Lettres de sang.

« Lettres de sang »

de James Patterson & Marshall Karp

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J’ai eu le plaisir de découvrir James Patterson, le numéro un mondial du suspens, grâce aux éditions L’Archipel avec « Lettres de sang ».

Hubert Hutchinson Alden Jr. est un homme d’affaire milliardaire marié et père. Le soir du réveillon du nouvel an, il découvre dans son garage une boîte contenant la tête de son fidèle chauffer, les initiales de son fils et un message disant « De l’argent facile »… Qui est derrière ce message? Où est son fils? Combien d’argent il s’agit? Un duo d’enquêteurs de NYPD Red va être chargé de cette affaire, Zach Jordan et Kylie MacDonald qui ont l’habitude de protéger les riches personnalités de New-York. Mais cette histoire n’est pas celle qui y parait…

« Tout le monde aspire à devenir riche, avait expliqué Hutchen Alden à son fils quand Hubert avait tout juste 10 ans. Les gens commencent généralement par être pauvres, ils grimpent jusqu’à la lune, et si jamais ils se ramassent, mon Dieu, ils savent déjà ce qu’est la pauvreté. Tu ne te trouves pas dans le même cas de figure puisque tu es né riche. Ton boulot, c’est de le rester. »

« Lettres de sang » est le troisième opus de la brigade NYPD Red mais n’ayant pas lu les précédents, je n’ai eu aucun souci de compréhension et je me suis retrouvée plonger dans ce suspens où tout n’est pas joué d’avance!! Les auteurs, James Patterson et Marshall Karp, ont l’art et la manière de retourner les situations quand je m’y suis attendue le moins! L’histoire parait banale comme ça: une famille très riche de New-York, un meurtre, un enlèvement, une rançon… une histoire vue et revue. Mais voilà, il ne faut pas oublier que c’est James Patterson et Marsahll Karp les auteurs!! Et me voilà emmenée dans des complots, des délits d’initiés, des comptes offshore, des jeux politiques et de pouvoir, des mensonges et secrets. Ajouter à tout ceci, des victimes qui seraient des coupables, des coupables qui seraient des victimes… Dans « Lettres de sang », les auteurs ne laissent pas de répit à son lecteur, ils vont de rebondissements en rebondissements!!

« Je sais que tu vas trouver ça bizarre, a répondu Kylie, mais il faut que je te l’avoue. J’adore cette enquête. Moi aussi. Quand on y réfléchit bien, deux types qui se font tuer, quasiment pas de sommeil, le clan Alden qui nous met des bâtons dans les roues à tous les tournants, que demande le peuple? Arrête Zach. On a commencé jeudi par un corps sans tête découvert dans une bagnole à un million de dollars. Depuis, ça n’arrête pas. Enlèvement, escroquerie, un second meurtre… »

L’enquête menée par Zach Jordan et Kylie MacDonald est retranscrite en « temps réel » et il y a pas de temps mort. La relation des deux enquêteurs fait partie intégrante de l’histoire et ces deux personnages sont attachants ce qui n’est pas le cas de la famille Alden qui met en avant sa richesse, ses relations, son pouvoir en oubliant qu’elle ne peut pas tout résoudre seule…J’y ai découvert toute la manipulation dont sont capables certaines personnes au nom d’eux-mêmes, de leur perversité!

« Lettres de sang » est un roman suspens comme il se doit, tous les ingrédients y sont pour suivre avec plaisir Jordan et MacDonald dans leur enquête dans ce milieu si particulier, voire détestable, du monde des affaires new-yorkais!!

 

L’aile des vierges.

« L’aile des vierges »

de Laurence Peyrin

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J’étais très impatiente de retrouver Laurence Peyrin avec son dernier roman, « L’aile des vierges », paru chez les éditions Calmann-Lévy que je remercie.

Avril 1946, en Angleterre, Maggie Fuller, une jeune veuve, se rend au manoir Sheperd House dans le Kent pour être au service du couple Lyon-Thorpe. Cela est une épreuve pour Maggie qui se voyait partir en Amérique afin d’y devenir médecin. Car Maggie est une femme cultivée et en avance sur son temps comme l’était sa mère, sage-femme féministe, et sa grand-mère, une des premières suffragettes. Elle découvre dans ce manoir un ancien monde pour elle où les femmes n’ont pas la place qu’elles méritent. Mais le manoir du Kent va peut-être se révéler être un vrai bénéfice pour Maggie…

« Maggie. Je suis absolument, terriblement, irraisonnablement amoureux de toi. Je suis amoureux de tes blessures, amoureux de tes révoltes… De tout ce que tu es. Même si ce n’est pas toujours une partie de plaisir. »

