A la lumière du petit matin.

« A la lumière du petit matin »

d’Agnès Martin-Lugand

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Grâce au salon du livre de Paris, j’ai pu acheter le dernier roman d’Agnès Martin-Lugand avant sa parution avec une dédicace en plus 😉 J’étais impatiente de faire la connaissance d’Hortense, le personnage de « A la lumière du petit matin » paru chez Michel Lafon et j’ai aimé cette rencontre!

Hortense, 40 ans, est professeure de danse. Elle vit à Paris, aime par dessus tout son métier. Elle a une liaison depuis trois ans avec un homme marié à qui elle donne beaucoup. Elle est heureuse… enfin c’est ce qu’elle pense jusqu’à son accident qui l’oblige à penser à elle, ce qu’elle ne fait plus depuis trop longtemps. Hortense va passer du temps dans la Bastide, sa maison familiale en Provence pour sa convalescence. Va-t-elle se retrouver et vivre selon ses envies?

« Et moi, je n’aurai pas d’enfant. Jamais. J’étais à la veille de mes 40 ans, j’avais laissé passer ma chance. Jamais je ne verrais mes propres enfants courir dans le jardin de leurs grands-parents disparus, ni sauter dans leur piscine. J’avais refuser de voir le temps passer, le temps filer, le temps m’échapper. »

Quel bonheur de retrouver la plume d’Agnès Martin-Lugand et comme pour chacun de ses romans, je n’ai pu lâcher ma lecture avant la fin! Dans « A la lumière du petit matin », Agnès Martin-Lugand met en avant une femme, une femme forte qui maitrise sa vie, du moins en apparence. Hortense, son personnage, est amoureuse d’un homme marié et comme l’affirme Blaise Pascal, « la cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Cette relation n’est pas idéale pour Hortense mais elle aime Aymeric, l’attend, se fait belle pour lui, lui fait plaisir, vit cet amour clandestinement.

« Avec lui, je riais, je sentais mon cœur battre et la fièvre s’emparer de mon corps dès qu’il était auprès de moi. Dans son regard, j’avais le sentiment d’exister, j’étais aimée. Pourtant, je n’aurais jamais imaginé devenir celle qui réclame, qui attend, qui se tape la tête contre les murs quand son amant la laisse pour rejoindre sa famille, celle qui se dégoûte parfois. »

Hortense est la preuve que l’amour ne se contrôle pas, tombe sur soi comme ça… Comme pour ses précédents romans, l’auteure parle de l’amour: amour charnelle, amour familiale, amour amicale, amour d’une passion. Elle parle aussi d’un sujet douloureux qui est la mort et pour Hortense, c’est la mort tragique de ses parents, parents qui sont pour elle, comme pour moi, son pilier… Agnès Martin-Lugand aborde ce sujet avec délicatesse et sensibilité tout comme l’histoire d’amour d’Hortense avec cet homme marié, amour qui est là, réel mais qui ne peut se vivre au grand jour… Comme il est difficile d’aimer dans ces conditions… On se sent bien seule alors qu’on est aimée par l’autre… On se doit d’être disponible quand l’autre l’est… On ne peut qu’attendre des nouvelles… Cet amour peut amener à s’oublier… Grâce (ou à cause, tout dépend du point de vue de chacun) à un malheureux accident, Hortense va se « réveiller » et à ce moment là, il est question de remise en question, de s’interroger sur ce que l’on veut de sa vie, des questions qui bousculent, qui peuvent être douloureuses mais qui sont nécessaires pour avancer et enfin prendre soin de soi et construire sa vie. Et il n’est jamais trop tard pour ça et c’est souvent le destin qui peut nous forcer à s’interroger sur soi, un coup du sort mais qu’il faut être capable d’entendre et d’agir dans le bon sens!! Et quelle belle place à l’amitié que fait l’auteure tout au cours de son roman!

Dans « A la lumière du petit jour », je m’y suis beaucoup retrouvée, vécue certaines situations que vit Hortense… Par contre, j’aurais bien voulu être une danseuse comme elle, danseuse qu’il est aisé de s’imaginer, de voir danser, de vibrer avec elle grâce à la plume d’Agnès Martin-Lugand qui nous entraine dans son monde, dans le monde qu’elle veut nous faire découvrir!!! J’ai eu un coup de cœur pour ce dernier roman d’Agnès et je suis ravie d’avoir dans ma bibliothèque un roman signé de sa main!!!

