Goldman sucks.

« Goldman sucks »

de Pascal Grégoire

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J’avoue que la première chose qui m’a attirée dans ce roman, « Goldman sucks » de Pascal Grégoire des éditions Cherche Midi, est sa couverture et sans connaître l’histoire, je voulais le lire!! Et c’est chose faite grâce au Cherche Midi!!

Corentin Pontchardin a tout dans sa vie: un bon job au ministère de la finance, une femme et une fille, un bel appartement, tout pour être heureux. Mais voilà, Corentin subit la crise de la quarantaine et la crise des subprimes américaine et là, plus rien ne va. Il trompe sa femme, démissionne et pour couronner le tout, un article sur lui sort dans la presse. Corentin décide de pas se laisser faire et part aux États-Unis mené une guerre contre la puissante banque Goldman Sachs, responsable de sa déchéance. Il y emmène sa femme, Camille, sa fille, Fleur, et ses beaux-parents, Louis et Jacqueline. Démarre une nouvelle aventure pour toute la famille…

« Back to the future, il faut revenir en arrière, contrôler les hedge funds, limiter les bonus, interdire les produits toxiques. Revenir au principe d’une voix égale un vote, en finir avec une bonne fois pour toutes avec un dollar égale un vote. Le rêve américain s’est transformé en cauchemar mondial, même les plus riches sentent que la marmite est prête à exploser. Ils distribuent une partie de leur fortune pour rééquilibrer le système: mais non, ce ne sera pas suffisant, monsieur Gates or monsieur Buffet! »

Mon impression avec la couverture de « Goldman sucks » était bonne car j’ai passé un super moment avec cette famille qui en connu pas mal de déconvenues, qui a su les mettre à profit et qui en a fait sa force! Pascal Grégoire raconte la crise financière subie par tous avec les subprimes imposées aux États-Unis et dans ce roman, l’auteur nous explique, en romançant, cette crise ici en France par l’intermédiaire de cette famille. Tour d’abord Corentin: il a une très belle carrière financière au sein du ministère des finances mais prenant un peu trop de zèle, il va se confier à une jeune et jolie journaliste qui va, et franchement je la voyais venir, s’en servir contre lui et écrire un article à sa décharge… Au même moment, Camille lui a demandé de partir vu qu’il la trompe avec cette même journaliste; leur fille Fleur est arrêtée par la police municipale car ses parents n’ont pas payé la cantine; et sa belle-mère est renvoyée de la maison de retraite pour les mêmes raisons… Cela en est de trop pour Corentin et il va se faire la voix des petits contre les gros!! Et toute la famille part en roadtrip aux États-Unis contre la banque mondiale!!

« Nous sommes les descendants de Coluche, les nouveaux résistants, les empêcheurs de tourner en rond, les justiciers au grand cœur… Nous sommes les vengeurs des destins brisés, nous sommes des terroristes en lutte contre la finance mondiale. Oui, Jacqueline, nous sommes Les Nouveaux Prophètes. »

« Goldman sucks » est un roman sociétale qui traite de la crise financière et du plein pouvoir des grosses banques. Mais attention, cela n’est pas un roman fastidieux qui pourrait ennuyer bien au contraire!! Je me suis nullement ennuyée pendant ma lecture et ce roman est écrit avec une jolie plume où les sentiments ont une place de choix, où les relations sont au centre, où ensemble est primordial pour faire bouger des montagnes!! Pascal Grégoire a écrit un roman joyeux où toute une famille s’unit pour se battre contre le géant, qui va rassembler les foules, se faire entendre et tout cela dans la bienveillance, dans la quête de son prochain!! « Goldman sucks » est le roman à lire pour oublier l’individualisme que nous pouvons ressentir à certains moments et surtout, c’est chouette de rencontrer une famille si proche qui ne baisse pas les bras et sait se mobiliser!!! Vive la famille Pontchardin!!

Pascale Grégoire a écrit un premier roman et il a bien fait!!!

La dérobée.

« La dérobée »

de Sophie De Baere

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Encore un premier roman qui est, pour moi, une très jolie réussite!!! « La dérobée » de Sophie De Baere paru chez les éditions Anne Carrière, je l’attendais impatiemment et mon impatience a été récompensée par cette lecture. Et je remercie les éditions Anne Carrière pour ce roman.

