De joie coulent mes larmes.

« De joie coulent mes larmes »

de Lena Walker

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Grâce aux éditions Michel Lafon, j’ai pu lire le dernier roman de Lena Walker, « De joie coulent mes larmes » qui se lit avec plaisir.

Romy, une trentenaire, est revenue à Saint-Tropez pour vivre avec sa grand-mère, Mamilou, qui l’a élevée. Elle a quitté son poste de juriste à Nice, embarqué son petit ami Nicolas et vit dans sa ville natale depuis un an en étant vendeuse de soufflés tropéziens, une vie des plus banales. Un jour, elle fait la connaissance de Jean-Luc, le médium des stars, qui lui prédit un changement radical dans sa vie. Et cela commence par la trahison de son fiancé qui l’a trompe avec sa meilleure amie. Dès ce moment, Romy va tout abandonner et tenter de réaliser ses rêves…

« J’ai compris une chose: on fait des erreurs, mais on rebondit et on apprend de ses échecs pour ne pas les reproduire. C’est ce qu’a fait Mamilou avec moi. Elle a perdu sa fille, elle a tout fait pour ne pas me perdre. Peut-être que c’est ça, le bonheur? Profiter pleinement des gens qu’on aime, parce que ensuite vient le temps des regrets, parce que ensuite vient le jour où les gens qu’on aime ne sont plus avec nous. »

« De joie coulent mes larmes » est le roman de l’été qui vous fera voyager à Saint-Tropez, Paris et New-York! Sans me rendre compte, je l’ai lu rapidement car j’étais plongée dans l’histoire avec Romy, Mamilou, Paul, Cécile, Renaud… Comme beaucoup d’entre nous, Romy a des rêves: elle rêve d’être une star du petit écran, mais ces rêves sont mis de côté car ce n’est pas le moment, car nous n’avons pas rencontré les bonnes personnes… Mais Romy va voir sa vie se chambouler et va tenter sa chance dans le milieu qui lui fait tant envie. Elle va provoquer sa chance alors qu’elle ne s’en croyait pas capable.

« Il faut absolument que j’arrête de croire qu’à chaque instant, je joue le match de ma vie: en réalité, il n’y a pas de bons ou mauvais choix, car chaque décision m’aide à franchir une étape, et je viens seulement de comprendre que le bonheur peut surgir à tout moment. Je n’ai pas de problème, je n’ai pas besoin de chercher le bonheur. Il est là, devant moi, je le ressens, je le sais. J’ai tout simplement besoin de l’accueillir et d’accepter de le voir grandir. »

Lena Walker nous délivre des messages dans son roman: croire en ses rêves, ne jamais désespérer, croire en l’amitié, en l’amour. Malgré les épreuves que la vie nous réserve, il ne faut cesser de croire et surtout, il faut se donner les moyens d’atteindre nos rêves et ce malgré les embûches que chacun rencontre, rencontrera dans sa vie. Je me suis reconnue un peu dans le personnage de Romy car comme elle, j’ai des rêves; la vie a semé des embûches sur mon chemin; et comme Romy, je me suis relevée, avec le soutien de mon entourage. Chacun se reconnaîtra dans « De joie coulent mes larmes ».

Je me suis attachée aux personnages de Lena Walker: Romy, cette jeune femme qui se laissait vivre et va enfin se bousculer; Mamilou, la grand-mère si grand-mère qui a agit en pensant bien faire; Paul, l’ami de toujours qui est un soutien indéfectible; Cécile et Renaud, les nouveaux amis parisiens dont le soutien est essentiel; Claude, la figure paternelle de Romy qui va s’avérer être un pilier pour Romy. Et quel plaisir de découvrir le Saint-Tropez de Romy et Mamilou, leur village. Quelle découverte aussi que sont les coulisses du petit écran: un milieu bien à part où tous les coups sont permis. Et Lena nous raconte tout cela avec sa plume douce, bienveillante, sincère qui fait que je n’ai pu lâcher mon livre jusqu’à la fin! « De joie coulent mes larmes » est un roman qui fait du bien!!

 

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Ta vie ou la mienne.

« Ta vie ou la mienne »

de Guillaume Para

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J’avoue: j’avais très hâte de recevoir « Ta vie ou la mienne » de Guillaume Para, des éditions Anne Carrière, dans le cadre des 68 Premières Fois. Et mon impatience a été récompensée!

