Sauvez-moi.

« Sauvez-moi »

de Jacques Expert

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Grâce aux éditions Sonatine, je me suis plongée dans le dernier roman de Jacques Expert, « Sauvez-moi », et il est inutile de présenter ce grand auteur de thriller!

Après avoir passé 30 ans en prison, Nicolas Thomas sort mais personne ne l’attend. Il disparaît peu de temps après et un nouveau meurtre, semblable à ceux pour lesquels Nicolas Thomas a été accusé, est commis. Et une nouvelle fois, Sophie Ponchartrain, la commissaire divisionnaire, reçoit un message: « Sauvez-moi ».

« Elle reconnaît l’écriture nette sur l’enveloppe beige. La lettre a été postée à Clairvaux. Elle l’ouvre sans précipitation, déplie la page blanche. Deux mots seulement, en majuscules: SAUVEZ-MOI. »

Et une nouvelle fois, Jacques Expert a su mettre mes nerfs en boule. Dans « Sauvez-moi », l’auteur nous emmène dans le milieu de la justice ou plutôt de l’injustice. L’intrigue se déroule dans trois périodes différentes: les années 60, 90 et de nos jours. Jacques Expert nous fait suivre le destin de cinq personnages: Nicolas Thomas, l’homme accusé 30 ans plus tôt de sordides meurtres dont il a toujours clamé son innocence; Sophie Ponchartrain, la commissaire qui a extorqué les aveux de Nicolas Thomas et qui enquête sur une série de viols et meurtres; Rachel Bachelard, l’assistante de Sophie Ponchartrain qui lui est dévouée; Guillaume Chambaraud, un homme sur qui s’acharne la commissaire; et André Laforgue, un homme qui accueille les anciens prisonniers dans sa ferme. Jacques Expert s’attache à s’arrêter sur chacun des personnages, à nous livrer leur caractère, leurs pensées… Le lecteur se retrouve dans une ambiance tendue, où tout peut partir en vrille à la moindre étincelle. Et cette étincelle est manipulée par Sophie Ponchartrain, la commissaire qui met très à mal l’éthique policière et judiciaire par ricochet. C’est une manipulatrice qui est absolument prête à tout pour sa réussite et qui n’hésite pas écraser tout sur son passage comme son équipe et son assistante. C’est un personne hautement antipathique dont les méthodes sont effrayantes. Effrayantes car je ne peux que me demander si elles sont coutumes dans la police…

Dans « Sauvez-moi », il est question de coupable, d’innocent, de faits, de mensonges… À chaque page, les mêmes questions pour le lecteur reviennent: qui est coupable? Qui est innocent? L’auteur joue avec ces questions jusqu’à la fin, lance des indices par toutes petites touches, maintient un vrai suspens et arrive à rendre détestable la commissaire.

« Je ne pouvais accepter qu’elle m’oublie. Si je suis là, c’est à cause d’elle. Voilà pourquoi je n’ai jamais arrêté de lui écrire. Il le fallait bien pour lui rappeler que j’existais encore. Je n’ai jamais cessé, pendant toute ma détention. Peu importait qu’elle ne réponde à aucune de mes lettres. Au moins elle savait que moi, je ne l’oubliais pas. »

En lisant « Sauvez-moi », le lecteur ne peut que se poser des questions sur notre système judiciaire, sur notre police et ses méthodes. Le lecteur est troublé, interrogateur, suspicieux… Comme à chaque roman, Jacques Expert sait faire, sait jouer avec son lecteur, sait le tenir en haleine et surtout, il sait le surprendre!

L’homme qui voulait aimer sa femme.

« L’homme qui voulait aimer sa femme »

de Hervé Pouzoullic

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Quand les éditions Anne Carrière m’ont proposée de découvrir le deuxième roman de Hervé Pouzoullic, « L’homme qui voulait aimer sa femme », avec une si jolie couverture, je ne pouvais qu’accepter.

