Adoration.

« Adoration »

de Jimmy Lévy

Quand j’ai lu le résumé de « Adoration », de Jimmy Lévy, que les les éditions du Cherche-Midi me proposaient de découvrir, j’ai dit oui car la perversion est un sujet dont j’aime découvrir toutes les différentes facettes qu’elle peut revêtir.

L est une grande perverse qui a su emmener avec elle un homme, cet homme qui raconte son calvaire, sa dépendance, sa volonté si trop souvent mise à mal pour en sortir. L a tout mis en œuvre pour être « adorée » par cet homme.

« Dans cet autoportrait que je peins en éclats dispersés d’un miroir explosé, je ne reconnais pas de sentiment plus fort que la terreur. L m’a terrorisé. Dix ans durant. L m’a terrorisé jusqu’à me scinder, me découper, me séparer de moi-même au point de ne plus me reconnaître, au point de me dégoûter, de me haïr. Dix ans. Un couloir sans fin. Un tunnel circulaire. L m’a scindé à son image de bipolaire narcosée, confite d’expédients, bombe à fragmentation. »

« Adoration » est un roman dont la lecture perturbe, où les sentiments s’affolent, où les mots ont une telle résonance, où l’envie de s’enfuir et de rester se mélangent… « Adoration » est une histoire d’amour entre une jeune et jolie femme, et un homme plus vieux. Ils sont amants et se découvrent peu à peu jusqu’à ce que cet amour devienne vital pour eux, que la passion les dévore. L en use et abuse de cet amour, de cet homme qui lui voue une adoration justement. L manie la manipulation avec brio, en abuse aussi, comme elle abuse de tous ces médicaments présents partout qui lui sont indispensables. L va se soigner, un temps… Lui, il l’aime, il ne peut pas s’en détacher malgré la douleur. Il vit sous son emprise, L l’obsède tout le temps. Mais cet amour n’est pas beau et va l’emmener lui en garde à vue, elle en hôpital psychiatrique.

L’écriture de Jimmy Lévy est singulière et je n’arrive même pas à la définir tellement elle va parfaitement au récit, à cette histoire d’adoration. L’auteur a su trouver le bon rythme, les bonnes accroches pour livrer ce qui se passe entre L et l’homme, cela en est presque douloureux pour le lecteur qui compatit entièrement avec l’homme. Le mal que l’on ne nomme pas dont souffre L est une telle folie que cela en deviendrait presque irréel. Mais non, cela est réel, L est une manipulatrice qui joue avec l’amour pour garder l’homme sous son emprise si forte, si envahissante, si empoignante. Ces êtres à la limite du maléfique se conjuguent aussi bien au masculin comme au féminin et l’auteur prouve comment il est extrêmement difficile de s’en défaire, et qu’il est plus aisé de le dire que de le faire même avec toutes les bonnes intentions. Et quand, enfin, cet être n’a plus cette emprise sur soi, cela reste à jamais graver en soi…

« Personne ne sort indemne d’une adoration. Personne n’en sort tout à fait. Même si l’emprise n’a plus cours. On y laisse une part considérable de soi, à jamais manquante. Une amputation. On y laisse ses plumes. On en s’en sort exsangue, en morceaux. On n’en sort pas en vérité, on s’en sauve, s’en arrache. »

« Adoration » est un roman fort qui provoque ce quelque chose en soi que seul un roman sait faire!

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