Les jonquilles de Green Park.

« Les jonquilles de Green Park »

de Jérôme Attal

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J’ai fait la connaissance de Jérôme Attal lors du salon Livres en Vigne au château du Clos Vougeot. J’avoue: je ne connaissais pas cet auteur… Jérôme était installé au coté de Erwan Larher avec sa guitare et j’ai été attirée par la couverture de L’appel de Portobello (ah la puissance des couvertures…) mais Jérôme me conseille de le découvrir par un autre roman, Les jonquilles de Green Park qu’il m’a sympathiquement dédicacée. Et c’est une belle découverte.

Tommy, 13 ans, vit à Londres en 1940 en pleine seconde guerre mondiale. Tommy reste un enfant: il collectionne les timbres, est entouré de ses amis, se bagarre avec d’autres, est amoureux de Mila, lit des comics books et pour lui, Chruchill est un super héros. Sa famille reste une famille: son père est un loufoque d’inventeur qui pense pouvoir aider à stopper la guerre avec ses inventions. Sa mère reste légère: elle chante tout le temps, va à son travail en vélo. Et sa sœur est une jeune femme qui souhaite travailler à l’hôpital pour espérer y croiser Clark Gable. Leur vie reste normale malgré les bombes, les abris, les départs à la campagne de certains enfants, la pénurie… La vie continue à Londres, Noël est là et Tommy espère revoir les jonquilles de Green Park au mois d’avril prochain.

« Je ne demande rien de bien exceptionnel. Si la guerre doit durer une éternité, je voudrais juste pouvoir vivre jusqu’au mois d’avril. Pour voir, une fois encore, les jonquilles de Green Park. »

Jérôme Attal nous plonge dans l’atmosphère de la guerre mais avec finesse, avec le regard d’un enfant qui fait que ce roman n’est pas dramatique bien au contraire, il est plein d’espoir et j’ai pensé au film La vie est belle de Roberto Benigni avec ce positivisme.

« Je vous l’ai dit, un malheur bien orienté peut provoquer une lueur d’espoir, on trimballe tous en nous une colonne des – et des + à équilibrer chaque jour en lui donnant un peu d’attention et de sens. »

J’ai apprécié la plume de Jérôme Attal et la lecture des Jonquilles de Green Park est fort agréable. L’auteur a su décrire la vie des londoniens durant la guerre avec légèreté mais s’en oublier pour autant la dureté de ces années là grâce au narrateur, Tommy. Et sa famille si insouciante du moins en apparence qui permet d’affronter ces moments plus facilement.

« Tout le monde devrait avoir une mère et un chez-soi. A vie, ouais! Et c’est pas une idée communiste que je vous raconte là. C’est juste la base de l’humanité. Et je pensais à tous ces gars et filles dans la ville, à tous ces êtres terrorisés qui pensaient à leur famille et cherchaient dans cet insondable chaos à trouver un peu de réconfort en s’accrochant aux branches de leur arbre généalogique. »

Dans ce roman, on retrouve l’amour, la famille, l’amitié, les difficultés, la peur, l’espoir. Et pour moi, ce roman est un appel à l’espoir. Si je faisais partie de l’éducation nationale, je mettrais Les jonquilles de Green Park au programme d’histoire et de français!! Oui la guerre c’est moche mais grâce à Jérôme Attal, à sa plume, à son récit, à ses recherches (j’ai apprécié les annotations de l’auteur), elle devient supportable!!! Merci Jérôme Attal pour ce beau roman plein d’espoir et maintenant, si on allait voir les jonquilles de Green Park au mois d’avril prochain 😉

« Les jonquilles sont exactement comme Milla les envisage. Belles. Toujours unies. Et solides dans le vent. Ne ployant jamais. Face à ce qui vient du ciel. Au-devant de l’adversité. Je sais qu’un beau jour d’avril, je regarderai les jonquilles et j’apercevrai Milla. »

 

 

 

Comment vivre en héros?

« Comment vivre en héros? »

de Fabrice Humbert

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J’ai lu « Comment vivre en héros? » de Fabrice Humbert chez les éditions Gallimard dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2017, #MRL17.

