Être beau.

« Être beau »

de Frédérique Deghelt et Astrid Di Crollalanza

« Être beau » de l’auteur Frédérique Adeghelt et de la photographe Astrid Di Crollalanza, paru chez les éditions Stock est une réflexion, une galerie de portraits de personnes handicapées et les mots dans ce livre et les photos sont aussi beaux les uns que les autres.

Pendant trois ans, Frédérique Adeghelt et Astrid Di Crollalanza ont travaillé ensemble pour photographier et laisser parler dix huit personnes souffrant de handicap, dix huit personnes qui ont partagé leur univers, leur vie pendant quelques instants avec les deux auteures. L’idée est venue de Frédérique qui a un garçon différent et elle a voulu mettre en avant les personnes souffrant d’un handicap.

« En une phrase se concentre l’OLNI (objet littéraire non identifié) que fut ce voyage d’écriture en terre de différence. Un prénom, un récit de vie, tout être est l’extension des pensées poétiques de notre existence. Il nous attache à lui dès l’instant où nous le regardons avec notre coeur dans sa fragilité, sa diversité, sa force et sa beauté d’être là. »

Quand j’ai ouvert « Être beau », cela fait une semaine que j’étais incapable de lire une ligne de n’importe quel livre… Et une fois les premières lignes lues, je ne me suis plus arrêtée. J’ai aimé cette mise en lumière de Jim, Koïta, Lucie, Camille Hagop, Nicolas, Pauline et Eva, Jérôme C, Anja, Amel, Tanguy, Mathilde, Violette, Jérôme Hamon,Tim, Laetitia, Frédéric, Delphine. J’ai aimé les regarder en photos, les trouver beaux. J’ai aimé les « écouter ». Toutes ces personnes sont différentes car nous sommes tous différents des uns des autres. Toutes ces personnes ont une telle maturité, une telle réflexion sur la vie, sur leur vie qu’elles nous donneraient des complexes!! Ces dix huit personnes ne sont qu’une petite partie de personnes handicapées mais elles en sont une très jolie représentation. Dans « Être beau », il y a des handicaps visibles au premier coup d’œil et les handicaps non visibles de suite mais qui se découvrent en même temps qu’on découvre la personne. Je connais et côtoie bien malgré moi cet handicap non visible au premier regard. Je le vis tous les jours et comme eux, je dois faire avec, construire ma vie autour, l’apprivoiser, envisager mes journées en fonction, c’est un combat à mener chaque jour. Et le regard de l’autre est important… Quelques mois après l’arrivée de mon handicap, j’étais avec un ami homosexuel et je lui dis que je ne suis, désormais, plus normale. Et cet ami m’a dit une phrase si vrai: « Mais c’est quoi la normalité Sybil? Tu crois que moi, homosexuel, je suis normal alors? ». Voilà, il a tout dit: c’est quoi la normalité? Qui décide de ce qui est normal ou pas? Qui décide de qui est beau ou pas? Cette phrase est gravée en moi et quand je doute, elle revient et elle me fait sourire, c’est mon petit pied au cul à moi!

La découverte de ce livre, « Être beau », ne pourra pas vous laisser insensible car chacun a été, est ou sera confronté à une personne « différente » et notre regard doit toujours rester bienveillant, ne pas juger, ne pas stigmatiser car derrière cette différence, il y a une personne, une intelligence, un cœur, une âme auxquels notre regard doit s’attarder. Lisez ce livre. Il est beau et surtout vous ferez connaissance avec de belles personnes que deux autres belles personnes nous permettent de rencontrer et de nous faire réfléchir.

« La beauté, la vraie, est celle qui demeure au-delà des circonstances, elle ne peut être liée à la plastique mouvante de nos corps infidèles. »

Juste un peu de temps.

« Juste un peu de temps »

de Caroline Boudet

« Juste un peu de temps » de Caroline Boudet, paru chez les éditions Stock, fait partie de la sélection d’automne des 68 Premières Fois.