Avec « L’aile des vierges », Laurence Peyrin m’a encore fait voyager, rêver, aimer, croire; je suis une nouvelle fois passer par toutes les émotions donc merci! « L’aile des vierges » est un roman féministe dans le bon sens du terme: Maggie ne veut pas se laisser faire, elle veut mener la vie comme elle l’entend et non pas comme pourrait l’entendre pour elle la société. Elle est forte, courageuse, aimante, sincère (des fois un peu trop!), entière. Bref Maggie est une femme, une vraie femme qui sait ce qu’elle veut. Oui Maggie est féministe mais c’est pas pour autant qu’elle n’est pas là pour les autres, bien au contraire et surtout, elle reste une femme avant tout et veut aimer! Il est impossible de rester insensible devant cette femme qui se bat par rapport à ses idéaux et qui fait avancer la cause féminine surtout autour d’elle. Maggie était-elle obligée d’être elle? Certainement quand on a une telle grand-mère, une telle mère qui lui a donné les clés pour se créer sa propre vie, sans dépendre des autres, de l’autre, d’un homme surtout dans les années 40.

Aux côtés de Maggie, Laurence Peyrin livre une très jolie fresque de personnages so british!! En lisant « L’aile des vierges », j’ai été de nouveau plongée dans le monde de Downtown Abbey avec son personnel de maison, sa famille de Lord, celui ou celle qui sort du cadre: Kitty, la collègue de Maggie si naïve; le discret majordome; le couple Colin et Bertha; le fidèle Baptiste; Pippa-ma-chère, la femme du manoir; Sir John, le charismatique Lord qui rêve d’Afrique; et le grand-père Sir Albert toujours à la recherche de sa Clemmie!! Tous ces personnages sont attachants même Pippa-ma-chère dans un sens!! Et les lieux associés à ces personnages sont si parlants que je les ai imaginés tout au long de ma lecture et quand Laurence Peyrin a fait son pèlerinage sur Instagram, ces lieux me sont apparus comme je les avais imaginés. Par sa plume, ses descriptions, Laurence Peyrin sait majestueusement nous plonger entièrement dans son histoire. J’ai été happée dans la vie de Maggie et comme à chaque lecture d’un roman de Laurence Peyrin, j’ai appris et avec « L’aile des vierges », j’ai appris beaucoup sur le combat des femmes pour leurs droits qui sont, à notre ère, si naturels qu’on en oublie vite le combat de nos aïeules.

À propos de Clara Barton, fondatrice de la Croix Rouge: « Elle a commencé par s’occuper d’enfants nécessiteux, en leur faisant la lecture. Elle collectait des fonds, se battait avec les bureaucrates… (Maggie s’emballait dans son histoire, passionnée). Plus tard, pendant la guerre civile, Abraham Lincoln l’a chargée d’identifier les soldats de l’Union morts au combat, pour mettre un nom sur leur tombe. Après, elle s’est battue pour les droits civiques des Noirs. Et pour le suffrage des femmes, comme ma grand-mère. »

J’ai plus qu’aimer lire « L’aile des vierges ». Laurence Peyrin m’a encore transportée avec elle, avec ses personnages, dans ses lieux qui lui sont chers. Laurence Peyrin a une nouvelle fois un travail de recherches incroyable et permet de ce fait rendre si réel son roman. Je lisais et je voyais toutes les scènes passaient devant mes yeux!! Merci Laurence Peyrin!!

« Comme disait notre ami saint Augustin: Elle n’est plus là où elle était, mais elle est maintenant partout où je suis. »

 

 

 

 

Les secrets.

« Les secrets »

d’Amélie Antoine

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Depuis le temps que je voyais ce roman sur Instagram, je voulais sincèrement le découvrir!! Et grâce aux éditions Michel Lafon, j’ai pu lire mon premier roman d’Amélie Antoine, « Les secrets ».

Mathilde et Adrien sont mariés depuis une dizaine d’années. Il manque plus qu’à leur bonheur un enfant. Mais le couple a des difficultés à concevoir. Cela va devenir l’obsession de Mathilde, elle ne vit désormais que pour ça. Son couple avec Adrien vacille… Yascha est un jeune homme de 25 ans qui apprend qu’il est père d’une petite Jeanne sur le tard. Yascha est tombé éperdument amoureux de Mahaut, une femme plus âgée énigmatique et qui le quitte brutalement. Elodie est une jeune maman célibataire qui attend le grand amour. Les destins de tous ces personnages vont se croiser…