Marc est marié avec Vasilissa, une russe qui a quitté Moscou pour lui, depuis dix ans, a deux enfants, Clara et Mathieu, et un chien, Khrouchtchev. Marc et Vasilissa s’aiment mais la vie de couple a estompé la passion. Marc, un grand romantique, ne supporte pas ce manque de passion et décide d’y remédier. Pour cela, il a la folle idée d’écrire un livre sur sa femme, d’en faire une grande lettre d’amour publiée. Marc va s’y donner corps et âme… Un peu trop d’ailleurs…

« Je pensais à ma femme et les mots se formaient, les phrases s’enchainaient, les paragraphes s’assemblaient. L’écriture n’était pas une souffrance, mais une explorations, une découverte, une libération. J’eus le sentiment de passer davantage de temps avec Vasilissa en deux heures d’écriture que lors de ces deux dernières semaines. Je retrouvai l’émotion de notre première rencontre. »

« L’homme qui voulait aimer sa femme » est le premier roman d’Hervé Pouzoullic que j’ai lu et j’y ai fait la connaissance de son personnage Marc (« Le bigorneau fait la roue » étant son premier roman). Le thème du roman, ne pas faire taire la passion dans un couple, semble louable pour Marc si ce n’est ce qu’il met en œuvre pour cela ou plutôt l’importance disproportionnée qu’il consacre à cette quête… Marc et Vasilissa s’aiment et par amour, Vasilissa a quitté son pays natal, la Russie, afin de suivre son amour Marc en France. Ils sont parents de deux enfants, une bonne situation professionnelle chacun mais voilà, Marc veut retrouver la fougue de leur amour des premiers temps. Jusque là, son intention est, dirais-je, belle car il est vrai que la vie quotidienne avec une famille à gérer fait que l’amour est moins passionnel, moins spontané que lorsque deux amoureux font connaissance jour après jour, s’aiment plus de jour en jour. Et Marc décide d’écrire une lettre d’amour à Vasilissa mais une lettre d’amour qui sera lu par tous car son objectif est de faire publier cette lettre de 300 pages. Mais cette entreprise ne va pas se passer comme le souhaiterait Marc: si Vasilissa s’implique doucement dans ce projet, cela ne va pas durer et l’effet voulu par Marc va dangereusement s’inverser… En effet, pour mener à bien la rédaction de ce roman/lettre d’amour, Marc va oublier sa femme, ses enfants, ses amis, François et Bruno, tout ça pour que son roman soit enfin publié.

« Un homme prêt à tout pour l’amour de sa femme! Un homme qui n’avait pas peur de montrer ses sentiments. On parla de modernité, d’essentiel, de fraîcheur, de différence, de tolérance, d’humanité. »

J’ai aimé la passion de Marc pour sa femme, cette irrésistible envie de bousculer leur couple dans le bon sens mais au fur et à mesure, Marc est apparu presque irresponsable et aveugle au point de perdre tout ce qui lui est cher à son cœur. J’avais qu’une envie: de le secouer, de lui crier qu’il fait fausse route!! Et du coup, je me suis demandée si, à la place de Vasilissa,  j’aurais été capable de supporter cette attitude, cette façon de ne plus s’intéresser à ce qui l’entoure étant lui-même plonger dans un état second, un état d’écriture perpétuelle. En fait, ce roman a un côté loufoque attachant. Et cela passe par Marc, François et Bruno ses deux amis à qui ne sont pas en reste pour des situations assez invraisemblables, et par Khrouchtchev son chien obsédé, mal propre mais affectueux 😉 « L’homme qui voulait aimer sa femme » est un roman dont j’ai pris plaisir à lire, à découvrir cette aventure livresque de Marc et j’ai envie de lire le premier roman d’Hervé Pouzoullic pour savoir comment Marc a rencontré sa femme Vasilissa.

Je suis comme vous, unique!

« Je suis comme vous, unique! »

d’Astrid El Chami

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Quand Astrid El Chami m’a proposée de recevoir son roman, « Je suis comme vous, unique! », je ne pouvais pas refuser, bien au contraire, et j’en fus ravie!