Hamed Boutaleb se retrouve orphelin à treize ans et va vivre avec son oncle et sa tante à Saint-Cloub. Hamed va se passionner pour le football dans lequel il excelle. Il y rencontre François, un blanc mal mené par l’équipe de foot, et qui va devenir son meilleur ami. Puis, à seize ans, Hamed rencontre l’amour en la personne de Léa qui fait partie de la haute bourgeoisie, un milieu bien loin du sien. Ils s’aiment à en défier leurs différences. Mais un soir, leurs vies vont être entièrement bousculées… Hamed va faire 4 ans de prison où la violence y tient une trop grande place, violence qu’il avait pourtant oubliée… Comment Hamed va revenir de là?

« La captivité est quelque chose qu’on garde en soi, Hamed, c’est comme ça. Faut vivre avec ce qu’on a fait, avec ce que tu as fait sans fuir. Tu sais, la première fois que j’ai rencontré Christine, derrière son bureau, elle m’a dit: « Quand il y a une tempête, ça ne sert à rien de chercher à l’éviter. On doit apprendre à danser sous la pluie. » C’est peut-être une phrase à la con, mais, moi, elle m’a aidé. »

« Ta vie ou la tienne » est un roman puisant qui ne peut laisser indifférent… Guillaume Para y aborde les thèmes de notre société actuelle: la violence, les banlieues, les différences, l’amitié, la famille, l’amour, la passion, le milieu carcéral… La vie de Hamed est faite de violence: sa mère meurt en le mettant au monde, son frère décède d’une balle, son père est un alcoolique violent… Alors quand Hamed va vivre chez son oncle et sa tante, il découvre la famille, la vraie, celle qui aime, qui soutient, accompagne. Même sur le terrain de foot, Hamed sait ne pas utiliser la violence, sauf pour défendre François, un riche qui va devenir son meilleur allié. Les deux amis partagent l’amour du ballon rond, leur passion et quel plaisir de lire les mots de l’auteur, lui même passionné de foot, nous décrire les scènes dignes d’un Zizou! Hamed va se réaliser à travers sa passion pour le foot.

« Mais petit à petit, le mépris de Boutaleb s’était estompé et ce dernier avait commencé à apprécier le gosse de riches: désintéressé, honnête, François venait à lui les bras ouverts, juste parce qu’il l’aimait bien. Hamed découvrait à travers ce garçon ce qu’il y avait de bon à avoir été préservé par la vie. Il se demandait aussi comment ce type, capable de redevenir un enfant lorsque certaines choses l’émerveillaient, avait pu résister, ne jamais baisser les yeux quand il se faisait tabasser par des plus costauds que lui. Hamed finit par respecter cet étrange personnage, puis par l’admirer. »

Mais la violence est omniprésente dans ce roman et se cache dans des foyers bien pensants… Et cette violence cachée va détruire Hamed et Léa, va pousser Hamed à tout sacrifier par amour et à se retrouver en prison où la violence est la loi. Hamed n’est plus lui même, il n’est que douleur violente… La question est de savoir si on peut échapper à la violence connue depuis toujours, au milieu carcéral qui brise un homme… Guillaume Para nous livre ces interrogations et ses propres réflexions. Les mots de l’auteur apportent une telle justesse au récit que j’ai visualisé toutes les scènes, scènes si réalistes. Et cet amour qui se dégage de toutes ces pages est essentiel: l’amour de la famille d’Hamed, de Léa, de François et de sa famille. L’amour est au centre de « Ta vie ou la mienne » car c’est l’amour qui a fait basculer la vie d’Hamed…

Le premier roman de Guillaume Para est pour moi un roman intense et poignant qui mériterait d’être adapté au cinéma…

Rendez-vous avec le crime.

« Rendez-vous avec le crime »

de Julia Chapman

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Rien que par sa couverture, je voulais lire « Rendez-vous avec le crime » deJulia Chapman. Et grâce à la meute des éditions La Bête Noire, j’ai découvert ce premier tome de la série Les détectives du Yorkshire et vivement le tome 2!!

