Éparse.

« Éparse »

de Lisa Balavoine

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« Éparse » de Lisa Balavoine paru chez les éditionsJC Lattèsest une nouvelle fois une très jolie découverte grâce aux68 Premières Fois et c’est un coup de cœur pour moi.

Lisa Balavoine se raconte. Elle raconte son passé, son présent; ses doutes, ses amours, sa famille. Elle est Lisa une fille, une mère, une amante. Lisa nous livre toutes ses pensées et sa vie de ce fait.

« On pourrait croire que les choses me glissent dessus. La vérité, c’est que je suis un bloc d’angoisse à moi toute seule, une sorte d’iceberg dont la partie émergée ne représente qu’un infime pourcentage de la masse de stress camouflée sous la surface. Tu ne doutes de rien, je te souris, mais à l’intérieur je suis liquéfiée, fondue. J’absorbe l’amour comma la trouille, j’absorbe pour que rien ne laisse de traces. »

Définition d’éparse: répandu de tous côtés, dispersé, en désordre. Le roman de Lisa Balavoine est en désordre, mais un joli désordre! Tout est dans la construction du roman: il n’y a pas de chapitres, Lisa passe du présent au passé sans transition et sans lien. Cela peut déstabiliser mais pas du tout. Cela tient de la plume de l’auteure qui est fluide et surtout qui emporte le lecteur dans son roman sans crier gare. Lisa Balavoine se raconte mais en lisant « Éparse », j’ai eu le sentiment que Lisa Balavoine raconter mon histoire et chaque lecteur et lectrice va se retrouver dans ce roman.

« Vous vous attachez aux personnes qui ne sont pas disponibles pour vous, qui ne vous accordent pas assez d’attention, dont vous n’êtes pas certaine de l’affection , et vous déployez tous les efforts possibles pour y remédier, pour être choisie, pour être élus, pour obtenir l’attention et l’estime que vous ne vous accordez pas à vous-même car vous pensez ne pas en être digne. Vous assimilez cela à l’amour et vous avez besoin qu’on vous le témoigne chaque jour. »

Avec Lisa, nous avons sensiblement le même âge et quand elle parle du passé, des choses du passé, c’était comme si je discutais avec une amie en fait. Ses confidences, je les ai lues, écoutées comme le fait une meilleure amie surtout quand on a vécu certaines situations, qu’on a eu les mêmes doutes, blessures, interrogations, plaisirs, joies!! Avec ma lecture, je me suis replongée dans les années 80 (et oui ça rajeunit pas!!!), dans la découverte d’internet et téléphone portable, dans mes premiers émois, dans mes déceptions amoureuses, dans ma relation avec mes parents!!

« Éparse » est le premier roman de Lisa Balavoine et pour moi, c’est un roman réussi!! J’ai aimé ma lecture, j’ai aimé lire Lisa Balavoine! Je conseille à tout le monde ce beau roman. Un coup de coeur pour moi!!

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Du côté du bonheur.

« Du côté du bonheur »

de Anna McPartlin

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Quand j’ai appris que Anna McPartlin sortait un troisième roman, je trépignais d’impatience de l’avoir entre mes mains!! Et grâce aux éditions du Cherche Midi, mon rêve s’est exaucé et j’ai pu mon plonger littéralement dans « Du côté du bonheur ». Et comme pour ses précédents romans, j’ai eu un gros de coup pour celui-ci!!

Maisie, une irlandaise, a déjà vécu des malheurs jusqu’à ce qu’elle quitte son mari violent et décide de vivre avec sa mère, Bridie, et ses deux enfants, Valérie et Jeremy. Maisie commence à appréhender le bonheur entourée des siens, de sa meilleure amie, Lynn, et elle va même jusqu’à se laisser courtiser par Fred, le policier qui a toujours été à ses côtés quand son mari la violentait. Mais le 1èr janvier 1995, Jeremy et son meilleur ami, Rave, disparaissent mystérieusement… Maisie va mettre tout en œuvre pour retrouver son fils et son ami jusqu’à découvrir un secret qui va changer à tout jamais sa vie…

« Mon fils aîné, Jeremy, a été conçu dans la violence et est mort dans la violence. Mais le temps qu’il a vécu, il a été la lumière de ma vie ». Sa voix se brisa légèrement. Mon doux, mon tendre Jeremy. « Je suis venue vous parler de lui et de ce que sa courte vie m’a appris. »

Quel bonheur d’avoir retrouvé la plume d’Anna McPartlin, cette plume si douce, si bienveillante, et si joyeuse et triste en même temps. Dans « Du côté du bonheur », l’auteure nous livre, à nous lecteurs, un beau message où l’amour est essentiel et c’est le point commun entre ces trois romans, et faire pleurer son lecteur aussi!!! J’y ai retrouvé également la famille et les amis, des valeurs importantes pour Anna McPartlin car c’est autour de ces deux valeurs qu’elle nous plonge dans son univers. Les thèmes abordés ne sont pas les plus évidents: la violence conjugale, la maladie d’Alzheimer, la perte d’un enfant, et … (vous connaitrez l’autre thème en lisant le roman). Mais Anna, grâce à sa jolie plume, ne tombe pas dans le dramatique, bien au contraire.