Emma Chamfort a 25 ans, est parisienne, accumule les boulots après son diplôme de journalisme. Emma fait le bilan de ses premières vingt cinq années et celui-ci est plutôt décevant à ses yeux. Commençant un nouveau travail, Emma décide de prendre un nouvel élan. Mais son couple n’est pas au mieux et sa maman est malade. Cependant, Emma souhaite que ses 25 ans soient enfin son année.

« Extraordinaire! J’avais l’impression d’être dans une fiction à l’américaine, du genre Friends ou Sex and The City. Ces scénarios vraiment clichés qu’on envie toutes. Ces copines qui s’embrassent à tout bout de champ, qui se retrouvent pour un shopping improvisé, autour d’une boîte de kleenex à cause de Pierre-Paul-Jacques, à un cours de cuisine parce qu’elles fantasment sur le cuistot, ou encore le surréalisme dans toute sa splendeur: autour de la table d’accouchement en train de filmer celle qui va propulser sa progéniture. Ça, c’est presque nous! Trois copines qui partagent tout et n’importe quoi, prêtes à se damner pour sauver la peau de l’une d’entre nous s’il le fallait. »

Je pensais que « Je suis comme vous, unique! » était un roman feel-good comme chaque lecteur aime lire pour avoir le sourire! Si ce livre est un roman feel-good mais pas que car Astrid y parle de la maladie de sa mère, un cancer dont elle décède et elle le fait avec bienveillance sans jamais tomber dans le pathos, bien au contraire.

« Certains me disent que je n’ai pas fait mon deuil et que je ne la laisse pas partir. Dans un rêve, elle est venue me dire qu’elle avait trouvé la paix. « Faire son deuil », ça fait partie de ces grandes phrases toutes faites. Quelle étrange façon de voir les choses. Maman me manquera jusqu’à mon dernier souffle. J’attends toujours ce jour où je la reverrai, c’est ce que je me dis chaque soir dans mon lit quand je ferme les yeux et que je pense à elle. À travers ce terrible épisode, j’ai aussi appris à adorer la vie à sa juste valeur. Quant à ma peine qui demeure encore, un jour viendra où elle s’en ira… »

Ce roman est tour à tour touchant et drôle. Drôle car le personnage d’Emma est pétillant, a le sourire et il lui arrive des situations assez amusantes dans le cadre de son travail, avec ses amies, ses amoureux. Touchant car à 25 ans comme à n’importe quel âge, il est difficile de perdre sa mère. Emma veut réussir dans sa vie professionnelle et afin de trouver sa voie, elle fait plusieurs boulots: vendeuse aux Galeries Lafayettes avec ces dessous, puis elle travaille pour un grand coiffeur pour sa boutique de vêtements. Elle y côtoie la haute bourgeoisie parisienne et nous la livre avec humour. Emma est la jeune femme dynamique, parisienne et battante. Elle est sensible, avenante, pertinente et j’ai eu envie d’avoir Emma comme amie.

« Je suis comme vous, unique! » est divisé en trois parties. La première partie correspond aux différentes tribulations d’Emma et la maladie de sa mère. Les deux autres parties ont le même début qui est la rédaction de son livre car Emma écrit. Il y a donc deux fins possibles à ce roman et bien évidemment, à la fin, je me suis demandée quelle était la vraie fin et surtout, cela donne évidemment très envie de lire le tome 2. J’avoue que je m’attendais pas à avoir deux fins possibles ce qui m’a un peu déstabilisée quand j’ai commencé la lecture de la troisième partie. Mais ce sentiment n’a pas duré longtemps et je me suis vite remise à suivre avec plaisir les folles aventures d’Emma! Et maintenant, il me faut lire le deuxième roman d’Astrid qui, je suis sûre, sera encore mieux que le premier!

De joie coulent mes larmes.

