Nirliit.

« Nirliit »

de Julianna Léveillé-Trudel

Grâce à Trames.xyz, j’ai pu découvrir un roman canadien, « Nirliit », de Julianna Léveillé-Trudel paru chez les éditions La Peuplade.

Une jeune femme du sud canadien vient tous les étés à Salluit, un village du Grand Nord canadien, afin de s’occuper des enfants. Elle y retrouve son amie Éva mais celle-ci a disparu, assassinée semblerait-il et se trouvant au fond d’un fjord. Cette jeune femme va continuer à parler à Éva de la vie de son village, de son fils Elijah et de sa compagne Maata.

« Il y a des gens qui viennent pas au Nord pour faire de l’argent. Moi, j’aime ça, ici. J’aime les enfants, les gens, la langue, les chiens, le paysage, le soleil de minuit, les aurores boréales, les caribous, la toundra, les montagnes, les balades. »

Quel roman! Je suis une amoureuse du Canada et avec « Nirliit », j’ai fait connaissance avec le Grand Nord et ses habitants, le peuple Inuit, leurs conditions de vie précaires et les perspectives pas vraiment joyeuses d’avenir. Tout est raconté par la narratrice et elle le fait avec franchise. Le peuple Inuit doit faire face à la nature pas vraiment engageante durant l’hiver; il doit faire face à la venue de tous ces « Blancs » l’été qui viennent travailler et partent dès l’approche de l’hiver. Leur cohabitation est assez difficile: les Inuites se sentent « colonisés » par les Blancs durant toute une saison. Ces mêmes Blancs séduisent les femmes Inuites qu’ils abandonneront à la fin de l’été. Le peuple Inuite est un peuple désœuvré où la violence, la drogue et l’alcool sont beaucoup trop présents. D’ailleurs, l’amie de la narratrice a été la victime de cette violence conjugale. Dans ce récit, j’ai senti toute la tristesse de la narratrice face à ces personnes qu’elle connait bien mais qui se perdent année après année. J’ai senti son envie de les aider au mieux car elles les aime. Il y a beaucoup de tendresse dans ses mots, de chaleur, voire d’admiration. Elle fait de son mieux pour aider ces enfants qui tombent trop vite dans la drogue et ces jeunes filles qui tombent trop vite enceintes… Mais la narratrice ne les oublie pas, ne les rejette pas, elle est là comme tous les étés et fait tout ce qu’elle peut pour les aider à ne pas passer du mauvais côté. La narratrice nous raconte aussi la vie de Elijah, le fils de son ami, qui subit sans le vouloir la présence des Blancs, de ce Blanc qui a séduit sa petite amie, Maata, pour l’été…

Dans « Nirliit », les émotions s’enchaînent: tristesse, espoir, amour, peur, colère… C’est la force de ce récit car je n’ai pas pu rester insensible face à ce peuple Inuit qui paraît avec été abandonné là-bas, dans le froid. Et pour nous raconter cela, l’auteure, Juliana Léveillé-Trudel, emploie le français, le québécois, l’anglais, l’innu. Elle écrit comme elle parle et cela est fluide, aérien. Cependant, j’ai plus accroché à la deuxième partie du roman, celle où elle nous raconte Elijah car les personnages sont bien ancrés dans le récit et je me suis attachée autant à Elijah qu’à Maata. Et cela grâce à la narration qui m’a parue plus construite dans cette partie. Mais tout cela en fait un roman très touchant et l’auteure y a mis toute son affection dans son récit. « Nirliit » est un roman qui doit être découvert!!

2 réflexions sur “Nirliit.

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