La petite boulangerie du bout du monde.

« La petite boulangerie du bout du monde »

de Jenny Colgan

IMG_6498

Grâce à la copine Amiralecteur, j’ai découvert « La petite boulangerie du bout du monde » paru chez les éditions Pocket de Jenny Colgan (d’ailleurs, les suites sont à retrouver chez les éditions Prisma) et j’ai eu envie d’aller ouvrir une boulangerie au bout du monde 😉

Polly a une petite entreprise avec son mari dans une ville dynamique, habite un très bel appartement mais tout ça n’est plus… Son entreprise fait faillite tout comme son mariage. Polly décide d’aller habiter loin de la frénésie d’une grande ville et se retrouve sur une île des Cornouailles, à Mount Polbearne, petit port de pêche. En fait, Polly n’a pas vraiment eu le choix: c’est le seul appartement qu’elle peut se payer, un appartement qui se trouve au-dessus de l’ancienne boulangerie du village. L’appartement est pas très confortable mais Polly veut en faire son chez elle. Elle a pas grand chose à faire de ses journées alors elle s’abandonne à sa passion: faire des pains. Et surtout, Polly va faire de sacrés rencontres dans ce petit port du bout du monde. Une nouvelle vie en perspective??

« Les femmes arrivent toujours mieux à aller de l’avant. Tu savais ça? Les hommes, eux, en sont incapables. C’est pour cette raison qu’ils se marient toujours avec la mauvaise personne. »

« La petite boulangerie du bout du monde » est une jolie découverte et je comprends pourquoi il est aussi présent sur les réseaux sociaux. Ce roman est d’actualité: le changement de vie qui est assez courant de nos jours. Polly le fait et en plus, elle va en plus pouvoir se consacrer à sa passion, et tout cela donne envie!!! L’auteure nous fait donc découvrir plusieurs métiers dans son roman: boulanger, apiculteur, marin pêcheur. Et on ne devient pas marin pêcheur, on nait marin pêcheur. Jenny Colgan nous livre les difficultés de ce métier aussi bien en ce qui concerne l’argent gagné que les conditions de travail…

« Maman disait toujours que j’avais de l’eau de mer dans les veines. Parfois, quand vous êtes au large et qu’il n’y a que vous au milieu de toute cette eau et rien d’autre, et que c’est le milieu de la nuit, et avec toutes ces étoiles au-dessus de votre tête, trop loin du phare pour deviner ni la lueur, vous vous sentez appartenir, comment dire, à quelque chose de tellement plus grand que vous… Dans ces moments-là, oui, c’est un sacré boulot. »

Jenny Colgan sait raconter une histoire à son lecteur qui se laisse porter par le personnage principal, par le petit port avec son phare, par les marins pêcheurs, par les abeilles, par Neil le macareux (et oui il y a un animal au sein de l’histoire donc je ne pouvais qu’aimer!!!), par un fantasque riche!! Dans ce roman, on mélange tous ces ingrédients, on fait reposer, on passe le tout au four et on déguste notre lecture .-) Grâce à ce roman, changer de vie, repartir de zéro, y croire encore et toujours, tout ça est jouable quand on s’en donne les moyens. Rien n’est facile mais beaucoup est faisable.

Maintenant, je vais devoir lire les suites car oui, Jenny Colgan ne sait pas arrêtée là et a déjà écrit deux suites: « Une saison à la petite boulangerie » et « Noël à la petite boulangerie »!! Et si « La petite boulangerie du bout du monde » a suscité des vocations de boulanger, commencez déjà par faire les recettes de pain qui sont à la fin du livre 😉

« Vis le moment présent. Ne prends pas de photo, n’essaie pas de saisir cet instant et de la figer pour  l’éternité. Goûte à sa juste valeur le spectacle. »

Nulle part sur terre.

« Nulle part sur terre »

de Michael Farris Smith

IMG_6536

Grâce aux éditions Sonatine, j’ai eu le plaisir de découvrir « Nulle part sur la terre » de Michael Farris Smith, un roman noir américain comme il se doit!! Tout y est pour que nous nous accrochions à notre livre!