« Malgré la terreur qui se répandait en elle tel un virus, elle était déterminée à voir les choses du bon côté: pas de nouvelles, bonnes nouvelles. C’était dans sa nature. À l’époque où son mari la battait, elle avait décidé de tenir bon, d’endurer les coups, de protéger ses enfants, de poursuivre sa route quoi qu’il advienne et, malgré les embûches, elle y était parvenue. »

J’avoue: je suis fan d’Anna McPartlin!!! Dans chacun de ses romans, elle aborde des sujets qui peuvent toucher n’importe qui car ils sont universels et à chaque fois, elle délivre un si beau message, même si cela se fait dans la tristesse, que je ne retiens que le positif en fermant le livre. « Du côté du bonheur » se diffère dans sa construction: en effet, l’auteure raconte l’histoire à travers ses personnages chacun leur tour, ils prennent la parole à la suite et livrent leur vécu, leurs émotions à l’instant T et j’ai vraiment apprécié ces points de vue. Cela m’a permis de m’attacher encore plus à tous les personnages (d’ailleurs, je suis tombée amoureuse de Fred mais chut!!) qui dégagent tous une telle empathie!!! Anna McPartlin sait entièrement m’impliquer dans son roman, elle me fait sourire, elle me fait pleurer, elle me fait trembler, elle me fait espérer, elle me fait croire, elle me fait voyager… Bref, Anna, avec ses trois romans, me fait passer par toutes les émotions et c’est exactement cela que je recherche quand j’ouvre un livre.

« J’espère que ce récit a allumé une petite étincelle en vous. J’espère qu’il vous a fait voir les choses sous un autre jour. Quant à ceux qui cachent encore leur véritable identité, je veux que vous sachiez que vous avez droit à l’amour. Tout ce que vous avez à faire, c’est être vous-mêmes et à partir à sa recherche. »

Merci Anna McPartlin pour ce bonheur que j’ai eu en lisant « Du côté du bonheur ». Merci les éditions Cherche Midi pour l’avoir publié. Et merci Benoît pour me l’avoir mis entre mes mains!!!!

L’âge de raison.

« L’âge de raison »

de Jami Attenberg

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Quand j’ai vu passer sur Instagram « L’âge de raison » de Jami Attenberg, je me suis dit que je devais le lire. Et grâce aux éditions Les Escales, cela a été possible et ce roman est devenu un coup de cœur.

Andrea, bientôt quarante ans, habite New-York, est célibataire, enchaîne les aventures amoureuses, boit un peu trop… Andrea a abandonné sa vocation artistique et semble ne pas vouloir entrer dans la vraie vie des adultes. Sa meilleure amie, Indigo, s’est mariée et va devenir maman. Son frère est en couple depuis des années et est papa. Ses relations avec sa mère sont toujours un peu bancales et ce depuis le décès de son père, vingt cinq ans plus tôt. Andrea s’ennuie fortement à son travail mais ne le quitte pas. Elle cherche sa voie en regardant de sa fenêtre un bout de l’Empire State Building qu’elle dessine en espérant… Andrea se sait en marge de la vie dite d’adulte, en marge de sa famille, de ses amis… Va-t-elle arriver à se trouver?

« Ce soir, la quarantaine ne me fait pas peur. Je suis toujours vivante, c’est ce qui compte. J’en suis la première surprise, d’ailleurs. Mes amis lèvent leurs verres et nous trinquons à ce grand miracle: nous sommes toujours vivants. »

« L’âge de raison » est mon premier roman de Jami Attenberg et je suis conquise par cette auteure, son écriture. La lecture de son roman est fluide, je n’ai, à aucun moment, senti de lourdeurs malgré les thèmes abordés. Andrea est un personnage atypique auquel je me suis attachée. Dès le début de la lecture, j’ai ressenti un quelque chose en elle qui faisait ce qu’elle était à l’aube de ses quarante ans: insouciante, désinvolte, sans attache même familiale… Au premier abord, je me suis dit qu’Andrea ne s’intéressait pas vraiment aux autres, à ses amis, son frère et son bébé malade mais en en apprenant plus sur son passé, je me suis rendue compte que c’était totalement l’inverse. Sans le montrer, Andrea s’inquiète des personnes qui l’entourent.