Après quatorze ans d’absence, Samson O’Brien, policier, revient dans sa ville, Bruncliffe dans le Yorkshire, et ouvre une agence de détectives. Samson avait précipitamment quitté la ville et son retour ne passe pas inaperçu. De plus, il loue ses locaux à Delilah Metcalfe qui elle, tient une agence de rencontres. D’ailleurs, l’agence de rencontres de Delilah paraît être le point commun entre plusieurs meurtres commis dans la région et sur lesquels Samson enquête…

« Un humour sans filtre. Des opinions tranchées. Il n’y avait que dans les Vallons qu’on prenait la vie avec un tel détachement. Depuis le tout premier « salut » accompagné d’un sourire chaleureux et d’une poignée de main ferme. Samson s’était senti à son aise. 14 ans qu’il était parti, et en l’espace de quelques minutes, il s’était senti complètement chez lui. »

« Rendez-vous avec le crime » est un polar so british!! Tout y est: la ville nichée dans le Yorkshire, son pub, ses habitants qui se connaissent tous depuis toujours, ses tasses de thé, ses soirées au pub, son humour anglais!! Bruncliffe est une ville où tous se connaissent, où tout se sait donc le retour de Samson dans cette ville n’est pas passé inaperçu et il a eu un droit à un comité d’accueil pas des plus chaleureux. Au cours de ma lecture, j’en ai appris plus sur le personnage de Samson, sur les raisons de son départ quatorze ans plus tôt mais il reste tout de même encore quelques mystères comme le fait qu’il ait quitté son poste d’agent infiltré de la police… Et Delilah, quel personnage aussi et qui va devenir apprenti détective au côté de Samson afin de résoudre cette série de meurtres qui concernent ses clients de son site de rencontres… Au fur et à mesure, les relations entre les deux deviennent plus harmonieuses et vont devenir un duo efficace! Avec « Rendez-vous avec le crime », j’ai été voyagé dans cette Angleterre typique je dirais! Je me suis attachée à tous ces personnages si caractéristiques. J’ai suivi avec envie l’enquête de Samson, la soirée speed-dating organisée par Delilah, la soirée fléchettes au pub. Julia Chapman a su décrire le Yorkshire avec ses routes sinueuses, sa verdure, sa pluie (ben oui, on est en Angleterre tout de même!). Son écriture est simple, sans fioriture qui donne de ce fait un réalisme évident des personnages et de l’histoire. L’enquête sur ces morts mystérieuses est le fil rouge mais les personnages deviennent petit à petit essentiel et leurs passés, les relations entre eux s’intègrent dans l’intrigue.

Julia Chapman, dans ce premier tome de la série « Les détectives du Yorkshire, pose les bases: elle décrit l’ambiance de la ville de Bruncliffe, les paysages; dresse un portrait des personnages qui seront certainement récurrents; elle nous livre quelques éléments du passé de Samson mais sans tout dévoiler et cela donne envie d’en savoir plus sur lui, sur ses réelles motivations à revenir dans sa ville natale. L’auteure a créer un duo prometteur qui sait mener l’enquête: Delilah-Samson! Tout est réunit pour avoir envie de connaître la suite car des questions restent en suspens… « Rendez-vous avec le crime » est typiquement british!! J’ai aimé ma lecture ponctuée de l’humour british et des situations assez burlesques dont les anglais ont le secret! Et quel voyage dans cette jolie campagne anglaise où chaque habitant sait mettre son grain de sel un peu partout!! J’ai hâte de connaitre la suite et d’en apprendre encore plus sur Samson et Delilah, et sur les habitants de Bruncliffe si attachants à leur façon!!!

 

 

L’attrape-souci.

« L’attrape-souci »

de Catherine Faye

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« L’attrape-souci » de Catherine Faye, paru chez les éditions Mazarine fait partie de la sélection des premiers romans des 68 Premières Fois.

Lucien, un petit garçon de 11 ans, est à Buenos Aires en vacances avec sa mère. Alors qu’ils se trouvent dans une librairie et que Lucien regarde des petites boîtes, des attrapes-soucis, sa mère disparaît le laissant seul. Il part à sa recherche mais se perd. Il va être « recueilli » par un cantonnier, prostituée, jardinier… Il va grandir aux côtés des ses compagnons de la rue et continuer sa vie tant bien que mal.

« À l’envers…, j’ai pensé à haute voix. Le monde à l’envers… Et j’ai éclaté de rire. Oui, c’était bien ça, quelque chose ne tournait pas rond. Il faut que je remette les choses en ordre, je me suis dit. Une voiture se répare, un rhume se guérit, une mère se retrouve, c’est forcé. »