Maben avec sa fille, Annalee, reviennent dans sa ville de Louisiane où Maben a grandit et qu’elle a quittée du jour au lendemain sans rien. Elle y revient toujours aussi démunie et extrêmement perdue… Russel lui aussi revient dans cette même ville natale après onze ans, onze ans passés en prison pour homicide involontaire. Pour lui, tout est derrière lui mais ce n’est pas ce que pensent Walt et Larry. Le jour de leur retour, retour de Maben et Russel, un meurtre a été commis en pleine campagne de Louisiane. Maben et Annalee continue de fuir, Russel essaie de reprendre une vie normale. Et ce meurtre va les réunir et ils vont devoir tenter de survivre à ce retour ensemble. Maben et Annalee vont-elles enfin réussir à se poser? Russel va-t-il pouvoir avancer dans sa vie?

« Nulle part sur terre » est un vrai roman noir qu’il est difficile de lâcher tant le lecteur veut connaitre le pourquoi du pourquoi!! Ce roman a été une découverte pour moi et ce fût une belle découverte. J’ai aimé l’atmosphère du livre: intriguant, étouffant, interrogatif, américain, oppressant, violent… En écrivant cela, je me dis que cela pourrait faire peur mais non car ce sont les ingrédients d’un bon roman noir américain et je commence à prendre goût à ce genre 😉

Avec les personnages de Maben et de sa fille, c’est la détresse qui apparait: la détresse d’une mère qui tente de s’en sortir, qui tente de survivre, qui fait tout pour sa fille jusqu’à commettre une chose effroyable. Maben est courageuse, combative et le lecteur ne peut que se demander comment elle fait pour tenir le coup, pour toujours avancer alors qu’elle ne possède qu’un sac poubelle pour elle et sa fille, qu’elle ne sait pas où aller. Quant à Russel, il veut avancer malgré son passé; il ne souhaite que continuer sa vie malgré les embûches imposées. Il semble se laisser faire mais ce n’est qu’une apparence et surtout, Russel va être d’une grande aide pour Maben et Annalee: leur destiné est liée depuis un long moment. Avec Russel, le lecteur apprend qu’une seule décision, en l’occurrence boire plus que de raison, change pour toujours le cours d’une vie qui était déjà toute tracée.

« Plus d’une fois il s’était dit qu’il aurait mieux valu qu’il y ait une raison. Quelque chose qui l’aurait provoqué, passé, énervé, bousculé, quelque chose qui aurait pu expliquer qu’il ait tellement bu. Plus d’une fois il aurait voulu pouvoir pointer du doigt et désigner un autre coupable. Mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. »

 

Michael Farris Smith a su décrire avec brio l’atmosphère pesante d’une petite ville américaine où tout le mode se connait, se juge, sait tout sur les autres, où le rêve américain n’existe pas… Ses personnages ont tous un côté noir mais l’auteur nous montre l’autre facette, la plus colorée, celle où l’espoir est tout de même possible mais pour le voir, il faut aller au bout du roman! Pour rester dans le sombre, l’auteur a mis des scènes assez violentes au cours du livre mais elles sont si bien intégrées que cette violence n’est pas si choquante que ça et font partie de l’histoire de cette ville proche du Mississippi. Michael Farris Smith nous rend Russel, son personnage masculin, attachant grâce à son passé et surtout son empathie envers Maben bien qu’il soit un peu « ours » et peu bavard! On se dit que ces deux là étaient fait pour se rencontrer en fait!

« Nulle part sur terre » est un bon roman comme on est adepte de l’Amérique noire et quand le lecteur aime devenir addictif de son roman en cours de lecture 😉

 

 

Gump & cie.

« Gump & cie »

de Winston Groom

IMG_6193

Comme beaucoup je pense, je ne savais pas que Forrest Gump était un roman avant d’être un film et oui!! Mais grâce aux éditions du Cherche Midi, j’ai pu du coup lire le deuxième roman, « Gump & cie » de Winston Groom.