Tristan Rivière a 16 ans quand, dans le métro, il a abandonné son entraineur de boxe, Bouli, alors que celui-ci se faisait agresser. Quel déshonneur pour son père, militant communiste. Tristan vit avec ses remords, cette sensation de pas être un homme, Tristan n’est pas un héros, c’est un simple professeur d’histoire en banlieue. Il mène une vie routinière jusqu’à ce fameux soir dans un train de banlieue… Quelle va être la réaction de Tristan devant cette jeune femme, Marie, qui se fait malmener par une bande de jeunes? Va-t-il devenir un héros? Toute sa vie va prendre une direction différente selon sa décision… Trente huit secondes qui vont changer sa vie! Tristan aide Marie et dès ce moment, leur vie va être liée. Ou alors, Tristan va avoir peur et ne rien faire…

« C’est vraiment moi qui suis là, au centre de tous les regards? Tristan-le-lâche? Tristan-qui-a-abandonné-Bouli? C’est vraiment moi qui ai sauvé cette fille? C’est vraiment moi, Tristan-le-héros? »

Ce roman est contemporain avec des préoccupations actuelles. Fabrice Humbert nous prouve avec Comment vivre en héros? que nos décisions guident obligatoirement le sens de nos vies. Pour Tristan, cette décision a duré trente huit secondes, c’est court mais cela a un tel impact sur toute sa vie: sa vie amoureuse, sa vie familiale, sa vie professionnelle. Dans les temps actuels, le mot héros est de plus en plus important au vue de ce que vit la société. Sommes-nous des héros?

« Il existe une illusion tenace selon laquelle les pères sont des héros d’une force surhumaine de la taille d’un grand chêne, dont la présence est un gage de protection et de sécurité. Entre les bras de cet homme, il ne peut rien vous arriver et cela durera pour toujours, depuis l’aube de la vie jusqu’à la fin des temps, car les héros sont immortels. Cataclysmes, agressions, haines, ouragans se brisent contre le buste du père. »

Pendant la lecture de ce roman, je n’ai pu m’empêcher de penser aux décisions que j’ai prises et qui ont guidé ma vie. Je me suis demandée quelle aurait été ma vie si j’avais pris une autre décision à tel moment de ma vie… Comment vivre en héros? interroge beaucoup, du moins pour moi. J’ai eu envie de finir assez vite sa lecture pour, peut-être, arrêter de m’interroger… Fabrice Humbert y parle aussi de l’amour, du couple et il en ressort que l’amour est fort, qu’il permet d’affronter les aléas de la vie. Tristan est un héros de nos jours; chacun est un héros, héros à sa manière, à son niveau et il est important de le savoir, de le reconnaitre. On est tous des héros!

 

A malin malin et demi.

« A malin malin et demi »

de Richard Russo

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Grâce aux Editions de la Table Ronde, j’ai pu découvrir l’écrivain Richard Russo avec son roman A malin malin et demi, son dernier livre. Celui ci me tentait beaucoup et surtout, j’apprécie particulièrement les couvertures bleues de cette maison d’édition.

Les États-Unis, une ancienne cité industrielle du New Jersey North Barth est le décor de ce roman. Douglas Rayner y est le chef de la police et erre dans cette ville qui se meure depuis le décès accidentel de sa femme, femme qui le quittait quand elle trouva la mort dans une chute d’escaliers. Depuis Douglas Rayner cherche désespérément cet amant… A North Barth, vit également Sully, Donald Sullivan, devenu malgré lui riche et désormais malade du cœur. Il est toujours accompagné de Rub qui ne peut vivre sans Sully. Gravitent aussi autour d’eux Carl Roebuck, un entrepreneur escroc; Ruth l’ex-maitresse de Sully, son mari et sa fille qui tente d’échapper à la violence de son mari sorti de prison; Charice, l’assistante de Douglas Rayner, et son frère jumeau Jérôme. Les histoires de chacun sont liées et vont être bousculées en moins de 48h quand Douglas va s’évanouir dans une tombe, quand un mur de bâtiment va s’écrouler, quand un cobra va s’échapper d’un appartement, quand la Mustang de Jérôme va être vandalisée… Il s’en passe beaucoup de choses dans cette petite ville de North Bath… Et faut pas oublier le chien, Rub, de Sully (référence au bandeau du livre!).

« Rayner avait alors pansé à la vieille Miss Berry qui, en classe de quatrième, était connue pour affirmer que le mot précis, l’expression soigneusement choisie, l’analogie exacte valaient mille image. »

Richard Russo a construit son roman en plusieurs chapitres avec un titre annonciateur: chaque personnage a ses chapitres, chapitres toujours en lien entre eux. Le lecteur y découvre les habitants de cette ville qui se meure des États-Unis avec ses questionnements, ses défauts, ses vécus, son probable avenir… On pourrait penser que Richard Russo a voulu faire une satire de ces personnages d’une Amérique profonde mais il en est rien. L’auteur nous livre une réflexion sur la société, sur l’homme en relation avec l’autre sans tomber dans le patho, et c’est toute la subtilité de A malin malin et demi! En le lisant, j’ai vu les images de cette ville, de ses habitants, ses diners… Richard Russo décrit au mieux cette Amérique avec de jolies pointes d’humour bien réparties. Le nombre de pages, plus de 600, pourrait refroidir mais une fois passé les 50 premières pages (que j’ai trouvé longues…), ce roman se lit facilement et on s’attache facilement à ces habitants tous cabossés par la vie mais qui s’en sortent plutôt bien au final. En refermant A malin malin et demi, on se dit que Richard Russo a en fait écrit du réalisme.