« De joie coulent mes larmes »

de Lena Walker

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Grâce aux éditions Michel Lafon, j’ai pu lire le dernier roman de Lena Walker, « De joie coulent mes larmes » qui se lit avec plaisir.

Romy, une trentenaire, est revenue à Saint-Tropez pour vivre avec sa grand-mère, Mamilou, qui l’a élevée. Elle a quitté son poste de juriste à Nice, embarqué son petit ami Nicolas et vit dans sa ville natale depuis un an en étant vendeuse de soufflés tropéziens, une vie des plus banales. Un jour, elle fait la connaissance de Jean-Luc, le médium des stars, qui lui prédit un changement radical dans sa vie. Et cela commence par la trahison de son fiancé qui l’a trompe avec sa meilleure amie. Dès ce moment, Romy va tout abandonner et tenter de réaliser ses rêves…

« J’ai compris une chose: on fait des erreurs, mais on rebondit et on apprend de ses échecs pour ne pas les reproduire. C’est ce qu’a fait Mamilou avec moi. Elle a perdu sa fille, elle a tout fait pour ne pas me perdre. Peut-être que c’est ça, le bonheur? Profiter pleinement des gens qu’on aime, parce que ensuite vient le temps des regrets, parce que ensuite vient le jour où les gens qu’on aime ne sont plus avec nous. »

« De joie coulent mes larmes » est le roman de l’été qui vous fera voyager à Saint-Tropez, Paris et New-York! Sans me rendre compte, je l’ai lu rapidement car j’étais plongée dans l’histoire avec Romy, Mamilou, Paul, Cécile, Renaud… Comme beaucoup d’entre nous, Romy a des rêves: elle rêve d’être une star du petit écran, mais ces rêves sont mis de côté car ce n’est pas le moment, car nous n’avons pas rencontré les bonnes personnes… Mais Romy va voir sa vie se chambouler et va tenter sa chance dans le milieu qui lui fait tant envie. Elle va provoquer sa chance alors qu’elle ne s’en croyait pas capable.

« Il faut absolument que j’arrête de croire qu’à chaque instant, je joue le match de ma vie: en réalité, il n’y a pas de bons ou mauvais choix, car chaque décision m’aide à franchir une étape, et je viens seulement de comprendre que le bonheur peut surgir à tout moment. Je n’ai pas de problème, je n’ai pas besoin de chercher le bonheur. Il est là, devant moi, je le ressens, je le sais. J’ai tout simplement besoin de l’accueillir et d’accepter de le voir grandir. »

Lena Walker nous délivre des messages dans son roman: croire en ses rêves, ne jamais désespérer, croire en l’amitié, en l’amour. Malgré les épreuves que la vie nous réserve, il ne faut cesser de croire et surtout, il faut se donner les moyens d’atteindre nos rêves et ce malgré les embûches que chacun rencontre, rencontrera dans sa vie. Je me suis reconnue un peu dans le personnage de Romy car comme elle, j’ai des rêves; la vie a semé des embûches sur mon chemin; et comme Romy, je me suis relevée, avec le soutien de mon entourage. Chacun se reconnaîtra dans « De joie coulent mes larmes ».

Je me suis attachée aux personnages de Lena Walker: Romy, cette jeune femme qui se laissait vivre et va enfin se bousculer; Mamilou, la grand-mère si grand-mère qui a agit en pensant bien faire; Paul, l’ami de toujours qui est un soutien indéfectible; Cécile et Renaud, les nouveaux amis parisiens dont le soutien est essentiel; Claude, la figure paternelle de Romy qui va s’avérer être un pilier pour Romy. Et quel plaisir de découvrir le Saint-Tropez de Romy et Mamilou, leur village. Quelle découverte aussi que sont les coulisses du petit écran: un milieu bien à part où tous les coups sont permis. Et Lena nous raconte tout cela avec sa plume douce, bienveillante, sincère qui fait que je n’ai pu lâcher mon livre jusqu’à la fin! « De joie coulent mes larmes » est un roman qui fait du bien!!

 

Ta vie ou la mienne.

