie dans sa banlieue de Bobigny. Jocelyne découvre l’accident le lendemain et elle se demande qu’elle rôle, elle et sa Paulette (sa voiture), ont-elles joué dans l’accident et donc la mort de Lady Di?

« Et Lady Di dans sa salle de bains? Sous la douche? Aux toilettes, sa petite culotte sur les chevilles, un rouleau de papier toilette dans les mains? Diana lascive sortant d’un lit immense? Se maquillant? Un doigt dans le nez en feuilletant le dernier Vogue avec une belle photo d’elle en couverture? Les jambes enlacées à la taille d’un amant de passage ou accroupie, les jambes écartées, faisant une pipe à al-Fayed? Léchant un surplus de fromage coulant sur son couteau? S’amusant d’un vent odorant sous ses draps de soie? Les yeux écarquillés en matant en solitaire un film porno sur une chaîne câblée dans une chambre d’hôtel comme un simple représentant de commerce désoeuvré? Rien de tout ça? Rien de la vraie vie de la princesse adulée? »

Je suis sûre que tous, nous nous souvenons de ce tragique accident et de la mort de Lady Di, des paparazzi, des motos, et de cette Punto Blanche. Et de tout ce qui entoure cette tragique disparition: l’enquête française, anglaise, des hypothèses, des complots, de l’argent proposé par le milliardaire Al-Fayed. Dans « Punto Basta », Lionel Froissart nous replonge dans tout cela mais du côté de la conductrice de la si célèbre malgré elle Punto blanche. Jocelyne est une femme sans histoire, avec une vie des plus tranquilles, sans excès. Alors qu’elle rentre chez elle après une soirée avec ses amies à Paris, se trouvant sous le pont de l’Alma, elle se fait accrochée par une Mercedes. Jocelyne n’ayant rien, elle repart de suite sans s’arrêter mais avec la peur au ventre de cet accident avec une voiture qui roulait beaucoup trop vite. Au réveil, sa vie va change quand elle découvre l’accident de Lady Di et elle ne cesse de se demander si elle est responsable ou pas… L’auteur nous plonge dans la tête de Jocelyne, dans ses pensées, ses réflexions, ses questions, ses actions. On découvre une femme qui n’a jamais pris de risques, qui travaille à la Préfecture depuis toujours, ne quitte jamais la France, vit dans le même appartement dans une banlieue pas des plus rassurantes. Sa vie est faite d’habitude sans réellement de folie. Le bon dans cette histoire est que Jocelyne va en quelque sorte se réveiller et faire des chose qu’elle n’aurait jamais pensé être capable. Comme quoi, les évènements qui nous arrivent ont un but bien précis! J’ai bien aimé découvrir Jocelyne qui se réveille de sa vie, qui enfreint la loi, qui part découvrir l’Italie. Jocelyne, qui doit être associée à Paulette sa Punto, sont attachantes et forcément, je me suis demandée comment j’aurais réagit à sa place, dans cette histoire de dingue on peut dire!!!

À côté de Jocelyne, Lionel Froissart nous parle de certaines célébrités mortes en voiture et on sent à ce moment là le spécialiste de la F1 qu’est l’auteur! L’auteur nous parle de l’enquête, des protagonistes de l’histoire. Et il se met aussi dans la tête de Lady Di le jour de sa mort. Il nous raconte sa dernière journée avec ses pensées intimes, ses envies et sa relation avec Al-Fayed. Cette partie peut perturbée mais personnellement, j’ai trouvé audacieux cette introspection dans la tête de la princesse et oui, peut-être qu’elle pensait tout cela… Qui sait… 

J’ai bien aimé ma lecture de « Punto Basta », repenser à Lady Di, voir l’évolution de Jocelyne qui grâce à cet accident va prendre une nouvelle direction dans sa vie! Elle a su rebondir et j’irai jusqu’à dire que cela a été une force pour elle!!!! Voilà comme je ressens « Punto Basta »!

« Punto Basta » de Lionel Froissart chez Héloïse d’Ormesson, 14 janvier 2021.