Claire, la quarantaine, vit une ville des plus classiques: elle est mariée à François depuis vingt ans, est caissière sur une aire d’autoroute, vit à Nice, a de grands enfants. Sa vie est troublée lorsque réapparaît Antoine, son grand amour de jeunesse. Antoine s’installe, avec sa femme Paola, dans l’appartement juste au-dessus de Claire et François. Le passé refait surface avec l’arrivée d’Antoine comme cette attirance  pour lui… Claire ne pourra se dérober…

« Il n’a pas tellement changé au fond. Il a toujours la beauté piquante du doute et de la distante, le charme de celui qu’on n’étreint jamais tout à fait. Ou seulement un court instant. À la dérobée. J’ai dilapidé mes plus belles années à l’attendre puis à l’évincer de ma mémoire, alors… je dois détaler. Vite. »

Éviter, se dérober, c’est ce que souhaite en premier Claire quand elle revoit Antoine, cet amour qu’elle pensait avoir oublié… Mais comme à ses 15 ans, elle ne va pas pouvoir car Antoine a une emprise sur elle qui la fait presque exister, elle, Claire, une femme qu’on oublie vite…

« Il faut dire que je suis de ces filles qu’on ne remarque pas vraiment. Je suis de ces filles qui n’osent pas et qui se taisent. Je ne monte pas sur les tables en chantant et je dans dans un coin sombre de la salle de bal. Je suis de celles qui, la soirée entière, sirotent un kir framboise en hochant la tête avec un sourire inoffensif. »

« La dérobée » est ce roman que le lecteur ne peut lâcher car il est happé par l’histoire. Sophie De Baere a su me rendre accroc à Claire, à son passé, sa vie, son amour pour Antoine. Avec une écriture aérienne, l’auteure m’a emmenée avec son personnage dans sa réflexion sur le couple, sur l’amour, sur une vie si banale… mais pas que puisqu’au milieu de tout ça,  la disparition tragique, à l’époque de leur jeunesse, d’une jeune femme resurgit aussi car c’est à ce moment là que l’histoire d’amour entre Claire et Antoine a pris fin… Il y est question également d’adultère car Claire et Antoine ne vont pas réussir à taire leur passion, leur amour qui donne un autre goût à la vie de Claire, elle se sent vivante dans les bras d’Antoine, ce qu’elle n’a jamais ressenti avec François même au début de leur histoire, François avec qui elle vit à ses côtés…

« On ne peut pas dire que mon existence soit un écrin de béatitudes, mais elle ne m’apparaît pas non plus comme un lourd fardeau. C’est plutôt un bain moussant qui tiédit et qu’on hésite à quitter car on s’y est trop alangui. Malgré la peau qui fripe. Malgré la mousse qui s’étiole et nous signifie qu’il faut sortir. »

J’ai aimé le personnage de Claire qui peut être soi-même, son amie, sa voisine. C’est une femme qui vit sa vie sans excès, sans vague mais à qui il manque l’essentiel et cet essentiel est Antoine, l’amour, l’unique. Il est difficile d’en vouloir à Claire car elle s’en veut déjà tellement toute seule de vivre cet amour à la dérobée. Mais ce roman n’est pas qu’une histoire d’amour; c’est aussi une enquête sur la mort d’une jeune fille, sur des actes de violence sur jeune fille; des réflexions sur les différences sociales. « La dérobée » interroge sur beaucoup. Et Sophie De Baere nous livre son roman avec un certain vécu, ou pas…

« La dérobée » est un premier roman, un premier roman réussi, et un roman coup de cœur pour moi. Et si vous voulez en savoir un peu plus sur Sophie, son auteure, allez jeter un coup d’oeil sur le bol de Au fil des livres 😉

Parce que la vie ne suffit pas.

« Parce que la vie ne suffit pas »

de Nathalie Longevial

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« Parce que la vie ne suffit pas » de Nathalie Longevial est son premier roman que Nathalie a auto-édité avec Librinova et c’est tout naturel que j’ai accepté de le lire (un premier roman est si important pour son auteur!)!