« Ta vie ou la mienne »

de Guillaume Para

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J’avoue: j’avais très hâte de recevoir « Ta vie ou la mienne » de Guillaume Para, des éditions Anne Carrière, dans le cadre des 68 Premières Fois. Et mon impatience a été récompensée!

Hamed Boutaleb se retrouve orphelin à treize ans et va vivre avec son oncle et sa tante à Saint-Cloub. Hamed va se passionner pour le football dans lequel il excelle. Il y rencontre François, un blanc mal mené par l’équipe de foot, et qui va devenir son meilleur ami. Puis, à seize ans, Hamed rencontre l’amour en la personne de Léa qui fait partie de la haute bourgeoisie, un milieu bien loin du sien. Ils s’aiment à en défier leurs différences. Mais un soir, leurs vies vont être entièrement bousculées… Hamed va faire 4 ans de prison où la violence y tient une trop grande place, violence qu’il avait pourtant oubliée… Comment Hamed va revenir de là?

« La captivité est quelque chose qu’on garde en soi, Hamed, c’est comme ça. Faut vivre avec ce qu’on a fait, avec ce que tu as fait sans fuir. Tu sais, la première fois que j’ai rencontré Christine, derrière son bureau, elle m’a dit: « Quand il y a une tempête, ça ne sert à rien de chercher à l’éviter. On doit apprendre à danser sous la pluie. » C’est peut-être une phrase à la con, mais, moi, elle m’a aidé. »

« Ta vie ou la tienne » est un roman puisant qui ne peut laisser indifférent… Guillaume Para y aborde les thèmes de notre société actuelle: la violence, les banlieues, les différences, l’amitié, la famille, l’amour, la passion, le milieu carcéral… La vie de Hamed est faite de violence: sa mère meurt en le mettant au monde, son frère décède d’une balle, son père est un alcoolique violent… Alors quand Hamed va vivre chez son oncle et sa tante, il découvre la famille, la vraie, celle qui aime, qui soutient, accompagne. Même sur le terrain de foot, Hamed sait ne pas utiliser la violence, sauf pour défendre François, un riche qui va devenir son meilleur allié. Les deux amis partagent l’amour du ballon rond, leur passion et quel plaisir de lire les mots de l’auteur, lui même passionné de foot, nous décrire les scènes dignes d’un Zizou! Hamed va se réaliser à travers sa passion pour le foot.

« Mais petit à petit, le mépris de Boutaleb s’était estompé et ce dernier avait commencé à apprécier le gosse de riches: désintéressé, honnête, François venait à lui les bras ouverts, juste parce qu’il l’aimait bien. Hamed découvrait à travers ce garçon ce qu’il y avait de bon à avoir été préservé par la vie. Il se demandait aussi comment ce type, capable de redevenir un enfant lorsque certaines choses l’émerveillaient, avait pu résister, ne jamais baisser les yeux quand il se faisait tabasser par des plus costauds que lui. Hamed finit par respecter cet étrange personnage, puis par l’admirer. »

Mais la violence est omniprésente dans ce roman et se cache dans des foyers bien pensants… Et cette violence cachée va détruire Hamed et Léa, va pousser Hamed à tout sacrifier par amour et à se retrouver en prison où la violence est la loi. Hamed n’est plus lui même, il n’est que douleur violente… La question est de savoir si on peut échapper à la violence connue depuis toujours, au milieu carcéral qui brise un homme… Guillaume Para nous livre ces interrogations et ses propres réflexions. Les mots de l’auteur apportent une telle justesse au récit que j’ai visualisé toutes les scènes, scènes si réalistes. Et cet amour qui se dégage de toutes ces pages est essentiel: l’amour de la famille d’Hamed, de Léa, de François et de sa famille. L’amour est au centre de « Ta vie ou la mienne » car c’est l’amour qui a fait basculer la vie d’Hamed…

Le premier roman de Guillaume Para est pour moi un roman intense et poignant qui mériterait d’être adapté au cinéma…

Rendez-vous avec le crime.