« Je ne m’étends pas davantage sur ce qui fait ma vie en ce moment. Rien sur mes rencontres et mes liaisons amoureuses; rien sur mon boulot, que je hais et qui m’ôte chaque jour un peu de mon âme; rien sur mon frère, qui me paraît très abattu au téléphone ces derniers temps; rien sur mon père, décédé depuis vingt cinq ans et auquel je pense plus que de raison ces jours-ci; rien sur ma mère qui me manque terriblement mais que rien ne convaincra de revenir à New-York… »

Dans « L’âge de raison », Jami Attenberg nous livre l’histoire d’une jeune femme qui décide de sa vie, qui prend ses propres décisions, qui fait ses propres expériences afin de se construire. Cette attitude pourrait penser qu’elle est irresponsable, immature mais en creusant bien, cette femme vit sa vie, sa propre vie. Certains pourraient dire qu’elle sort du cadre… Mais quel est ce « cadre »? Andrea a su, dès son plus jeune âge,  que la norme n’est pas le cadre. Au fur et à mesure de la lecture, de la connaissance du passé d’Andrea, celle-ci montre ses faiblesses, ses cauchemars… Plus j’avançais dans ma lecture, plus Andrea montrait son attachement à ce qui l’entoure, elle se dévoilait d’elle même.

Chacun doit se construire sa vie et même si la société nous trace un chemin bien définit (le travail, le logement, la famille, les enfants), chacun doit se créer son propre chemin et s’il est différent, il faut avancer et ne pas croire qu’il faut être comme tout le monde…

 

L’homme de Grand Soleil.

« L’homme de Grand Soleil »

de Jacques Gaubil

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« L’homme de Grand Soleil » de Jacques Gaubil, dont c’est le premier roman, paru chez Paul & Mike Editions fait partie de la sélection des 68 Premières Fois et ce roman a été une totale découverte car je n’en ai pas entendu parlé sauf dans le cadre des #68premieresfois!

Docteur Leboucher est un médecin de 50 ans qui a fui la France pour s’exiler au Canada, à Montréal. Il a une vie de célibataire des plus banales. Mais il vit tout de même une aventure spéciale tous les mois quand il doit se rendre dans un village des plus perdus là où il fait le plus froid, le village Grand Soleil. Les habitants de ce village lui font confiance et l’attendent tous les mois. Il y rencontre Cléophas, un homme bien étrange tant par son physique, que par son vécu. Cléophas se plaint de fortes douleurs et le docteur Leboucher va faire des examens pour en savoir plus. Mais ce qu’il va découvrir va bouleverser pas mal de choses dont la vie de Cléophas…

« Après avoir immigré au Québec, la première expression locale que j’ai apprise c’est: « il ne fait pas froid, il fait frette. » Bien que je ne sois pas doué en langues étrangères, j’en ai instantanément compris le sens. Pour le Larousse, la frette est une armature métallique, ce qui démontre que les français n’ont aucune idée du froid. »

Jacques Gaudil m’a totalement fait voyager dans son Canada et surtout dans le Canada non touristique, le plus haut, le plus froid. L’amoureuse du Canada que je suis a été ravie de découvrir tous ces paysages immaculés de blanc, ces températures plus que glaciales mais dont les habitants de ce village Grand Soleil apprivoisent et connaissent par cœur. Et ce village n’a pas toutes ces dernières technologies que l’homme ne peut plus se passer, qui font partie intégrante de sa vie. En fait, c’est toute la force de ce village d’être éloigné de ce nouveau monde. Car l’auteur dépeint un monde moderne assez pessimiste dans lequel son personnage, son médecin peine à trouver sa véritable place. D’ailleurs, en parlant du personnage du médecin, dès le début, j’ai senti qu’il avait des fêlures et c’est celles-ci qui le rendaient si distant des autres, distant de ce qui l’entoure. Cette distante est bien présente même avec l’emploi du « je ». Au fur et à mesure de la lecture, le médecin se dévoile de lui-même ou du fait d’autres personnes. Comme on dit, le voile se dissipe sur lui, ses actions et sur sa façon de protéger Cléophas, cet homme si énigmatique, mystérieux qui a toujours vécu en marge et qui va devoir être confronté à ce monde qu’il ne connait pas. Et le docteur Leboucher va jusqu’à l’envier, envier cette ignorance non négative.