Marie décide d’arrêter d’écrire son roman du fait de sa vie si banale. Écrivain est pourtant son rêve. Alors son mari lui offre, par son non-anniversaire, un séjour dans une résidence d’auteurs afin qu’elle retrouve son envie d’écrire. Là-bas, les doutes de Marie sont encore plus exacerbés au contact de tous ces autres écrivains…

« Il y a bien une histoire que tu t’es jurée d’écrire? Non, il n’y en avait pas. Je n’avais aucune revanche à prendre sur mon enfance, sur l’amour de ma mère ou celui de mon père, aucun combat à mener. Aucun rééquilibrage à faire. Ma foutue vie était on ne peut plus heureuse. »

En lisant « Parce que la vie ne suffit pas », j’ai ressenti toute l’énergie, l’envie de Nathalie d’écrire son propre roman et cette peur de la feuille blanche que tout écrivain craint! En plus des difficultés d’écrire un roman, se pose ensuite le problème de se faire éditer. C’est un sacré chemin que de faire connaître son livre aux yeux de tous.

« Je voudrais arrêter de stagner dans le fantasme de l’écriture et me confronter à la réalité de l’œuvre écrite, qu’elle soit bonne ou mauvaise, et me dire que je ferais mieux la prochaine fois. En fait, je préfèrerais qu’elle soit bonne! Dis-je en riant. C’est me prouver que j’en suis capable, que je n’ai pas fait tout ça pour rien et passer au suivant. Pour l’instant je crois que je m’en fiche s’il n’est pas édité. Ce n’est pas ce qui compte. »

Le monde de l’édition est grand et il faut arriver à se faire un nom et surtout « taper dans l’œil » d’une maison d’édition. Heureusement qu’il existe l’auto-édition que Marie a choisit, tout comme l’auteure Nathalie et c’est courageux!

Dans cette résidence d’auteurs, les différents écrivains ont chacun leur difficulté pour mettre des mots sur une page, ils sont chacun des secrets qui se dévoilent au cours de la lecture et qui expliquent leur ressenti face à l’écriture. Et comme tout artiste, certains sont des écrivains torturés ce qui est le cas de Marie et de Jacques, un des organisateurs de cette résidence. Marie et Jacques vont se suivre durant ce séjour, vont jusque s’aider. Ce séjour dans cette fameuse résidence va-t-elle être salvatrice pour Marie qui s’est donnée cette dernière chance pour enfin écrire son roman? Et il est certain que Marie a un certain talent pour l’écriture quand on découvre les 4èmes de couvertures qu’elle écrit sur les personnes qui croisent son chemin et j’ai vraiment aimé ces 4ème qui sont pleines d’humour!!

Nathalie Longevial a une jolie plume qui se lit avec facilité. Petit bémol pour moi: j’ai trouvé une petite longueur mais vite atténuée par mon envie de savoir si Marie va réussir ou pas à écrire son premier roman donc Nathalie a su me communiquer son envie!! Et cette couverture est sincèrement très jolie, couverture dessinée par sa fille (fille qui a d’ailleurs dessiné aussi un tote bag Sezane!!!!). Merci Nathalie pour votre roman et chacun attend votre deuxième 😉

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique.

« Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique »

de Balli Kaur Jaswal

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Merci au Cercle Belfond de m’avoir permise de découvrir ce roman au titre très prometteur, « Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique » de Balli Kaur Jaswal.

Nikki, une jeune londonienne de vingt deux ans d’origine indienne, cherche un boulot car elle n’est que serveuse dans un pub juste en dessous de chez elle. Elle répond à une annonce pour animer un atelier d’écriture réservé aux femmes. Mais voilà, les femmes indiennes venant dans ce groupe sont de tout âge, veuves et pour la plupart analphabètes. Et surtout, elles veulent développer leur sacré imagination et se raconter: la vie de famille, les traditions indiennes, leur vie sexuelle… Et ce club prend de l’ampleur à chaque semaine…

« On ne s’oppose pas, dans la vie. On accepte et on s’adapte, point. C’est ce que j’ai fait quand mon mariage a été arrangé. Et quand est venue l’heure de mes filles, elles connaissaient leurs devoirs. »