10 ans plus tard, Forrest Gump doit élever son fils, Petit Forrest, Jenny étant décédée. Pour cela, Petit Forrest reste vivre chez sa grand-mère et Forrest part travailler afin de subvenir à leurs besoins. Mais connaissant Forrest, tout ne va pas se passer comme il se doit. Forrest va faire des tas de boulot, s’attirer des tas d’ennuis, et il va toujours aller de l’avant. Son usine de crevettes a fait faillite et il lui faut un autre travail: Forrest va donc jouer au football, vendre des encyclopédies, essayer de trouver une nouvelle recette pour le Coca-Cola, retourner dans l’armée en Irak et en Allemagne où il est pas étranger à la chute du mur de Berlin… Où va nous emmener Forrest?

« J’ai pensé à ma vie qui, quand on y réfléchit, est loin d’être extraordinaire. J’ai fait beaucoup de choses mais il y en a peu que j’ai bien faites. Et j’ai une fâcheuse tendance à m’attirer des ennuis pile au moment où ça va s’arranger. J’imagine que c’est le prix à payer quand on est un idiot. »

Même si la citation n’est pas reprise dans « Gump & cie », « la vie, c’est comme une boîte de chocolats: on ne sait pas sur quoi on va tomber » est entièrement adaptée à ce deuxième roman!! Cette « biographie » de Forrest est un plaisir à lire car c’est Forrest qui raconte!! Le ton est donc léger, l’écriture et le discours à la hauteur de Forrest, le lecteur est entièrement plongé dans son univers presque enfantin, dans son innocence! Comme dans ses premières aventures, Forrest est le même: il est optimiste, il fait beaucoup trop confiance aux autres, ces mêmes autres qui vont abuser de lui, il vit des situations tellement incroyables et improbables pour une personne comme moi, il pardonne et ne laisse jamais tomber ses compagnons de route. Petit Forrest, son fils, va lui être d’une grande aide avec son intelligence bien supérieure. Et bien entendu, Forrest va entrer dans l’Histoire avec la capture de Saddam Hussein, la chute du mur de Berlin mais tout ça sans le faire exprès, une grande spécificité de Gump 😉

L’auteur, Winston Groom, par l’intermédiaire de son personnage, donne une belle note d’optimiste, de sensibilité et d’émotion à son lecteur. On ne peut que sourire en le fermant et à croire en l’autre grâce à Forrest qui ne voit pas le mal chez les autres et qui est toujours là pour les autres. Forrest a une belle âme et cela fait un bien fou de le retrouver à travers ce roman .-)

Pour finir, j’ai aimé retrouver même pour que quelques lignes Tom Hanks face à Forrest Gump, joli clin d’œil au film qui donne envie de la revoir!!!

 

Joyeux suicide et bonne année.

« Joyeux suicide et bonne année »

de Sophie de Villenoisy

IMG_6247

Nous sommes au mois de décembre et il y a des livres qui sont destinés à ce mois là, comme « Joyeux suicide et bonne année » de Sophie de Villenoisy paru chez Editions Denoël et aussi disponible chez Livre de poche, et ce roman ne peut que vous donner le sourire.

Sylvie a 45 ans et depuis peu, elle a plus de famille, ses parents étant disparus. Sylvie n’est pas mariée, n’a pas d’enfant, a peu d’amis et trouve sa vie plate. Elle décide donc de se suicider le jour de Noël; de toute façon, elle manquera à personne. Mais avant de passer à l’acte, Sylvie, sur les conseils de sa seule amie divorcée Véronique, va voir un psychiatre qu’elle a choisit sur les pages jaunes pas loin de chez elle. De là, des évènements vont un peu changer le cours de ses décisions. Sylvie va-t-elle se suicider comme elle l’a prévu?

« Alors, qu’est-ce qui cloche chez moi? » « Je crois que la question que vous devriez vous poser c’est: pourquoi je ne me sens pas digne d’être aimée? ».

J’ai vraiment passé un bon moment en lisant « Joyeux suicide et bonne année » et j’avoue que j’ai trouvé un peu, peut-être même beaucoup, de moi dans ce roman! Il est vrai que la vie de Sylvie ne parait pas bien animée et je me suis mise à la plaindre, à comprendre même pourquoi elle souhaitait mettre fin à sa vie, choisir le moment où elle veut partir… Mais voilà, une rencontre, des évènements font voir la vie d’une autre façon bien plus sympathique. Pendant la lecture, plusieurs sentiments se croisent: de la compassion, de la tristesse, de l’émotion, de la joie, du rire, de l’envie. On ne peut que refermer ce roman avec le sourire et croire qu’un rien peut tout changer. L’espoir est là, livré avec bienveillance par l’auteure. J’ai justement aimé l’écriture de Sophie de Villenoisy, écriture fluide avec beaucoup d’humour, de dérision de son personnage.