Bien que je n’ai pas été transportée en lisant « L’attrape-souci », ma lecture a été plaisante car Catherine Faye a une jolie plume, elle sait raconter l’histoire de ce petit garçon, Lucien. Ma lecture débutait bien avec cette anecdote sur les petites boîtes dans une librairie!! Dans ces petites boîtes, qui intriguent Lucien, se trouvent des petites poupées auxquelles on confie ses soucis avant de s’endormir pour que le matin, ces soucis se soient envolés. Cette légende est vraiment mignonne mais après l’avoir découvert, Lucien perd sa maman et forcément, je me dis que c’est pas possible, qu’une maman peut pas disparaitre comme ça, surtout dans un pays étranger et laisser son enfant livré à lui-même… Et si… Cela paraît totalement improbable mais pas dans ce roman et c’est tellement improbable que même les policiers ne croient pas en cette histoire que tente leur relater Lucien… Lucien va faire en sorte de s’en sortir et il va rencontrer des personnes tellement atypiques que cela paraît encore improbable… C’est peut-être tout ce côté improbable qui ne m’a pas fait rentrer dans l’histoire de Lucien, dans la compassion de ce petit garçon perdu dans une ville inconnue qui rencontre des personnages vivant dans une Argentine bien pauvre… Cependant, Lucien, ou Lucio dans ce nouveau pays, est un garçon qui a beaucoup de ressources, de tempérament et de courage pour affronter cette nouvelle vie non voulue, pour s’en sortir alors qu’il n’a que 11 ans.

Catherine Faye m’a emmenée dans une Argentine pauvre, très pauvre où tout y est décrit: les odeurs, la saleté, les conditions de vie, le manque de nourriture… Les descriptions sont telles que je sentais ces mauvaises odeurs, que je visualisais le bidonville, les personnages. Par contre, je n’ai pas réussi à « voir » Lucien et cela m’a manquée en fait. Par contre, j’ai bien ressenti son caractère, sa volonté de pas déranger, de passer comme inaperçu.

« Dale, d’accord, le mot dégoulinait dans ma tête. Bien sûr pas d’histoires. Jamais d’histoires. Ma mère ne voulait pas d’histoires, personne ne voulait d’histoires. D’ailleurs, moi-même, je n’en voulais pas. »

Dans « L’attrape-souci », j’ai suivi Lucien dans sa recherche de cette mère, si on peut l’appeler une mère, et dans ses rencontres qui vont le construire, le forger. Il en ressort bien évidemment grandi, empreint de philosophie pour un garçon de son âge mais Lucien ne m’a pas complètement emmenée avec lui, je suis restée en marge et ce malgré la plume, les mots, les courtes phrases que Catherine Faye m’a livrée et ses descriptions qui rendent le récit presque réels. Mais il a manqué un quelque chose pour moi…

 

Au café d’Éole.

« Au café d’Éole »

de Dimítris Stefanákis

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Les éditions Ateliers Henry Dougier m’ont donnée l’occasion de découvrir « Au café d’Éole » de Dimítris Stefanákas dont la quatrième de couverture donne envie de le lire!

Chez Éole, le patron du café éponyme, ils sont tous là, auteurs célèbres et personnages mythiques de la littérature, le colonel Chabert, Gatsby, les sœurs Brontë, Raskolnikov, Emma Bovary, Julien Sorel et même Beckett… Au café Éole, les héros des romans vont et viennent sans crier gare, comme s’ils surgissaient des pages de leur livre pour ensuite y retourner.

« J’admets que la vie dans un café est une pièce de théâtre. Tantôt des spectateurs, tantôt des protagonistes dans des scènes brèves. Et quand vient le moment de commander, je me sens comme si j’allais monter sur scène et débiter ma réplique. »

« Au café d’Éole » nous fait rencontrer les auteurs que nous connaissons tous et les personnages de leurs romans! Le narrateur va tous les jours dans le café d’Éole et y rencontre « en vrai » les personnages des romans et leurs auteurs. Ce roman est très instructif, très ludique! À chaque chapitre, une nouvelle rencontre et quelle rencontre!! J’y ai vu Shakespeare, les sœurs Brontë, Tom Sawyer, Albert Camus, Kafka, Madame Bovary et tant d’autres. Chacun a quelque chose à dire ou à défendre. Les personnages des romans deviennent réels dans le café d’Éole! En le lisant, j’avais l’impression de voir une pièce de théâtre comme le dit si bien le narrateur, une pièce de théâtre avec tous ces personnages connus qui se racontent. L’ambiance est très café de quartier animé et d’ailleurs, l’écriture fait vraiment penser à des discussions qui se passent justement dans ce type de café, des discussions vivantes où tout le monde parle des fois en même temps! Ce roman donne envie folle de lire ou relire les classiques qui restent une valeur sûre! L’auteur en a une connaissance approfondie de ces classiques plus ou moins oubliés: en plus de les lire, il les a étudiés afin de nous livrer ce roman!