J’ai beaucoup aimé la lecture de ce roman car Balli Kaur Jaswal a su transmettre les difficultés des femmes orientales dans notre monde occidental, entre leurs traditions et leur besoin d’être libre. J’ai appris beaucoup des traditions indiennes qui sont pour moi un peu inexplicables car rétrogrades dans notre société actuelle. Ce roman alterne entre humour et moments plus sombres mais toujours avec délicatesse. Tout d’abord, le personnage de Nikki est la trame de l’histoire: elle est d’origine indienne, a quitté ses études de droit contre l’avis du père, a quitté sa famille sans être mariée et vit de petits boulots. Nikki s’est totalement adaptée à la vie londonienne mais a toujours ce poids des traditions quand même. Dans son club, toutes ces femmes sont ancrées dans les traditions, qui les empêchent de se sentir libres et par l’intermédiaire de ce club, elles vont se libérer en exprimant leurs fantasmes aussi bien sexuelles que tout simplement de leur vie rêvée. L’auteure manie avec justesse l’évocation de ses traditions assez entra-vantes et ce besoin vital de vivre pour elles-mêmes. Nikki va les pousser discrètement à s’exprimer et va les suivre. Les femmes vont se laisser aller à la littérature érotique qui crée des moments vraiment amusants entre elles mais cette littérature leur permet surtout  de se libérer la parole. Cependant, il reste un évènement tragique qui lie en quelque sorte toutes ces femmes et dont les non-dits créent des frictions, des désaccords que Nikki va chercher à comprendre. Et même Nikki va en apprendre plus sur elle même et sur sa famille grâce à ce club.

« Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique » est un roman qu’il faut lire. Ce roman apporte beaucoup: des connaissances de la culture pendjabi, des conditions des femmes indiennes et c’est surtout un roman sur le partage, l’écoute et il a un vrai côté féministe mais dans le bon sens du terme. L’auteure nous fait souvent sourire, réfléchir, émouvoir et même s’indigner!! Je conseille fortement la lecture de ce roman et quand on sait que l’actrice américaine Reese Witherspoon l’a choisit pour son propre bookclub, il est temps de le lire 😉

Avec des Si et des Peut-être.

« Avec des Si et des Peut-être »

de Carène Ponte

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J’avais hâte de pouvoir lire « Avec des Si et des Peut-être » de Carène Ponte après l’avoir découverte avec « Tu as promis que tu vivrais pour moi ». Et je remercie les éditons Michel Lafon pour cette lecture.

Maxine est une jeune professeur de français qui vit en colocation avec Claudia et sa chienne Darcy. Elle voit très régulièrement ses amies et sa sœur. Maxine croit beaucoup aux signes, aux messages que lui enverraient l’Univers. Cependant, Maxine est une adepte des « et si », « et peut-être » à un point obsessionnel! Et si l’Univers décidait autre chose pour Maxine…

« À quoi bon s’interroger sur quelque chose qui n’est pas arrivé et qui n’arrivera jamais… À quoi cela peut-il servir si ce n’est à se faire du mal? C’est comme ça. Réécrire sa vie, c’est aussi prendre le risque de modifier des choses auxquelles on tient. Un peu comme s’il y avait des effets secondaires. Alors non, je ne me demande pas. Je vis au présent, je regarde devant et j’avance. »

Le titre, « Avec des Si et des Peut-être », de ce roman m’a fait penser à ce que me disait ma maman: « avec des si, on ne refait pas le monde » et c’est là tout le thème du dernier livre de Carène Ponte. Car qui ne sait jamais demandé quelle serait sa vie si elle avait fait un autre choix à tel moment (je veux que cette personne lève la main!!). Pour ma part, je suis comme Maxine car cette question est récurrente chez moi. Et Max, cette question, elle se la pose souvent, très souvent, et c’est devenu un trait d’humour avec ses amies et sa sœur. J’ai beaucoup aimé le personnage de Max et pas seulement parce qu’elle a un cocker!!! Elle est touchante avec son côté naïve, la tête dans la lune mais toujours positive. Max sait bien s’entourer: ses amies sont extra, sa relation avec sa sœur est jolie, le proviseur de son lycée est juste canon et ses élèves sont en fait très cool! À force de se demander comment serait sa vie, Max va connaître un grand chamboulement dans sa vie justement et cela va être vraiment déstabilisant (je vous en dis pas plus, faut lire ce roman pour savoir!) mais Max va toujours garder son humour!

« Imaginez qu’on ait la possibilité de savoir ce que serait notre vie si l’on avait fait un autre choix? »

« Avec des Si et des Peut-être », Carène Ponte raconte à ses lecteurs les choix que nous faisons et les conséquences sur notre vie qui sont, en fait, pas si mal!! L’auteure aborde cela avec beaucoup d’humour et cela permet de relativiser et de se dire soi-même que nos choix ont sûrement une bonne raison! J’aime quand les chapitres sont courts, je trouve que cela met plus de rythme à l’histoire! Et quel plaisir de retrouver à certains moments, les personnages du précèdent roman de Carène, « Tu as promis que tu vivrais pour moi »!! Comment ne pas apprécier également ses petites touches personnelles en bas de certaines pages, des touches très humoristiques qui ne peut que donner le sourire!! Et au final, Carène Ponte délivre un message que chacun interprétera comme il le souhaite.