« Ils auront un enfant. Peu importe le temps que ça prendra encore, peu importe le prix à payer et les sacrifices à faire. Ils deviendront parents, et elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’un jour, un bébé vienne transformer leur couple en famille. »

La grande originalité de ce roman est sa construction. En effet, il commence par la fin et par la page 391. Sachant cela, je me suis demandée comment Amélie Antoine avait pu raconter l’histoire. Et j’ai été agréablement surprise et j’ai aimé lire cette histoire à rebours! Le début, ou plutôt la fin, du roman commence par une bonne nouvelle: Mathilde est enceinte, enfin!! Mais pour arriver à ce dénouement, Mathilde et Adrien sont passés par des difficultés liés à cette absence d’enfant. Amélie Antoine nous raconte leur histoire, et l’histoire de Yascha et d’Élodie, histoires qui sont liées et dont je découvre au fur et à mesure de ma lecture.

Avoir un enfant quand un couple s’aime paraît si simple. Mais cette simplicité peut devenir une vraie lutte avec ses échecs, ses drames, ses mensonges, ses distances, ses pertes, ses incompréhensions.

« Mathilde ferme les yeux. Elle ne sait pas depuis quand mentir est devenu aussi facile, aussi spontané. Elle ne cherche jamais l’inspiration, les histoires qu’elle invente sortent presque toutes seules de sa bouche. »

En remontant le fil, j’en apprends plus sur Mathilde et surtout sur son enfance et de ce fait, je comprends mieux cette obsession de tomber enceinte… Adrien, son mari, est juste la patience même et il en faut pour continuer d’aimer Mathilde comme il le fait malgré son comportement, son absence psychique, son agressivité; Adrien est le socle de leur couple. Yascha, ce jeune homme, qui devient père du jour au lendemain d’une petite fille plus si petite que ça. Yascha qui tombe amoureux d’une femme, une vraie mais dont il ne sait rien, dont il attend qu’elle se rende disponible pour le voir quelques heures. Élodie, cette jeune femme, maman célibataire qui a laissé de côté ses rêves; qui s’est perdue en tant que femme pour n’être qu’une mère; qui croit toujours à l’amour. Tous ces quatre personnages ont des destin qui sont liés, qui vont créer leurs propres histoires, leurs vies.

Dans « Les secrets », il y est raconté une histoire d’amour, des histoires d’amour, une quête qui peut devenir destructrice, des vies, des passés. Et ces passés construisent le présent, expliquent ce présent, et c’est ça l’essence de ce roman. Notre présent est indissociable de notre passé. J’ai aimé remonter l’histoire de ces personnages, cela m’a permis de mieux comprendre Mathilde, de sentir l’amour d’Adrien, de visualiser le désarroi d’Élodie et de voir grandir Yascha. « Les secrets » est mon premier roman d’Amélie Antoine et j’ai aimé la lire, sa plume, sa psychologie des ses personnages. Et au final, il en ressort que l’amour en fait faire des choses à chacun!!

 

Éparse.

« Éparse »

de Lisa Balavoine

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« Éparse » de Lisa Balavoine paru chez les éditionsJC Lattèsest une nouvelle fois une très jolie découverte grâce aux68 Premières Fois et c’est un coup de cœur pour moi.

Lisa Balavoine se raconte. Elle raconte son passé, son présent; ses doutes, ses amours, sa famille. Elle est Lisa une fille, une mère, une amante. Lisa nous livre toutes ses pensées et sa vie de ce fait.

« On pourrait croire que les choses me glissent dessus. La vérité, c’est que je suis un bloc d’angoisse à moi toute seule, une sorte d’iceberg dont la partie émergée ne représente qu’un infime pourcentage de la masse de stress camouflée sous la surface. Tu ne doutes de rien, je te souris, mais à l’intérieur je suis liquéfiée, fondue. J’absorbe l’amour comma la trouille, j’absorbe pour que rien ne laisse de traces. »

Définition d’éparse: répandu de tous côtés, dispersé, en désordre. Le roman de Lisa Balavoine est en désordre, mais un joli désordre! Tout est dans la construction du roman: il n’y a pas de chapitres, Lisa passe du présent au passé sans transition et sans lien. Cela peut déstabiliser mais pas du tout. Cela tient de la plume de l’auteure qui est fluide et surtout qui emporte le lecteur dans son roman sans crier gare. Lisa Balavoine se raconte mais en lisant « Éparse », j’ai eu le sentiment que Lisa Balavoine raconter mon histoire et chaque lecteur et lectrice va se retrouver dans ce roman.