Le mystère Jérôme Bosch.

« Le mystère de Jérôme Bosch »

de Peter Dempf

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« Le mystère Jérôme Bosch » de Peter Dempf est le deuxième thriller que j’ai reçu dans le cadre de la team thriller chez les Editions du Cherche Midi après Sous ses yeux et je remercie encore Benoît et Cherche Midi pour cette belle opportunité.

Ce thriller nous plonge dans l’univers du peintre Jérôme Bosch et plus particulièrement dans son célèbre tableau et certainement le plus mystérieux, Le jardin des délices. Madrid, en 2013, ce célèbre triptyque se trouve au Prado mais celui-ci vient d’être vandalisé par un religieux fanatique, le père Baerle. Selon lui, Le jardin des délices est un grave danger pour l’église d’où son attaque au vitriol afin de le détruire. Michael Keie, un restaurateur, est chargé de sauver le tableau. Lors de l’inspection du triptyque, Michael remarque que des symboles apparaissent là où le vitriol a agit… Il décide alors de mener son enquête avec son collègue, Antonio de Nebrija. 1510, le peintre Petronius Oris arrive en Flandres afin de travailler avec le célèbre peintre flamand, Jérôme Bosch. Il va vivre l’Inquisition, la religion et les secrets de Bosch et surtout la découverte de ce tableau en trois parties, Le jardin des délices.

« Le nom de Bosch fait donc symboliquement référence au Créateur. Pas étonnant de la part d’un artiste qui a créé dans ses œuvres un monde à part entière. »

Ce thriller de Peter Dempf est haletant, tellement prenant que je l’ai lu en 2 jours… Je devais découvrir les secrets du Jardin des délices!! Sans la team thriller, jamais je me serais intéressée à ce roman, j’avoue… Mais cela aurait été bien dommage! Le mystère de Jérôme Bosch est en fait une enquête menée en 2013 et en 1510; l’auteur alterne en les deux époques en y faisant toujours un parallèle. Connaissant mal cette période d’Inquisition, j’ai appris beaucoup au cours de ma lecture. Peter Dempf écrit d’une telle manière que les images s’invitent en même temps que nos yeux lisent et c’est agréable de s’imaginer les scènes au vue de la description jamais pesante du romancier. Découvrir l’histoire de ce tableau a été enrichissante et toujours intéressante. Une fois commencé, je n’ai pas eu envie de m’arrêter: qu’allait arriver à Petronius Oris, à Zita, au Grand Zuid, à Bosch, au tableau Le jardin des délices. Michael Keie et Antonio de Nebrija vont-ils percer le secret du tableau? Qui est réellement la psychologue Grit Vanderwerf? Et le père Baerle, que veut-il finalement? Mais surtout: quel est le secret caché dans le triptyque Le jardin des délices??

« Cette œuvre ressemble à un dessin pour enfant où l’on doit rechercher un objet caché. L’œil se promène de personnage en personnage, de scène en scène. Où se trouve le secret de Bosch? Quelque part sur le tableau, à la portée de tous. Il faudrait simplement se poser les bonnes questions. »

Cette citation du roman est si vraie!! En effet, la couverture du Mystère de Jérôme Bosch est époustouflante!! Une très grande partie du tableau y est!! Et je n’ai pu m’empêcher d’aller la regarder à chaque fois que Peter Dempf donnait un détail, un indice qui se trouve sur le tableau afin de le trouver par moi-même!! Cela rend le récit plus concret et le lecteur se sent encore plus impliqué dans l’enquête!

Le petit plus de ce roman pour moi est le fait d’y lire mon prénom!!!!

« L’Eve du paradis adamite. Elle porte cinq sceaux sur le corps: sur son cou, sur sa poitrine, sur ses deux coudes et sur sa bouche. Véritable sibylle, elle incarne la sagesse. Elle est la salvatrice. Celle qui connait le mystère du sang. »

Le mystère de Jérôme Bosch a été une belle découverte pour moi et je ne peux que le conseiller car vous ne pouvez que être happés par cette histoire!!!

 

 

 

 

Le livre que je ne voulais pas écrire.