Le ciel est à nous.

« Le ciel est à nous »

de Luke Allnutt

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« Le ciel est à nous » de Luke Allnutt est un roman touchant que j’ai découvert grâce aux éditions Cherche Midi.

Rob est un homme qui se perd dans l’alcool et les relations d’un soir… Il a goût à rien… Il tente bien que mal de survivre, de survivre après ce drame qu’il l’a touché en plein fouet… Il y a quand même une chose qu’il aime, c’est prendre des photos des endroits qu’il a visités avec son fils Jack et les poster sur son site, « Le ciel est à nous » en espérant que ces clichés seront vus justement par son fils. Par l’intermédiaire des ces photos, la vie de Rob se dévoile progressivement: son histoire d’amour avec son ex-femme Anna, sa vie londonienne, sa réussite professionnelle, son argent et son fils Jack. Mais tout ça va voler en éclat quand la famille apprend la mauvaise nouvelle: la maladie de Jack… Après le drame, alors que Rob s’enfonce, un évènement surgit et Rob va réagir pour peut-être avancer enfin…

« Comment pourrais-je regarder mon fils dans les yeux maintenant que je savais? Combien de temps allais-je garder pour moi ce terrible secret? Il mangeait ses tartines, ne se doutant de rien, persuadé que le lendemain, il retournerait à l’école. Allions-nous vraiment le trahir comme ça? »

« Le ciel est à nous » est un beau roman où l’amour y a une jolie place, il est émouvant. Il traite d’un sujet douloureux qui est la maladie d’un enfant et la déchéance d’un parent mais il donne surtout un espoir, une entraide nécessaire, vitale même. Luke Allnutt a les mots justes pour raconter cette histoire, peut-être est-ce lié à sa propre histoire, sa propre maladie, son propre parcours contre le cancer… Certainement car Luke a pu décrire avec finesse ce que peut ressentir Rob et Anna face à leur fils Jack. Cela rend ce roman très réaliste et rempli d’émotions. Et comment ne pas se mettre à la place de ce père qui fait tout pour sauver son fils, qui croit en ce qui est impossible dans le but d’y croire soi-même, de s’accrocher à ce quelque chose qui pourrait sauver son enfant…

« Parce que si c’était possible en rêve, alors c’était possible tout court. C’était ce que me répétait mon père. C’est possible en rêve. C’est possible tout court. »

J’avoue, j’ai versé quelques larmes en lisant « Le ciel est à nous » (pas autant que pour « Les derniers jours de Rabbit Hayes du Cherche midi aussi 😉 ) car j’y ai trouvé une sensibilité sans tomber dans le dramatique. L’auteur a distillé toutes ses touches de sensibilité sans excès, sans en faire trop et c’est dans cela que ce roman est touchant! Nous sommes tous susceptibles, malheureusement, de passer par de telles épreuves en tant que parents, enfants, malades, proches de malades… Et cette symbolique du site créé par le père, Rob, pour son fils est superbe, comme ces souvenirs à certains chapitres rappelant ces lieux photographiés…

« Jack lève les yeux vers le ciel et se tourne vers moi. « Papa, dit-il, pointant du doigt le soleil couchant et les traînées blanches des avions. Le ciel aussi, il est à nous? » »

« Le ciel est à nous » est une lecture touchante où l’amour y est le personnage principal!!!!

 

 

L’Archipel du Chien.

« L’Archipel du Chien »

de Philippe Claudel

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J’ai eu la chance de lire le dernier roman de Philippe Claudel, « L’Archipel du chien » paru chez lesEditions Stockavec qui j’ai pu participer à une rencontre avec d’autres blogueurs et Philippe Claudel qui nous a raconté son livre, livre qui, quand je l’ai terminé, m’a laissée sans mot!