« Rendez-vous avec le crime »

de Julia Chapman

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Rien que par sa couverture, je voulais lire « Rendez-vous avec le crime » deJulia Chapman. Et grâce à la meute des éditions La Bête Noire, j’ai découvert ce premier tome de la série Les détectives du Yorkshire et vivement le tome 2!!

Après quatorze ans d’absence, Samson O’Brien, policier, revient dans sa ville, Bruncliffe dans le Yorkshire, et ouvre une agence de détectives. Samson avait précipitamment quitté la ville et son retour ne passe pas inaperçu. De plus, il loue ses locaux à Delilah Metcalfe qui elle, tient une agence de rencontres. D’ailleurs, l’agence de rencontres de Delilah paraît être le point commun entre plusieurs meurtres commis dans la région et sur lesquels Samson enquête…

« Un humour sans filtre. Des opinions tranchées. Il n’y avait que dans les Vallons qu’on prenait la vie avec un tel détachement. Depuis le tout premier « salut » accompagné d’un sourire chaleureux et d’une poignée de main ferme. Samson s’était senti à son aise. 14 ans qu’il était parti, et en l’espace de quelques minutes, il s’était senti complètement chez lui. »

« Rendez-vous avec le crime » est un polar so british!! Tout y est: la ville nichée dans le Yorkshire, son pub, ses habitants qui se connaissent tous depuis toujours, ses tasses de thé, ses soirées au pub, son humour anglais!! Bruncliffe est une ville où tous se connaissent, où tout se sait donc le retour de Samson dans cette ville n’est pas passé inaperçu et il a eu un droit à un comité d’accueil pas des plus chaleureux. Au cours de ma lecture, j’en ai appris plus sur le personnage de Samson, sur les raisons de son départ quatorze ans plus tôt mais il reste tout de même encore quelques mystères comme le fait qu’il ait quitté son poste d’agent infiltré de la police… Et Delilah, quel personnage aussi et qui va devenir apprenti détective au côté de Samson afin de résoudre cette série de meurtres qui concernent ses clients de son site de rencontres… Au fur et à mesure, les relations entre les deux deviennent plus harmonieuses et vont devenir un duo efficace! Avec « Rendez-vous avec le crime », j’ai été voyagé dans cette Angleterre typique je dirais! Je me suis attachée à tous ces personnages si caractéristiques. J’ai suivi avec envie l’enquête de Samson, la soirée speed-dating organisée par Delilah, la soirée fléchettes au pub. Julia Chapman a su décrire le Yorkshire avec ses routes sinueuses, sa verdure, sa pluie (ben oui, on est en Angleterre tout de même!). Son écriture est simple, sans fioriture qui donne de ce fait un réalisme évident des personnages et de l’histoire. L’enquête sur ces morts mystérieuses est le fil rouge mais les personnages deviennent petit à petit essentiel et leurs passés, les relations entre eux s’intègrent dans l’intrigue.

Julia Chapman, dans ce premier tome de la série « Les détectives du Yorkshire, pose les bases: elle décrit l’ambiance de la ville de Bruncliffe, les paysages; dresse un portrait des personnages qui seront certainement récurrents; elle nous livre quelques éléments du passé de Samson mais sans tout dévoiler et cela donne envie d’en savoir plus sur lui, sur ses réelles motivations à revenir dans sa ville natale. L’auteure a créer un duo prometteur qui sait mener l’enquête: Delilah-Samson! Tout est réunit pour avoir envie de connaître la suite car des questions restent en suspens… « Rendez-vous avec le crime » est typiquement british!! J’ai aimé ma lecture ponctuée de l’humour british et des situations assez burlesques dont les anglais ont le secret! Et quel voyage dans cette jolie campagne anglaise où chaque habitant sait mettre son grain de sel un peu partout!! J’ai hâte de connaitre la suite et d’en apprendre encore plus sur Samson et Delilah, et sur les habitants de Bruncliffe si attachants à leur façon!!!