« Le livre que je ne voulais pas écrire »

de Erwan Larher

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Le livre que je ne voulais pas écrire est Le Livre Que Je Voulais Lire. Et pour une fois, je vais débuter ma chronique (que je vais tenter de faire courte, comme à mon habitude et je le dois à Erwan suite à notre discussion, tant il y a dire sur ce beau roman) par une citation de l’auteur.

« Avec une pensée émue pour ceux qui n’ont pas eu ma chance, je voulais juste dire, pour de vrai, et désolé pour les allergiques à la guimauve: MERCI. »

Moi aussi je souhaite remercier Erwan Larher pour ce livre qu’il ne voulait pas écrire. Je désirais le lire depuis qu’il circulait sur Instagram. Il était donc prévu dans ma PAL, PAL de plus en plus longue ceci dit! Quelle fût pas ma surprise forte agréable quand, lors de ma venue à mon premier salon du livre, Livres en vignes, au château du Clos Vougeot, j’aperçus sur une table cette couverture si reconnaissable!! En plus d’acquérir ce roman, j’ai eu le privilège de rencontrer son auteur, d’échanger sur notre point commun, les livres et waouh!!!

Le livre que je ne voulais pas écrire que finalement Erwan Larher a écrit chez Quidam Editeur raconte le 13 novembre 2015, son 13 novembre 2015. Erwan était là, au Bataclan et il nous livre son récit de ce soir-là et aussi des autres soirs, jours qui ont suivi ce vendredi noir.

« A 21h40, ou 42, ou 47, ils ne sont pas fichus de se mettre d’accord, bruits de pétards, les musiciens se figent puis quittent la scène en courant, des cris, du mouvement, ce ne sont pas des pétards, « Couchez-vous! Couchez-vous! ». Je me jette au sol. Là commence le roman – à moins qu’il n’ait commencé sans me prévenir. »

Erwan Larher était au Bataclan le 13 novembre 2015, c’est un rescapé et il est écrivain. De ce fait, tous attendaient de lui qu’il « raconte »…

« Tu es investi malgré toi d’une sorte de mission. Ce n’est pas le témoignage d’Erwan Larher qui est important, c’est ce que le seul écrivain ce soir-là au Bataclan en ferait s’il s’attaquait au sujet, au matériau. Le seul écrivain, c’est bien ta chance… »

Mais Erwan n’a pas « raconté » de suite, il ne voulait pas écrire, témoigner dans la frénésie… Beaucoup de témoignages ont été écrits juste après les attentats, témoignages que je n’ai pas encore lus… D’ailleurs,  Le livre que je ne voulais pas écrire est mon premier récit de ce jour là et un peu comme Erwan, je ne voulais pas lire ce « 13 novembre » dans la « frénésie ».  Besoin de laisser le temps passer, peut-être oublier aussi même si on ne peut pas oublier… Et en cette rentrée littéraire 2017, Le livre que je ne voulais pas écrire paraît et rien que le titre donne forcément envie de lire (esprit de contradiction!!)! Et cette couverture, forcément, elle donne envie d’ouvrir ce livre (Erwan et ses Santiags, une grande histoire)!! Toutes les conditions étaient réunies pour que je souhaite lire ce roman!

L’auteur nous livre donc son 13 novembre mais pas que… Il nous raconte aussi après: ses blessures, son séjour à l’hôpital, son retour chez lui, sa rééducation… Erwan raconte à son lecteur son quotidien qui a changé, ses relations avec les autres. Et justement en parlant des autres, Erwan a écrit des chapitres « Vue du dehors ». Non, ce n’est pas lui qui les a écrit en fait mais sa famille, ses amis, son amoureuse (ses amoureuses!!); ils ont écrit ce qu’ils ont vécu ce 13 novembre par rapport à Erwan et cette vision extérieure, qui coupe régulièrement le récit d’Erwan, s’accorde parfaitement avec ce que j’ai pu ressentir de l’auteur. Ce récit est fort et je comprends encore plus son titre après sa lecture. Mais n’allez pas croire que ce livre est triste, larmoyant. Il est vrai tout simplement et Erwan a su écrire ce drame avec justesse sans tomber dans le dramatique. J’ai eu le sourire à certains passages et je sais pourquoi je voulais lire ce livre.

« Entre ces deux moments, surtout, j’ai été en contact avec le plus beau, le plus noble de l’humanité: la compassion, le dévouement, l’écoute, la générosité, l’échange, le partage, l’affection, la douceur, la tendresse. »

Merci Erwan pour ce livre. Merci Erwan pour cette rencontre lors du salon du livre. Merci pour votre dédicace.