Une île, ou plutôt une archipel d’île, qui ressemble étrangement à un chien. Sur cette île, les habitants y naissent, y vivent et y meurent. Rares sont les non insulaires… Il y a le Maire, le Docteur, le Curé, la Vieille (l’ancienne institutrice), l’Instituteur qui est venu remplacé la Vieille et qui, de ce fait, n’est pas un habitant de l’île depuis toujours… Un matin, la mer recrache sur la plage trois corps, trois hommes noirs qui ont certainement fui leurs pays… Mais voilà que faire? Appeler la police? Le dire à tous les habitants de l’île? Ne riens dire et faire comme si cela s’était jamais produit? Et le Brau, le volcan, est-il en train de se réveiller à ce moment là??…

« Le Chien est là, dessiné sur le fin papier. Gueule ouverte, crocs sortis. S’apprêtant à déchiqueter une longue et pâle immensité cobalt que la carte constelle de chiffres indiquant la profondeur et les flèches qui tracent les courants. Ses mâchoires sont deux îles courbées, sa langue aussi, et ses dents aussi, certaines pointues, d’autres massives, carrées, d’autres encore effilées comme des dagues. Ses dents, des îles donc. Dont celle où se déroule l’histoire, la seule habitée, tout au bout de la mâchoire inférieure. Tout au bord de l’immense proie bleue qui ne sait pas qu’elle est convoitée. »

La lecture de « L’Archipel du Chien » ne peut laisser indifférent… Ce roman est puisant et Philippe Claudel a su y raconter un sujet d’actualité grave par l’intermédiaire de ses personnages qui sont appelés par leur profession ou titre, et créé  une distante entre son lecteur et eux… Comme le dit si bien l’auteur, cet archipel du Chien pourrait être dans la mer méditerranée, près des côtes européennes, par exemple… Chacun verra cet archipel où il le veut… Ces trois corps de migrants échoués rappellent des scènes trop souvent vues à travers les médias, cette réalité présente et pas si loin que ça de nous…

« La Vieille et le chien restèrent près des corps. C’était comme un tableau de musée, édifiant mais dont on se demandait quelle morale il pouvait bien illustrer: la mer infinie, trois corps d’hommes noirs et jeunes, une vieille femme et un chien, debout à leurs côtés. On sentait bien que cela devait  vouloir dire quelque chose, mais on n’aurait pas trouvé quoi. »

Et que dire que ces habitants qui décident de faire comme si ces trois corps n’existent pas, ne se sont jamais échoués sur leur île… Les enterrer en secret alors que le Brau se réveille en dégageant une odeur sournoisement présente… Une autre réalité y est également présenté par Philippe Claudel, des faits sans rappeler l’affaire d’Outreau… L’auteur y glisse aussi la technologie de pointe de nos jours, une référence à Big Brother…

J’ai été happée par les mots de Philippe Claudel, par sa capacité à écrire le réel dans l’imaginaire avec une telle habilité, souplesse des mots… Cette lecture a chamboulé un quelque chose en moi, j’ai refermé ce roman en étant bousculée, perturbée mais dans le bon sens du terme. Ce roman questionne obligatoirement, il prend au corps… Philippe Claudel égratigne toutes les couches sociales dans « L’Archipel du Chien »: le pouvoir, la religion, la médecine, l’autorité, le travail, la connaissance,tout ce qui fait une société est là, a son rôle dans l’histoire, un rôle pas très glorieux…

Pour finir, je vais vous répondre monsieur Philippe Claudel, répondre à votre dédicace: oui, c’est un roman éruptif!

Retour à Buenos Aires.

« Retour à Buenos Aires »

de Daniel Fohr

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Dans la 4ème de couv, apparaît un bibliothécaire, c’était donc un livre pour moi et grâce aux éditions Slatkine et Cie, j’ai découvert ce joli roman « Retour à Buenos Aires » de Daniel Fohr.