« Vous vous attachez aux personnes qui ne sont pas disponibles pour vous, qui ne vous accordent pas assez d’attention, dont vous n’êtes pas certaine de l’affection , et vous déployez tous les efforts possibles pour y remédier, pour être choisie, pour être élus, pour obtenir l’attention et l’estime que vous ne vous accordez pas à vous-même car vous pensez ne pas en être digne. Vous assimilez cela à l’amour et vous avez besoin qu’on vous le témoigne chaque jour. »

Avec Lisa, nous avons sensiblement le même âge et quand elle parle du passé, des choses du passé, c’était comme si je discutais avec une amie en fait. Ses confidences, je les ai lues, écoutées comme le fait une meilleure amie surtout quand on a vécu certaines situations, qu’on a eu les mêmes doutes, blessures, interrogations, plaisirs, joies!! Avec ma lecture, je me suis replongée dans les années 80 (et oui ça rajeunit pas!!!), dans la découverte d’internet et téléphone portable, dans mes premiers émois, dans mes déceptions amoureuses, dans ma relation avec mes parents!!

« Éparse » est le premier roman de Lisa Balavoine et pour moi, c’est un roman réussi!! J’ai aimé ma lecture, j’ai aimé lire Lisa Balavoine! Je conseille à tout le monde ce beau roman. Un coup de coeur pour moi!!

Du côté du bonheur.

« Du côté du bonheur »

de Anna McPartlin

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Quand j’ai appris que Anna McPartlin sortait un troisième roman, je trépignais d’impatience de l’avoir entre mes mains!! Et grâce aux éditions du Cherche Midi, mon rêve s’est exaucé et j’ai pu mon plonger littéralement dans « Du côté du bonheur ». Et comme pour ses précédents romans, j’ai eu un gros de coup pour celui-ci!!

Maisie, une irlandaise, a déjà vécu des malheurs jusqu’à ce qu’elle quitte son mari violent et décide de vivre avec sa mère, Bridie, et ses deux enfants, Valérie et Jeremy. Maisie commence à appréhender le bonheur entourée des siens, de sa meilleure amie, Lynn, et elle va même jusqu’à se laisser courtiser par Fred, le policier qui a toujours été à ses côtés quand son mari la violentait. Mais le 1èr janvier 1995, Jeremy et son meilleur ami, Rave, disparaissent mystérieusement… Maisie va mettre tout en œuvre pour retrouver son fils et son ami jusqu’à découvrir un secret qui va changer à tout jamais sa vie…

« Mon fils aîné, Jeremy, a été conçu dans la violence et est mort dans la violence. Mais le temps qu’il a vécu, il a été la lumière de ma vie ». Sa voix se brisa légèrement. Mon doux, mon tendre Jeremy. « Je suis venue vous parler de lui et de ce que sa courte vie m’a appris. »

Quel bonheur d’avoir retrouvé la plume d’Anna McPartlin, cette plume si douce, si bienveillante, et si joyeuse et triste en même temps. Dans « Du côté du bonheur », l’auteure nous livre, à nous lecteurs, un beau message où l’amour est essentiel et c’est le point commun entre ces trois romans, et faire pleurer son lecteur aussi!!! J’y ai retrouvé également la famille et les amis, des valeurs importantes pour Anna McPartlin car c’est autour de ces deux valeurs qu’elle nous plonge dans son univers. Les thèmes abordés ne sont pas les plus évidents: la violence conjugale, la maladie d’Alzheimer, la perte d’un enfant, et … (vous connaitrez l’autre thème en lisant le roman). Mais Anna, grâce à sa jolie plume, ne tombe pas dans le dramatique, bien au contraire.

« Malgré la terreur qui se répandait en elle tel un virus, elle était déterminée à voir les choses du bon côté: pas de nouvelles, bonnes nouvelles. C’était dans sa nature. À l’époque où son mari la battait, elle avait décidé de tenir bon, d’endurer les coups, de protéger ses enfants, de poursuivre sa route quoi qu’il advienne et, malgré les embûches, elle y était parvenue. »

J’avoue: je suis fan d’Anna McPartlin!!! Dans chacun de ses romans, elle aborde des sujets qui peuvent toucher n’importe qui car ils sont universels et à chaque fois, elle délivre un si beau message, même si cela se fait dans la tristesse, que je ne retiens que le positif en fermant le livre. « Du côté du bonheur » se diffère dans sa construction: en effet, l’auteure raconte l’histoire à travers ses personnages chacun leur tour, ils prennent la parole à la suite et livrent leur vécu, leurs émotions à l’instant T et j’ai vraiment apprécié ces points de vue. Cela m’a permis de m’attacher encore plus à tous les personnages (d’ailleurs, je suis tombée amoureuse de Fred mais chut!!) qui dégagent tous une telle empathie!!! Anna McPartlin sait entièrement m’impliquer dans son roman, elle me fait sourire, elle me fait pleurer, elle me fait trembler, elle me fait espérer, elle me fait croire, elle me fait voyager… Bref, Anna, avec ses trois romans, me fait passer par toutes les émotions et c’est exactement cela que je recherche quand j’ouvre un livre.