« J’avais compris trop tard que l’ignorance est le germe du bonheur ou tout du moins d’une certaine sérénité. Il suffit de regarder autour de soi pour constater que les imbéciles sont heureux et les savants misérables. Mais il est impossible de désapprendre. »

Dans « L’homme de Grand Soleil », Jacques Gaubil met le doigt sur l’identité de chacun, de l’autre; sur l’appartenance à un groupe, une ethnie; sur la peur de l’inconnu alors qu’il est là depuis toujours.

« Qui suis-je? Depuis des décennies cette question taraudait les esprits comme une acuité sans cesse plus vive. Qu’est-ce qu’être français, ou canadien, ou autre chose? L’homme et la femme sont-ils différents? Suis-je de droite ou de gauche, libéral ou conservateur? Homo, bi ou hétéro? Croyant ou athée? »

L’auteur met en avant également la rapidité des informations, leur facilité d’être échangées dans notre monde actuelle par le biais de toutes ces technologies, par les réseaux sociaux et comment elles sont diffusées sans que leurs conséquences soient prises en compte. De nos jours, nous sommes dans la course effrénée à l’information quelle soit vraie ou fausse. Jacques Gaubil, à travers son histoire, livre une réflexion, s’interroge avec une pointe d’humour et une jolie sensibilité pour l’autre. J’ai aimé lire « L’homme de Grand Soleil », j’ai aimé me retrouver au Canada, j’ai aimé réfléchir avec l’auteur même si j’y ai trouvé quelques longueurs et même si je me suis pas attardée aux références bibliques racontées dans ce roman. Je retiens surtout une belle sincérité dans tout le roman!!

A la lumière du petit matin.

« A la lumière du petit matin »

d’Agnès Martin-Lugand

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Grâce au salon du livre de Paris, j’ai pu acheter le dernier roman d’Agnès Martin-Lugand avant sa parution avec une dédicace en plus 😉 J’étais impatiente de faire la connaissance d’Hortense, le personnage de « A la lumière du petit matin » paru chez Michel Lafon et j’ai aimé cette rencontre!

Hortense, 40 ans, est professeure de danse. Elle vit à Paris, aime par dessus tout son métier. Elle a une liaison depuis trois ans avec un homme marié à qui elle donne beaucoup. Elle est heureuse… enfin c’est ce qu’elle pense jusqu’à son accident qui l’oblige à penser à elle, ce qu’elle ne fait plus depuis trop longtemps. Hortense va passer du temps dans la Bastide, sa maison familiale en Provence pour sa convalescence. Va-t-elle se retrouver et vivre selon ses envies?

« Et moi, je n’aurai pas d’enfant. Jamais. J’étais à la veille de mes 40 ans, j’avais laissé passer ma chance. Jamais je ne verrais mes propres enfants courir dans le jardin de leurs grands-parents disparus, ni sauter dans leur piscine. J’avais refuser de voir le temps passer, le temps filer, le temps m’échapper. »

Quel bonheur de retrouver la plume d’Agnès Martin-Lugand et comme pour chacun de ses romans, je n’ai pu lâcher ma lecture avant la fin! Dans « A la lumière du petit matin », Agnès Martin-Lugand met en avant une femme, une femme forte qui maitrise sa vie, du moins en apparence. Hortense, son personnage, est amoureuse d’un homme marié et comme l’affirme Blaise Pascal, « la cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Cette relation n’est pas idéale pour Hortense mais elle aime Aymeric, l’attend, se fait belle pour lui, lui fait plaisir, vit cet amour clandestinement.

« Avec lui, je riais, je sentais mon cœur battre et la fièvre s’emparer de mon corps dès qu’il était auprès de moi. Dans son regard, j’avais le sentiment d’exister, j’étais aimée. Pourtant, je n’aurais jamais imaginé devenir celle qui réclame, qui attend, qui se tape la tête contre les murs quand son amant la laisse pour rejoindre sa famille, celle qui se dégoûte parfois. »