Un bibliothécaire se voit hériter du dernier membre de sa famille, un oncle, un aviateur de 100 ans et surtout il se voit charger d’une mission: il doit faire Le Havre-Buenos Aires par la mer pour y disperser les cendres de l’Aviateur près de l’amour de sa vie. Il prend donc un cargo afin de tenir sa promesse et le voici voguant sur l’océan Atlantique avec un équipage assez peu avenant… Cette traversée va lui permettre de s’en savoir  plus sur cette histoire d’amour au travers de lettres et même sur lui-même car il va se retrouver seul avec lui-même durant 24 jours…

« Au cinéma, la bibliothécaire est une femme, elle a des lunettes, un chignon et l’air de cacher une cravache dans son dos. Si c’est un homme, il est gris, vieux et peu aimable, parfois inquiétant, et toujours suspicieux. Les mots qui sont généralement associés à la bibliothécaire sont: rat, poussière, labyrinthe, silence, ennui, mort, alors que la profession a compté des gens très bien comme Diderot, Musset ou Casanova. Marcel Proust a été bibliothécaire et Mao, même s’il se contentait de balayer la salle de lecture de l’université de Pékin et de tenir les registres à jour. »

« Retour à Buenos Aires » est un roman sur l’amour qui lie un homme et une femme pendant presque un siècle, un roman sur le vie spartiate d’un équipage de cargo, un roman sur l’introspection  du narrateur. J’ai beaucoup aimé cette lecture, cette découverte de l’auteur, Daniel Fohr dont son écriture est juste, fluide, elle se laisse glisser comme le cargo sur l’océan. Ne connaissant rien à la vie sur ce type de bateau, j’ai découvert comment se déroulait le quotidien de ces équipages qui se créent des rituels comme la cérémonie lors du passage de l’équateur, le barbecue et le karaoké! La cohabitation entre le bibliothécaire, l’Aviateur et l’équipage est simple car ils sont assez renfrognés et tous mais cela n’empêche pas le bibliothécaire d’être compté pour les « évènements » qui se déroulent à bord tout comme l’Aviateur dans son urne. Le narrateur fait participer l’Aviateur, lui parle, s’inquiète et surtout il va en savoir plus en lisant les échanges épistolaires entre l’Aviateur et son amour, ces lettres d’amour qui donnent tout son sens au besoin de l’Aviateur de se retrouver avec elle.

« Comment pouvait-on rester fidèle, presque cent ans après, au souvenir d’une femme qui vous avait rejeté et avec qui la rencontre avait duré moins longtemps que la vie d’une fourmi commune? C’était comme quelqu’un qui vivrait avec un scalpel oublié dans l’intestin sans que ça dérange. »

A la lecture de ce roman, je me suis sentie seule mais dans le bon sens du terme: j’étais seule avec le narrateur et son urne, j’ai vécu son quotidien sur ce navire, j’ai ressenti l’amour à travers la lecture des lettres… Par contre, j’aurais aimé en connaître plus sur Buenos Aires qui est tout de même la capitale mondiale du livre depuis 2011 (c’est le petit regret de la lectrice que je suis!!). « Retour à Buenos Aires » est une jolie découverte pour moi!!

 

 

Une autre histoire.

« Une autre histoire »

de Sarah J. Naugthon

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Avec « Une autre histoire », les éditions Sonatine nous plonge dans une histoire familiale sombre…

Mags, avocate à Las Vegas, revient à Londres après l’avoir fui il y a des années à cause de son père violent. Elle rentre à Londres pour se rendre au chevet de son frère, Abe, qui se trouve dans le coma à la suite d’une grave chute. Elle rencontre sa petite amie, Jody qui affirme qu’Abe n’est pas victime d’un accident mais qu’il s’agit d’un suicide. Mags décide de s’installer dans l’appartement d’Abe afin d’en savoir plus sur lui, sur sa vie et sur son prétendu suicide. Mags découvre une toute autre vérité. Mais alors qu’est-il arrivé à Abe? Quel est le rôle de Jody, de leurs voisins?

« Moi qui pensais que ça irait, pour lui. Que, comme moi, il s’en sortirait relativement indemne. Si j’avais su… si j’avais su, qu’est-ce que ça aurait changé, au juste? Est-ce que j’aurais abandonné ma nouvelle vie palpitante pour revenir jusqu’ici le tirer du bourbier merdeux où il se serait fourré? Non. Certainement pas. Et je n’aurais pas attendu de lui qu’il la fasse pour moi. »