« J’espère que ce récit a allumé une petite étincelle en vous. J’espère qu’il vous a fait voir les choses sous un autre jour. Quant à ceux qui cachent encore leur véritable identité, je veux que vous sachiez que vous avez droit à l’amour. Tout ce que vous avez à faire, c’est être vous-mêmes et à partir à sa recherche. »

Merci Anna McPartlin pour ce bonheur que j’ai eu en lisant « Du côté du bonheur ». Merci les éditions Cherche Midi pour l’avoir publié. Et merci Benoît pour me l’avoir mis entre mes mains!!!!

L’âge de raison.

« L’âge de raison »

de Jami Attenberg

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Quand j’ai vu passer sur Instagram « L’âge de raison » de Jami Attenberg, je me suis dit que je devais le lire. Et grâce aux éditions Les Escales, cela a été possible et ce roman est devenu un coup de cœur.

Andrea, bientôt quarante ans, habite New-York, est célibataire, enchaîne les aventures amoureuses, boit un peu trop… Andrea a abandonné sa vocation artistique et semble ne pas vouloir entrer dans la vraie vie des adultes. Sa meilleure amie, Indigo, s’est mariée et va devenir maman. Son frère est en couple depuis des années et est papa. Ses relations avec sa mère sont toujours un peu bancales et ce depuis le décès de son père, vingt cinq ans plus tôt. Andrea s’ennuie fortement à son travail mais ne le quitte pas. Elle cherche sa voie en regardant de sa fenêtre un bout de l’Empire State Building qu’elle dessine en espérant… Andrea se sait en marge de la vie dite d’adulte, en marge de sa famille, de ses amis… Va-t-elle arriver à se trouver?

« Ce soir, la quarantaine ne me fait pas peur. Je suis toujours vivante, c’est ce qui compte. J’en suis la première surprise, d’ailleurs. Mes amis lèvent leurs verres et nous trinquons à ce grand miracle: nous sommes toujours vivants. »

« L’âge de raison » est mon premier roman de Jami Attenberg et je suis conquise par cette auteure, son écriture. La lecture de son roman est fluide, je n’ai, à aucun moment, senti de lourdeurs malgré les thèmes abordés. Andrea est un personnage atypique auquel je me suis attachée. Dès le début de la lecture, j’ai ressenti un quelque chose en elle qui faisait ce qu’elle était à l’aube de ses quarante ans: insouciante, désinvolte, sans attache même familiale… Au premier abord, je me suis dit qu’Andrea ne s’intéressait pas vraiment aux autres, à ses amis, son frère et son bébé malade mais en en apprenant plus sur son passé, je me suis rendue compte que c’était totalement l’inverse. Sans le montrer, Andrea s’inquiète des personnes qui l’entourent.

« Je ne m’étends pas davantage sur ce qui fait ma vie en ce moment. Rien sur mes rencontres et mes liaisons amoureuses; rien sur mon boulot, que je hais et qui m’ôte chaque jour un peu de mon âme; rien sur mon frère, qui me paraît très abattu au téléphone ces derniers temps; rien sur mon père, décédé depuis vingt cinq ans et auquel je pense plus que de raison ces jours-ci; rien sur ma mère qui me manque terriblement mais que rien ne convaincra de revenir à New-York… »

Dans « L’âge de raison », Jami Attenberg nous livre l’histoire d’une jeune femme qui décide de sa vie, qui prend ses propres décisions, qui fait ses propres expériences afin de se construire. Cette attitude pourrait penser qu’elle est irresponsable, immature mais en creusant bien, cette femme vit sa vie, sa propre vie. Certains pourraient dire qu’elle sort du cadre… Mais quel est ce « cadre »? Andrea a su, dès son plus jeune âge,  que la norme n’est pas le cadre. Au fur et à mesure de la lecture, de la connaissance du passé d’Andrea, celle-ci montre ses faiblesses, ses cauchemars… Plus j’avançais dans ma lecture, plus Andrea montrait son attachement à ce qui l’entoure, elle se dévoilait d’elle même.

Chacun doit se construire sa vie et même si la société nous trace un chemin bien définit (le travail, le logement, la famille, les enfants), chacun doit se créer son propre chemin et s’il est différent, il faut avancer et ne pas croire qu’il faut être comme tout le monde…