L’homme de Grand Soleil.

« L’homme de Grand Soleil »

de Jacques Gaubil

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« L’homme de Grand Soleil » de Jacques Gaubil, dont c’est le premier roman, paru chez Paul & Mike Editions fait partie de la sélection des 68 Premières Fois et ce roman a été une totale découverte car je n’en ai pas entendu parlé sauf dans le cadre des #68premieresfois!

Docteur Leboucher est un médecin de 50 ans qui a fui la France pour s’exiler au Canada, à Montréal. Il a une vie de célibataire des plus banales. Mais il vit tout de même une aventure spéciale tous les mois quand il doit se rendre dans un village des plus perdus là où il fait le plus froid, le village Grand Soleil. Les habitants de ce village lui font confiance et l’attendent tous les mois. Il y rencontre Cléophas, un homme bien étrange tant par son physique, que par son vécu. Cléophas se plaint de fortes douleurs et le docteur Leboucher va faire des examens pour en savoir plus. Mais ce qu’il va découvrir va bouleverser pas mal de choses dont la vie de Cléophas…

« Après avoir immigré au Québec, la première expression locale que j’ai apprise c’est: « il ne fait pas froid, il fait frette. » Bien que je ne sois pas doué en langues étrangères, j’en ai instantanément compris le sens. Pour le Larousse, la frette est une armature métallique, ce qui démontre que les français n’ont aucune idée du froid. »

Jacques Gaudil m’a totalement fait voyager dans son Canada et surtout dans le Canada non touristique, le plus haut, le plus froid. L’amoureuse du Canada que je suis a été ravie de découvrir tous ces paysages immaculés de blanc, ces températures plus que glaciales mais dont les habitants de ce village Grand Soleil apprivoisent et connaissent par cœur. Et ce village n’a pas toutes ces dernières technologies que l’homme ne peut plus se passer, qui font partie intégrante de sa vie. En fait, c’est toute la force de ce village d’être éloigné de ce nouveau monde. Car l’auteur dépeint un monde moderne assez pessimiste dans lequel son personnage, son médecin peine à trouver sa véritable place. D’ailleurs, en parlant du personnage du médecin, dès le début, j’ai senti qu’il avait des fêlures et c’est celles-ci qui le rendaient si distant des autres, distant de ce qui l’entoure. Cette distante est bien présente même avec l’emploi du « je ». Au fur et à mesure de la lecture, le médecin se dévoile de lui-même ou du fait d’autres personnes. Comme on dit, le voile se dissipe sur lui, ses actions et sur sa façon de protéger Cléophas, cet homme si énigmatique, mystérieux qui a toujours vécu en marge et qui va devoir être confronté à ce monde qu’il ne connait pas. Et le docteur Leboucher va jusqu’à l’envier, envier cette ignorance non négative.

« J’avais compris trop tard que l’ignorance est le germe du bonheur ou tout du moins d’une certaine sérénité. Il suffit de regarder autour de soi pour constater que les imbéciles sont heureux et les savants misérables. Mais il est impossible de désapprendre. »

Dans « L’homme de Grand Soleil », Jacques Gaubil met le doigt sur l’identité de chacun, de l’autre; sur l’appartenance à un groupe, une ethnie; sur la peur de l’inconnu alors qu’il est là depuis toujours.

« Qui suis-je? Depuis des décennies cette question taraudait les esprits comme une acuité sans cesse plus vive. Qu’est-ce qu’être français, ou canadien, ou autre chose? L’homme et la femme sont-ils différents? Suis-je de droite ou de gauche, libéral ou conservateur? Homo, bi ou hétéro? Croyant ou athée? »

L’auteur met en avant également la rapidité des informations, leur facilité d’être échangées dans notre monde actuelle par le biais de toutes ces technologies, par les réseaux sociaux et comment elles sont diffusées sans que leurs conséquences soient prises en compte. De nos jours, nous sommes dans la course effrénée à l’information quelle soit vraie ou fausse. Jacques Gaubil, à travers son histoire, livre une réflexion, s’interroge avec une pointe d’humour et une jolie sensibilité pour l’autre. J’ai aimé lire « L’homme de Grand Soleil », j’ai aimé me retrouver au Canada, j’ai aimé réfléchir avec l’auteur même si j’y ai trouvé quelques longueurs et même si je me suis pas attardée aux références bibliques racontées dans ce roman. Je retiens surtout une belle sincérité dans tout le roman!!

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Une réflexion sur “L’homme de Grand Soleil.

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