« Tu te souviens de ce que tu disais quand j’étais petite? Quand les gens que l’on aime ne disparaissent jamais complètement, qu’ils restent là avec nous et que l’on peut faire appel à eux si on en a besoin. J’avais six ans et notre chienne venait de mourir. Cette pensée m’a réconfortée pendant des années avant de s’effacer devant les réalités de la vie. En même temps que la petite souris et le père Noël. »

Je ne peux que vous conseiller cette lecture au bord de l’eau, sur une plage, sur un transat, un verre à la main, n’importe où en fait car vous allez passer un moment agréable!!

L’anniversaire.

« L’anniversaire »

de Robyn Harding

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« L’anniversaire » de Robyn Harding est le dernier livre lu de l’année lu avec la #teamthriller du Cherche Midi et il conclue en brio cette super année!

Hannah, élève dans un lycée américain huppé, vient d’avoir seize ans et va les fêter chez ses parents en compagnie de ses amies, ses deux amies d’enfance et ses deux nouvelles amies populaires du lycée. Ses parents, Kim et Jeff Sanders, enfin surtout sa mère, lui dicte des règles: pas d’alcool, pas de drogues, pas de garçons… Mais elles ont seize ans, elles transgressent les règles et l’anniversaire vire au cauchemar… Et c’est le couple Kim et Jeff qui éclate et les secrets et mensonges vont se dévoiler… Les amies vont devenir des ennemies…

« Cette nostalgie pour la cantine bruyante et nauséabonde était ridicule, songea-t-elle. Sa vie était banale, alors. Marta et Caitlin étaient sympas, faciles à vivre, mais elles ne la stimulaient pas, elles ne l’exaltaient pas, pas comme Noah, Adam et Lauren. Peut-être que ce à quoi elle aspirait vraiment, c’était à la simplicité de cette époque: avant la fête, avant l’accident, avant le procès. »

« L’anniversaire » est un thriller psychologique qui m’a tenue en haleine. Dans ce roman, il n’y a ni sang, ni meurtre, ni cadavre. Ce roman révèle le côté sombre de chaque personnage dans une ambiance noire, pesante. La famille Sanders paraît une famille bien sous tout rapport: deux ados qui ne font pas de vague, une mère au foyer ayant une petite activité professionnelle et un père, vice président d’une société et sportif. Mais voilà, ce n’est que l’apparence, apparence qui va se fissurer avec cette fête d’anniversaire et cet accident… En effet, il apparaît que Kim, la mère, ne jure que par sa réussite sociale et pour ce faire, ne laisse pas de liberté à sa fille et à son mari aussi. Jeff d’ailleurs semble être un papa à la cool, mais en fait, il se réfugie dans le sport à outrance afin de rentrer le plus tard possible chez lui… On est loin de la famille idéale! Et ces ados qui cherchent la popularité au lycée quitte à faire du mal… Le personnage de Lauren excelle dans ce domaine: elle manipule son monde, est une sorte de lolita provocante, elle met ses amis à ses pieds et en obtient ce qu’elle en veut. Hannah, elle, se cherche entre ses amies d’enfance et ses filles si polaires au lycée et pendant sa fête d’anniversaire, elle a essayé de faire cohabiter ces deux mondes si différents…

« L’anniversaire » nous révèle le côté le plus mauvais de chacun. Les secrets n’en sont plus, les réseaux sociaux montrent le pire de leur utilisation. Robyn Harding nous livre une image peu avantageuse de la société actuelle américaine mais qui paraît si vrai au fond. Chaque personnage est intimement lié aux autres, par ses faits passés et cette soirée d’anniversaire. Ces liens se dessinent petit à petit pour nous faire découvrir le côté obscur de chacun. Le personnage de Lauren met mal à l’aise avec son attitude de femme-enfant; Kim est sérieusement énervante dans cette quête du « bien paraître »; Jeff est trop effacé; et le personnage de Lisa a beaucoup de fêlures. Ajouter à tout ceci la cruauté des enfants entre eux et l’omniprésence des réseaux sociaux comme faire valoir, vous obtenez un thriller psychologique bien noir!!