Sophie, 36 ans, est mariée à Loïc et est maman de trois enfants. Sophie travaille, gère la maison, les enfants, les tâches ménagères… Mais un jour, Sophie n’en peut plus et décide de partir pour quelques heures, sans rien dire, juste avec un petit mot sur une enveloppe de la Caf: « Juste un peu de temps. Merci ». Sophie a éteint son téléphone et son absence se prolonge…

« Elle va faire juste ce dont elle a envie et sans attendre, là, maintenant. Le silence d’une chambre à elle seule avec vue sur la mer, respirer et ne parler à personne. Juste quatre heures. Ces réservations d’hôtel en journée sont destinées à rentabiliser les chambres, notamment dans les établissements de luxe; de quoi organiser des cinq-à-sept qui sortent de l’ordinaire pour couples illégitimes ou mariés en quête de frissons. Ils vont être déçus, à la réception, en la voyant arriver avec un livre de poche et son sac à main. »

Que ce livre fait du bien!! Il parle avec humour et vérité d’un thème trop bien connu par les femmes de notre société actuelle: la charge mentale. Et oui, le fait de ne plus en pouvoir, de se sentir complètement épuisée par sa vie quotidienne, par la gestion de sa vie professionnelle et privé, a un nom! L’auteure, Caroline Boudet, parle de tous les sujets de la vie d’une femme: la vie de parents avec une vie sexuelle beaucoup moins présente, la grossesse avec le changement de son corps et l’accouchement, les difficultés au travail au retour du congé mat, les bobos des enfants à gérer à n’importe quelle heure, la maison à tenir même si le mari pense qu’il en fait autant!!! Toutes les femmes se reconnaissent à un moment du roman, c’est certain! Ce roman est la réalité de ce que beaucoup de femmes vivent, où c’est encore elles qui gèrent le plus la vie familiale! Sophie recherche à être la mère parfaite, l’épouse parfaite, l’employée parfaite jusqu’à son épuisement.

« Pourtant Sophie a toujours dit oui. À tout. Pas par faiblesse d’esprit ou manque de caractère, non, elle a toujours su ce qu’elle voulait, mais a appris à étouffer sagement. Elle dit oui par peur du conflit, pour faire plaisir, pour être bonne élève, l’enfant parfaite, la jeune fille souriante puis l’adulte que tout le monde qualifie de « fille bien », et par horreur du chantage affectif et de la culpabilité. Plutôt accepter un truc qui l’enthousiasme moyennement que de supporter de voir la déception, sincère ou exagérée, sur le visage des autres. »

Dans « Juste pour un temps », Sophie tient le premier rôle: le lecteur suit son échappement pour quelques heures puis jours de sa vie quotidienne, son introspection sur elle-même et sur sa vie. Et ce récit de Sophie est entrecoupé par le récit d’autres personnages. Son mari, Loïc, qui comprend vraiment pas où est Sophie, pourquoi elle est partie et surtout il est vite débordé par les tâches quotidiennes d’une famille. Raphaella, l’amie de Sophie, une vraie parisienne, sans enfants ni mec ni véritable job: c’est une artiste qui vit sa vie sans fil à la pâte. Virginie, sa voisine, jalouse de Sophie qui pour elle est la femme parfaite qui est toujours bien mise et qui accomplit son devoir de mère, épouse, salariée sans difficultés. Et Yann, le fils aîné de Sophie qui comprend ce qu’il se passe mais qui sait que sa maman va rentrer. Et cette construction permet de savoir comment Sophie est perçue par les personnes qui l’entourent. Tout cela est raconté sans chichis par Caroline Boudet, c’est simple mais très efficace et « Juste un peu de temps » permet de déculpabiliser et de se dire qu’on est pas seule, cela réconforte!!

Interview d’Amélie Cordonnier.

« Interview d’Amélie Cordonnier »

Merci Amélie d’avoir répondu à mes questions.

-Mais qui est Amélie Cordonnier en fait?

J’ai 39 ans, je suis journaliste, maman deux enfants à qui j’ai dédié mon roman. Et quand je ne m’occupe pas d’eux, je lis. Ou j’écris, la nuit!

-Que raconte votre livre?