Pour son premier roman, Sarah J. Naughton a su tenir en haleine son lecteur. L’histoire est classique: un homme chute du haut des escaliers, sa petite amie est étrange, elle fait la coupable idéale. Mais cela serait trop simple et l’auteure a brouillé les pistes comme il se doit, elle enchaine les histoires dans l’histoire et sans perdre son lecteur. Tous les personnages ont un passé trouble, cachent des vérités et Mags, le personnage principal,  va peu à peu les dévoiler tout en se dévoilant par la même occasion. Beaucoup de questions se posent concernant le départ de Mags laissant son frère entre les mains de ce père autoritaire, violent… Beaucoup de questions se posent autour de la personnalité de Jody qui semble travestir la vérité sur elle, sur sa relation avec Abe, sur l’accident de ce dernier… Beaucoup de questions se posent sur Abe: qui il était, que faisait-il, qui aimait-il?… Sarah J. Naughton décrit des scènes très dures, violentes qu’a principalement subies Jody qui est touchante au fur et à mesure qu’on la découvre. Les personnalités de chacun se fissurent petit à petit tout comme leurs carapaces, ils apparaissent progressivement sous leur vrai visage. Et le lieu principal, une église transformée en plusieurs logements, rend l’atmosphère pesante avec sa hauteur, ses bruits, ses échos.

Sara J.Naugthon a livré un thriller qui rend son lecteur accroché à son roman…Les pages se tournent, se tournent pour savoir, connaitre au plus vite le dénouement, la vérité… Merci les éditions Sonatine pour ce premier roman de l’auteure!

 

Apprendre à lire.

« Apprendre à lire »

de Sébastien Ministru

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« Apprendre à lire », le premier roman de Sébastien Ministru, paru chez les Éditions Grasset fait partie de la sélections des 68 Premières Fois et c’est le premier roman que je lis dans le cadre de cette belle initiative.

Antoine, la soixantaine, est directeur de presse. Depuis peu, il désire se rapprocher de son vieux père, un veuf immigré. Celui ci est un vieux ronchon malheureusement analphabète. Il demande à Antoine de lui apprendre à écrire et lire avant de mourir. Antoine se révèle un piètre professeur pour son vieux père. Mais pour tenir sa promesse, il embauche Ron, un jeune homme prostitué faisant des études pour devenir instituteur. Va se créer un trio un peu invraisemblable.

« Il y a des gestes qui, si on les fait, ne portent pas à conséquence; il y en a d’autres qui, si on les fait pas, existent quand même. »

« Apprendre à lire » est le premier roman de Sébastien Ministru, journaliste littéraire belge et auteur de pièces de théâtre et j’avoue que je ne l’aurais certainement pas lu s’il n’avait pas fait partie de la sélection des 68 Premières Fois. Mais je regrette pas de l’avoir découvert! En si peu de pages, l’auteur aborde plusieurs thèmes: la vieillesse, l’analphabétisation, la prostitution, l’homosexualité, le couple, l’infidélité, l’immigration… Mais Sébastien Ministru raconte cela avec tendresse et pudeur, et Antoine et son père sont attachants. Comme beaucoup de vieux immigrés, le père d’Antoine a arrêté l’école beaucoup trop tôt pour travailler. Comme beaucoup de famille, les relations père-fils sont difficiles, en manque de communication. Comme beaucoup de couples, Antoine et Alex ont une relation plus fraternelle qu’amoureuse.

« Tomber amoureux est la pire des pertes de contrôle, une mise à genoux de la vie qui n’engendre que mièvrerie et troubles de la concentration. »

Sébastien Ministru nous raconte un peu le monde de la prostitution et met en avant que les prostitué.e.s sont des gens comme tout le monde: ils/elles travaillent pour réaliser des projets, ils/elles aiment… L’auteur nous parle aussi d’un autre sujet délicat que sont les personnes qui ne savent ni lire, ni écrire et pour qui la vie est, de ce fait, semée d’embûches et bien difficile. Il est également difficile d’avouer cela et de demander de l’aide. Le père d’Antoine relève ce défi et se prend d’affection pour ce professeur bien particulier. Tout est raconté avec bienveillance et douceur. C’est une jolie histoire que nous conte l’auteur!

« Apprendre à lire » est un roman plein de tendresse, d’empathie et il est touchant. Sébastien Ministru nous livre un premier roman d’espoir malgré les thèmes un peu difficiles qu’abordent ce livre!! C’est une jolie découverte pour moi!