Hortense est la preuve que l’amour ne se contrôle pas, tombe sur soi comme ça… Comme pour ses précédents romans, l’auteure parle de l’amour: amour charnelle, amour familiale, amour amicale, amour d’une passion. Elle parle aussi d’un sujet douloureux qui est la mort et pour Hortense, c’est la mort tragique de ses parents, parents qui sont pour elle, comme pour moi, son pilier… Agnès Martin-Lugand aborde ce sujet avec délicatesse et sensibilité tout comme l’histoire d’amour d’Hortense avec cet homme marié, amour qui est là, réel mais qui ne peut se vivre au grand jour… Comme il est difficile d’aimer dans ces conditions… On se sent bien seule alors qu’on est aimée par l’autre… On se doit d’être disponible quand l’autre l’est… On ne peut qu’attendre des nouvelles… Cet amour peut amener à s’oublier… Grâce (ou à cause, tout dépend du point de vue de chacun) à un malheureux accident, Hortense va se « réveiller » et à ce moment là, il est question de remise en question, de s’interroger sur ce que l’on veut de sa vie, des questions qui bousculent, qui peuvent être douloureuses mais qui sont nécessaires pour avancer et enfin prendre soin de soi et construire sa vie. Et il n’est jamais trop tard pour ça et c’est souvent le destin qui peut nous forcer à s’interroger sur soi, un coup du sort mais qu’il faut être capable d’entendre et d’agir dans le bon sens!! Et quelle belle place à l’amitié que fait l’auteure tout au cours de son roman!

Dans « A la lumière du petit jour », je m’y suis beaucoup retrouvée, vécue certaines situations que vit Hortense… Par contre, j’aurais bien voulu être une danseuse comme elle, danseuse qu’il est aisé de s’imaginer, de voir danser, de vibrer avec elle grâce à la plume d’Agnès Martin-Lugand qui nous entraine dans son monde, dans le monde qu’elle veut nous faire découvrir!!! J’ai eu un coup de cœur pour ce dernier roman d’Agnès et je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque un roman signé de sa main!!!

Le ciel est à nous.

« Le ciel est à nous »

de Luke Allnutt

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« Le ciel est à nous » de Luke Allnutt est un roman touchant que j’ai découvert grâce aux éditions Cherche Midi.

Rob est un homme qui se perd dans l’alcool et les relations d’un soir… Il a goût à rien… Il tente bien que mal de survivre, de survivre après ce drame qu’il l’a touché en plein fouet… Il y a quand même une chose qu’il aime, c’est prendre des photos des endroits qu’il a visités avec son fils Jack et les poster sur son site, « Le ciel est à nous » en espérant que ces clichés seront vus justement par son fils. Par l’intermédiaire des ces photos, la vie de Rob se dévoile progressivement: son histoire d’amour avec son ex-femme Anna, sa vie londonienne, sa réussite professionnelle, son argent et son fils Jack. Mais tout ça va voler en éclat quand la famille apprend la mauvaise nouvelle: la maladie de Jack… Après le drame, alors que Rob s’enfonce, un évènement surgit et Rob va réagir pour peut-être avancer enfin…

« Comment pourrais-je regarder mon fils dans les yeux maintenant que je savais? Combien de temps allais-je garder pour moi ce terrible secret? Il mangeait ses tartines, ne se doutant de rien, persuadé que le lendemain, il retournerait à l’école. Allions-nous vraiment le trahir comme ça? »

« Le ciel est à nous » est un beau roman où l’amour y a une jolie place, il est émouvant. Il traite d’un sujet douloureux qui est la maladie d’un enfant et la déchéance d’un parent mais il donne surtout un espoir, une entraide nécessaire, vitale même. Luke Allnutt a les mots justes pour raconter cette histoire, peut-être est-ce lié à sa propre histoire, sa propre maladie, son propre parcours contre le cancer… Certainement car Luke a pu décrire avec finesse ce que peut ressentir Rob et Anna face à leur fils Jack. Cela rend ce roman très réaliste et rempli d’émotions. Et comment ne pas se mettre à la place de ce père qui fait tout pour sauver son fils, qui croit en ce qui est impossible dans le but d’y croire soi-même, de s’accrocher à ce quelque chose qui pourrait sauver son enfant…

« Parce que si c’était possible en rêve, alors c’était possible tout court. C’était ce que me répétait mon père. C’est possible en rêve. C’est possible tout court. »

J’avoue, j’ai versé quelques larmes en lisant « Le ciel est à nous » (pas autant que pour « Les derniers jours de Rabbit Hayes du Cherche midi aussi 😉 ) car j’y ai trouvé une sensibilité sans tomber dans le dramatique. L’auteur a distillé toutes ses touches de sensibilité sans excès, sans en faire trop et c’est dans cela que ce roman est touchant! Nous sommes tous susceptibles, malheureusement, de passer par de telles épreuves en tant que parents, enfants, malades, proches de malades… Et cette symbolique du site créé par le père, Rob, pour son fils est superbe, comme ces souvenirs à certains chapitres rappelant ces lieux photographiés…

« Jack lève les yeux vers le ciel et se tourne vers moi. « Papa, dit-il, pointant du doigt le soleil couchant et les traînées blanches des avions. Le ciel aussi, il est à nous? » »

« Le ciel est à nous » est une lecture touchante où l’amour y est le personnage principal!!!!