C’est une femme qui se bat, et c’est aussi une histoire d’amour. Cela faisait des années, que son mari, Aurélien, ne l’avait plus insultée et un matin à la table du petit déjeuner, devant les enfants estomaqués, il rechute déverse sur elle des tombereaux de saletés. Ces mots, comme des couteaux qui déchirent son quotidien, elle ne peut plus les supporter. Elle va avoir quarante, le 3 janvier, et se promet d’avoir décidé avant son anniversaire. Partir ou rester: il lui reste seize jours pour trancher. Et l’on vit avec elle ce compte à rebours.

-Pourquoi écrivez-vous?

Je ne sais pas. C’est là, comme une palpitation, une force tapie en moi depuis toujours. Qui ne demandait qu’à jaillir et que j’ai longtemps enfouie. Un publicitaire a dit, un jour, que pour réussir sa vie il fallait avoir une Rolex avant cinquante ans. J’ai trouvé cela terriblement vulgaire. Je ne porte pas de montre, mais je porte les livres et les auteurs que j’aime depuis des années. Je m’étais toujours dit que ce serait bien d’oser enfin, de franchir le pas, d’écrire un livre avant mes quarante ans. J’ai eu 39 ans deux mois la sortie de « Trancher », défi relevé!

-« Trancher » est votre premier roman et son thème, la violence conjugale, est un thème difficile. Pourquoi ne pas avoir choisit un thème disons plus léger pour un premier roman?

J’aime les livres qui secouent. Remuer au plus profond et donner à penser: voilà à quoi sert pour moi la littérature. On ressort bouleversé de la lecture de « Le Lambeau », du journaliste Philippe Lançon, rescapé de l’attentat de Charlie Hebdo, et pourtant son livre nous procure une grande force. La violence verbale, c’est un thème qui me tient à coeur. Ce n’est pas ma vie que je raconte dans ce roman. Heureusement! Mais si je n’avais jamais entendu de mots, comme des couteaux, je n’aurais jamais écrit ce livre. On parle très peu de la violence verbale, sans doute parce qu’elle ne laisse pas de trace. Les blessures qu’infligent les mots sont invisibles. Or ce n’est pas parce qu’un homme ne frappe pas qu’il n’est pas violent. Ce n’est pas parce qu’une femme ne crie pas qu’elle ne tombe pas. Ce n’est pas non plus parce qu’il n’y a pas de bleus sur la peau que les mots ne détruisent pas.

Pour raconter votre récit, vous le faites avec le « tu ». Personnellement, j’ai totalement été conquise par cet emploi du « tu » qui m’a fait rentrer dans l’intimité de cette femme, de ce couple. Est-ce l’effet voulu? Et pourquoi cet emploi du « tu »?

Le « tu » s’est imposé à moi. Quand je doutais de tout, car on doute de tout quand on écrit, surtout quand c’est la première fois, il y a une seule chose dont je ne doutais pas, c’était de la justesse de cette voix que j’entendais. Cette voix, c’est celle de cette femme, cette boxeuse amoureuse d’un prince pas toujours charmant, qui se bat pour son couple, pour tracer sa route, pour ses enfants. J’étais dans sa tête. Lorsqu’on souffre, on se tutoie, on se dit « ça va aller, tu vas y arriver ». Les enfants et les sportifs aussi se tutoient pour s’encourager.

Ne pas donner de prénom à la femme de votre roman, est-ce pour que chacune puisse d’identifier à elle?

Puisque j’étais dans sa tête en écrivant, puisque le lecteur l’est aussi et puisque cette femme se parle à elle-même, il n’était pas nécessaire de lui donner un prénom. J’ai réalisé seulement vers la fin de mon texte que je ne lui en avais pas attribué. Et c’est vrai qu’on s’identifie ainsi d’autant plus à elle. On a peut-être toutes un peu d’elle en nous.

-Quand vous écrivez, avez-vous déjà un plan bien défini ou est-ce que vous voyez au fur et à mesure de la rédaction?

Les deux! J’ai en tête des scènes très précises, comme au cinéma, qui se déroulent devant mes yeux et que je n’ai plus qu’à écrire (par exemple celle des miettes, des petits pois ou du champ). Mais heureusement, je ne sais pas tout ce qui va se passer. L’histoire avance aussi d’elle-même, à mesure que le livre s’écrit. Les personnages font des choses que je ne prévois pas.