« La lectrice nous explique que le héros des livres considèrent que c’est les traiter avec beaucoup d’égards que d’être remarqué par une personne réelle. Elle nous raconte également leurs stratagèmes pour que l’auteur ne dévoile pas le secret de leur relation. Et elle nous explique enfin que les écrivains sont follement jaloux de leurs héros. »

Qui n’a pas rêver de rencontrer des auteurs et des personnages de roman? Entrez alors dans le café d’Éole!!

 

Celui qui disait non.

« Celui qui disait non »

d’Adeline Baldacchino

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J’ai lu « Celui qui disait non » d’Adeline Baldacchino paru chez les éditions Fayard dans le cadre des 68 Premières Fois et j’avoue que je ne l’aurais pas lu autrement car je ne suis pas vraiment attachée aux romans racontant la deuxième guerre mondiale. Et « Celui qui disait non » a été une jolie découverte.

Le 13 juin 1936, August Landmesser est le seul à refuser de saluer Hitler sur un quai d’un chantier naval de Hambourg. August est aryen et Irma, sa femme, est juive durant la deuxième guerre mondiale. Ensemble, ils ont deux filles mais qu’ils ne verront pas grandir. Adeline Baldacchino raconte cette histoire.

« Voilà devant quel navire, devant quel nom, devant quelle histoire August Landmesser, chauffeur de camion reconverti en ouvrier naval, se refuse à plier. Ou plutôt à déplier le bras pour tendre la main droite, juste au-dessus de sa tête, les doigts serrés à l’horizontale. Il ne déplie pas. Il ne plie pas. Il ne cède rien. Pas un pouce. »

En tant que lectrice, je ne suis pas fan des romans sur la guerre, les guerres en général donc je n’étais pas destinée à lire « Celui qui disait non » mais grâce à mon aventure avec les 68 Premières Fois, ce destin a été modifié. Et cette lecture a été un petit choc dans le bon sens du terme. Beaucoup dise connaître cette photo, la photo d’August refusant de saluer Hitler, mais à moi, elle ne disait rien ou alors je ne me souviens pas… C’est à partir de cette photo que l’auteure a mené ses recherches en partant à Hambourg, afin de retranscrire la vie d’August et Irma dans cette période sombre de l’histoire. Et grâce à Adeline Baldacchino, j’ai appris encore sur cette Allemagne là comme si on en finira jamais d’apprendre, de découvrir sur Hitler et sa manière de voir son monde. La lecture de « Celui qui disait non » est difficile, voire douloureuse et se dire que tout ce roman est vrai est encore plus poignant. L’auteure raconte l’histoire d’amour d’August et Irma, histoire d’amour interdite dans leur Allemagne car Irma est juive, tout comme il leur est interdit d’avoir des enfants…

« August est là, sur sa paillasse,arrêté pour « Rasseschande », souillure raciale. Pour avoir couché avec une Juive. Pour avoir eu un enfant avec une Juive, et puis encore un autre qui est en route. Pour avoir violé les lois qui disent qui l’on peut aimer. Pour avoir négligé la réalité de la loi du Führer. »

Adeline Baldacchino raconte dans son roman ses recherches sur cet homme sur la photo, sur cet homme qui a osé défier Hitler, sur cet homme qui a tant aimé une femme juive, sur cette famille qui tout fait pour rester ensemble, sur la disparition de ces deux êtres. L’auteure a écrit ce roman pour faire écho à la disparition de son père et elle s’y est investie entièrement. Le récit est précis, documenté, vécu, sensible. Il est empli d’amour et la plume poétique de l’auteure rend sa lecture encore plus prenante. « Celui qui disait non » n’est malheureusement pas une histoire d’amour banale, romancée. C’est une histoire d’amour faite que de difficultés, histoire mise à mal par August se croyant plus fort que c’était possible durant cette tragique période. À certains passages, August me faisait penser au film « La vie est belle » de Roberto Benigni du fait d’un certain optimiste qu’il possédait mais cela ne lui a pas suffit.

« Celui qui disait non » n’est pas un enième roman sur la deuxième guerre mondiale, il est bien plus que ça. Il enseigne, il prouve, il émeut, il inspire, il façonne, il libère. Ce premier roman d’Adeline Baldacchino est un roman puissant qui laissera forcément une trace dans chaque bibliothèque.