Concours pour le Paradis.

« Concours pour le Paradis »

de Clélia Renucci

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Clélia Renucci m’a très gentiment offert son roman, « Concours pour le Paradis » paru chez les éditions Albin Michel et je l’en remercie!

Le 20 décembre 1577, à Venise, un incendie ravage le palais des Doges et détruit la gigantesque toile, le Paradis. Afin de refaire le Paradis, un concours est organisé désigner le peintre qui aura ce privilège. Tintoret, Véronèse, Bassamo, Zuccaro et Plama concourent à ce privilège.

« On devra peindre, comme c’était avant, la gloire des Élus au Paradis. Vous êtes familiers des peintres qui vous ont précédés; en personnes éduquées, vous connaissez le sens du Christ en gloire au Paradis; donc vous voyez ce que nous avons à l’esprit. »

Clélia Renucci m’a amenée avec elle pendant ces longues années de création d’un nouveau Paradis, vingt cinq ans plus exactement: c’est le temps qu’il a fallu pour qu’une nouvelle toile du Paradis soit peinte. Grâce à Clélia, j’ai assisté à cet évènement, à la rivalité qui existait entre les peintres à Venise, rivalité poussée à l’extrême dans les actes. J’ai découvert ce monde artistique de l’époque où les relations entre les maîtres et les plus jeunes, même s’ils sont père et fils, sont très hiérarchisées et où l’emprise du maître est importante au point qu’il se considère comme le seul maître à bord de sa toile, où le travail à plusieurs est inenvisageable…

« Il imaginait mal une collaboration à distance entre deux artistes. Le peintre n’est libre que s’il est le maître à bord. On ne peut lui demander de partager son autorité. Malgré l’idéal républicain d’égalité qui avait cours à Venise, un peu de hiérarchie florentine lui semblait nécessaire: on ne peut faire diriger un navire de guerre par deux capitaines, surtout en leur demandant de garder chacun ses rameurs: de même, un chœur ne peut être conduit par deux chefs, l’un dirigeant les sopranos et l’autre les altos. »

J’avoue que je ne connais pas trop cette période 1577-1592 mais c’était avant de lire « Concours pour le Paradis »! Clélia livre une jolie fresque de cette Venise avec ses artistes, ses gondoles, ses mensonges, ses manipulations, ses rivalités, ses nuits, sa politique, sa religion, ses différences avec les autres pays. L’implication de Clélia pour son roman est manifeste: tout est finement documenté, retranscrit avec un plaisir sincère, une envie de faire découvrir cette Venise et surtout le travail long et fastidieux de ces peintres pour nous régaler des siècles plus tard les yeux avec leurs peintures si magnifiques. La plume de Clélia rend le récit vif, extrêmement plaisant à lire. Je me suis sentie comme un ange flottant au-dessus de toutes les scènes tellement j’étais plongée dans « Concours pour le Paradis ». La lecture de ce roman est un ravissement qui m’a permise d’apprendre beaucoup, de découvrir une Venise d’une autre époque, une envie de visiter Venise de nos jours et évidemment d’aller contempler le Paradis au palais des Doges!

« Concours pour le Paradis » nous en apprend beaucoup sur la création d’un chef d’œuvre, et je peux dire que ce roman de Clélia Renucci est aussi un chef d’œuvre dans la littérature de nos jours!

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