-« Trancher » fait partie de la sélection des 68 Premières Fois. Cela représente quoi pour vous?

C’est merveilleux! J’ai écrit ce texte dans l’urgence entre 4 heures et sept heures du matin, avant de préparer le petit-déjeuner de mes enfants et de partir travailler. Impossible d’imaginer que le roman résonne autant chez les lecteurs! Je me réjouis que cette boxeuse amoureuse suscite autant d’émotions et d’empathie.

-Les avis sont très positifs. Heureuse ou cela vous met une pression supplémentaire?

C’est un grand bonheur! Que mon premier roman soit publié par Alix Penent chez Flammarion à la rentrée littéraire, c’était déjà extraordinaire. Depuis, tout est fou: une reprise en livre de poche, une traduction en allemand et une réimpression, avant même la publication en août. Et puis des papiers formidables dans la presse, des invitations à la télé, à la radio, dans les salons, les librairies et surtout un accueil très enthousiaste des blogueurs et des lecteurs… J’essaie d’oublier tout ça, quand je me lève, la nuit, pour écrire une autre histoire.

-Un seul conseil à donner pour se lancer dans la rédaction d’un roman?

Lire, lire, lire, lire, lire, lire, lire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire.

-Comment voyez-vous vos lecteurs? Quels rapports entretenez-vous avec eux?

Je suis très émue que mon livre touche des hommes comme des femmes, des trentenaires, comme des septuagénaires, en couple ou séparés, avec ou sans enfants.

Un conseil lecture pour l’automne?

Il faut lire le roman de Carole Fives: « Tenir jusqu’à l’aube » (Gallimard) compte parmi mes livres préférés de la rentrée. C’est l’histoire d’une maman solo. Après deux ans en vase clos avec son marmot, elle n’en peut plus. Elle rêve de fugue alors elle sort pour marcher  et respirer une fois l’enfant couché. Telle la chèvre de Mr Seguin, elle tire sur la corde, espérant tenir jusqu’à l’aube.

-Que peut-on vous souhaiter pour cette fin d’année?

Longue vie à « Trancher »!

Haut les cœurs.

« Haut les cœurs »

de Caroline Noel

« Haut les cœurs » , des éditions Charleston, est arrivé par surprise dans ma boîte aux lettres, cadeau de l’auteure, Caroline Noel. Merci Carobookine pour ton roman!!

Chloé est une jeune femme, mariée, mère de trois enfants, hôtesse de l’air et blogueuse de voyage. Elle se partage son temps équitablement entre toutes ses casquettes sans oublier ses trois meilleures amies. Mais lors d’un week-end filles justement, Chloé va assister, bien malgré elle, à une scène dramatique. Étant totalement bouleversée, Chloé se tait et va porter ce secret qui va lui être de plus en plus pesant jusqu’à modifier son attitude envers sa famille et ses amies.

« Étonnamment, moi qui ai toujours préféré être dans l’action plutôt que dans la réflexion, je me dis que la mort de mon grand-père est peut-être un signe qui m’est envoyé pour définitivement enterrer le passé, les non-dits et les secrets. J’ai une occasion unique de faire le deuil de ma lâcheté en renouant avec mes racines. Pleurer tant qu’il le faudra pour évacuer le stress qui me ronge depuis des mois et faire enfin la paix avec moi-même. »

J’ai lu « Haut les cœurs » au bord de la piscine et c’était l’endroit idéal pour cette lecture!! Ce roman est pétillant, tourbillonnant comme l’est son auteure, Caroline! Pendant ma lecture, je me suis fait la réflexion que l’histoire était fictionnelle car elle beaucoup trop lisse dans le sens où Chloé, le personnage principal a une vie parfaite, bien trop parfaite!! Mais cela n’a rien gâché à ma lecture où les thèmes abordés sont universels et touchent tout le monde: la culpabilité, le secret, l’amitié, l’amour, les questionnements… Chloé décide de se taire après avoir vécu une scène dramatique et là, j’avoue que je n’ai pas compris son attitude qui pour moi est très lâche mais comme le disent ses amies, on réagit tous différemment dans les mêmes situations. Et là, prend le dessus de l’amitié que Caroline met en avant, amitié qui connait des hauts et des bas mais qui est importante et qui permet de dépasser des obstacles!