« J’ai une telle masse capillaire que même un cancer n’en viendrait pas à bout. »

En refermant « Joyeux suicide et bonne année », j’ai eu envie d’avoir Sylvie comme amie car elle est drôle, attachante, sympathique. Les aventures qu’elle va vivre lui vont bien. « Joyeux suicide et bonne année » est à offrir, à glisser au pied du sapin, ou tout simplement à s’offrir et peut-être que la magie de Noël opérera 😉

 

Maharajah.

« Maharajah »

de M.J. Carter

IMG_6475

« Maharajah » , de M.J. Carter, est le troisième thriller de la #teamthrillerCHM des éditions du Cherche Midi. Je l’ai lu en lecture commune avec les copines Amiralecteur, Une souris et des livres, Petite lectrice et Lou lit là. C’était chouette de pouvoir échanger durant notre lecture avant d’en parler en #booktalk avec toute la team!

William Avery est un jeune officier anglais en poste à Calcutta en 1837 qui est sous la régence de la Compagnie britannique des Indes orientales. C’est un admirateur de l’écrivain Xavier Mountstuart, très connu des expatriés anglais. Et Avery va avoir comme mission de le retrouver car l’écrivain a disparu dans la jungle indienne. Pour cela, il doit accompagner Jeremiah Blake, agent spécial, grand spécialiste des mœurs avec un caractère bien trempé. Ils vont traverser le pays, vivre des aventures assez incroyables, rencontrer des personnages atypiques.

La lecture de « Maharajah » a été longue et ce n’est pas en raison de son nombre de pages… Pour moi, ce n’est pas un thriller mais un roman d’aventures où le lecteur va découvrir l’Inde de cette période aussi bien dans les paysages que dans les us et coutumes des Indes orientales. L’auteure donne de belles descriptions et permet de voyager. Ne connaissant pas cette période dans cette Inde, j’ai appris comment cela pouvait se passer la vie d’expatriés anglais et d’indiens avec leurs croyances.

« Je ne montrerais pas ma fatigue, je ne me plaindrais pas, même si, parfois, je me lamentais en silence parce que j’étais contraint de faire des corvées inacceptables pour un Européen, parce que mes plaies commençaient à s’infecter, parce que je ne supportais pas la nourriture et parce que les insectes m’empêchaient de dormir. Je surveillerais Jeremiah Blake, je noterais mes observations et quoi qu’il arrive, j’accomplirais mon devoir. Je puisai un certain réconfort dans ces résolutions. »

« Maharajah » est considéré comme un thriller mais je n’ai malheureusement pas senti du thriller pendant ma lecture… Si vous aimez l’Inde et les aventures, ce roman est fait pour vous. Les copines et moi avons le même sentiment par rapport à ce roman et nous n’avons pas accroché comme son dit… Par contre, la couverture du livre est juste sublime tout comme l’intérieur où il y a des rappels de cette couverture (et je trouve cette couverture beaucoup plus jolie de celle originale 😉 )!!

En lisant, j’ai senti que l’auteure s’est bien documentée sur l’Inde dans les années 1800, le côté historique du roman est présent, peut-être trop… Les personnages de Blake et Avery ont vraiment une bonne place faite par M.J. Carter et la face sombre de Blake est impressionnante.

Concernant M.J. Carter, je fût étonnée de savoir que c’était un femme car j’ai trouvé l’écriture très masculine et je ne pouvais pas me douter que c’était une femme qui écrivait… Ce roman est pour moi masculin tout comme ses personnages.

« Maharajah » doit, pour moi, être considéré comme un roman d’aventures et doit être lu dans ce sens. Je l’ai lu comme un thriller et du coup, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais… Mais le lecteur va y trouver de belles aventures en le lisant!