Dans « Haut les cœurs », Caroline a aussi mis en avant les blogs et plus particulièrement les blogs de voyage. L’auteure nous livre les dessous d’un blog et les ficelles qu’elle peut en tirer. Elle prouve aussi l’intérêt, l’envie, la passion que met un blogueur/blogueuse dans ses billets sur son blog. Et j’ai retrouvé mon enthousiasme quand on reçoit des gentils mots sur ce que nous faisons 🙂 Lire « Haut les cœurs », c’est passer un moment agréable!

Nirliit.

« Nirliit »

de Julianna Léveillé-Trudel

Grâce à Trames.xyz, j’ai pu découvrir un roman canadien, « Nirliit », de Julianna Léveillé-Trudel paru chez les éditions La Peuplade.

Une jeune femme du sud canadien vient tous les étés à Salluit, un village du Grand Nord canadien, afin de s’occuper des enfants. Elle y retrouve son amie Éva mais celle-ci a disparu, assassinée semblerait-il et se trouvant au fond d’un fjord. Cette jeune femme va continuer à parler à Éva de la vie de son village, de son fils Elijah et de sa compagne Maata.

« Il y a des gens qui viennent pas au Nord pour faire de l’argent. Moi, j’aime ça, ici. J’aime les enfants, les gens, la langue, les chiens, le paysage, le soleil de minuit, les aurores boréales, les caribous, la toundra, les montagnes, les balades. »

Quel roman! Je suis une amoureuse du Canada et avec « Nirliit », j’ai fait connaissance avec le Grand Nord et ses habitants, le peuple Inuit, leurs conditions de vie précaires et les perspectives pas vraiment joyeuses d’avenir. Tout est raconté par la narratrice et elle le fait avec franchise. Le peuple Inuit doit faire face à la nature pas vraiment engageante durant l’hiver; il doit faire face à la venue de tous ces « Blancs » l’été qui viennent travailler et partent dès l’approche de l’hiver. Leur cohabitation est assez difficile: les Inuites se sentent « colonisés » par les Blancs durant toute une saison. Ces mêmes Blancs séduisent les femmes Inuites qu’ils abandonneront à la fin de l’été. Le peuple Inuite est un peuple désœuvré où la violence, la drogue et l’alcool sont beaucoup trop présents. D’ailleurs, l’amie de la narratrice a été la victime de cette violence conjugale. Dans ce récit, j’ai senti toute la tristesse de la narratrice face à ces personnes qu’elle connait bien mais qui se perdent année après année. J’ai senti son envie de les aider au mieux car elles les aime. Il y a beaucoup de tendresse dans ses mots, de chaleur, voire d’admiration. Elle fait de son mieux pour aider ces enfants qui tombent trop vite dans la drogue et ces jeunes filles qui tombent trop vite enceintes… Mais la narratrice ne les oublie pas, ne les rejette pas, elle est là comme tous les étés et fait tout ce qu’elle peut pour les aider à ne pas passer du mauvais côté. La narratrice nous raconte aussi la vie de Elijah, le fils de son ami, qui subit sans le vouloir la présence des Blancs, de ce Blanc qui a séduit sa petite amie, Maata, pour l’été…

Dans « Nirliit », les émotions s’enchaînent: tristesse, espoir, amour, peur, colère… C’est la force de ce récit car je n’ai pas pu rester insensible face à ce peuple Inuit qui paraît avec été abandonné là-bas, dans le froid. Et pour nous raconter cela, l’auteure, Juliana Léveillé-Trudel, emploie le français, le québécois, l’anglais, l’innu. Elle écrit comme elle parle et cela est fluide, aérien. Cependant, j’ai plus accroché à la deuxième partie du roman, celle où elle nous raconte Elijah car les personnages sont bien ancrés dans le récit et je me suis attachée autant à Elijah qu’à Maata. Et cela grâce à la narration qui m’a parue plus construite dans cette partie. Mais tout cela en fait un roman très touchant et l’auteure y a mis toute son affection dans son récit. « Nirliit » est un roman qui doit être découvert!!