Interview de Sophie de Villenoisy.

« Interview de Sophie de Villenoisy »

Tout d’abord, merci Sophie de répondre à mes questions!

-Mais qui est Sophie en fait?

Après avoir été une enfant timide, un peu sauvage et espiègle, après avoir été une ado très mal dans sa vie et ses baskets, après avoir été une jeune femme perdue, j’ai été une grande amoureuse-voyageuse, épicurienne et assez « je m’en foutiste ». Puis j’ai été journaliste, comédienne (de mon propre spectacle), maman un peu sur le tard et enfin auteure ! Depuis quelques jours je suis une « jeune » quinqua avec enfin la certitude d’avoir trouvé ma voie pour les années à venir : l’écriture.

-Pourquoi écris-tu?

Parce que j’aime ça, c’est là que je me sens le plus « moi », que j’ai trouvé ce moyen pour m’exprimer sans trop me dévoiler, parce que c’est sans doute ce que je fais le mieux dans la vie et que j’ai récemment découvert que je pouvais en vivre. Le panard !

-Raconte moi ton roman, « La reine des quiches ».

Murielle Petit la quarantaine est une femme qui, par la force des choses, s’est résignée à enchaîner les échecs. Elle ignore tout d’elle-même sinon qu’elle ne se sent pas à sa place, qu’elle fait des fausses couches et que personne ne s’intéresse à ses écrits. Mais elle s’en est accommodée, en partie grâce à l’amour indéfectible de Jérôme, son mari. Elle aurait pu continuer à vivre comme ça, la tête sous l’eau, pendant des années, sauf qu’un jour, rien ne pas se passer comme prévu : un éditeur et quel éditeur, veut la publier ! Les projecteurs vont se braquer sur elle, cela va bousculer son semblant d’équilibre et contrairement à ce qu’elle espérait, cela va aggraver son mal-être…

-Murielle, ton personnage, est assez malchanceuse et a du mal à profiter quand enfin la chance lui sourit. C’est autobiographique?!

Pas du tout. Je suis même le contraire de Murielle ! Je vois toujours le verre à moitié plein (même quand il est vide !). J’ai toujours trouvé que j’avais de la de chance et pourtant je n’ai pas été épargnée, mais malgré les drames et les malheurs que j’ai pu vivre, j’ai toujours fait (ou provoqué?) les bonnes rencontres. J’ai eu une enfance très compliquée, mais j’ai reçu l’essentiel : l’amour. Du coup je suis pleine de bienveillance envers moi-même et je considère que c’est une grande chance.

-Malgré le titre qui fait penser à quelque chose de léger, tu abordes un sujet difficile qui est la stérilité d’une femme. C’est un sujet qui te touche particulièrement?

Non plus. J’ai eu mes enfants quand je le voulais et je n’ai jamais fait de fausse couche. Mais je connais des femmes pour qui cela n’a pas été le cas. Comme un comédien je me glisse dans la peau ou plutôt la psyché de mes personnages. La maternité est un sujet riche en émotions et assez fascinant. Même enceinte j’avais du mal à croire que « moi Sophie » j’allais avoir un (puis deux!) bébé. J’ai toujours trouvé ça fou. (encore maintenant qu’ils sont plus grands !) Alors j’ai voulu écrire sur cette femme qui reste au « bord » de la maternité, comme elle reste au bord de sa vie. C’est tragique. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai écrit avec l’humour comme soupape.

Dans la vie, l’humour m’est aussi indispensable que l’amour.

Personnellement j’écris et je lis pour élargir mon propre horizon. Ecrire sur moi ne m’intéresse pas, même si l’on met forcément un peu de soi dans une histoire.

C’est ce paradoxe et ce mystère qui m’intéressent dans l’écriture.

-Quand enfin Murielle reçoit l’appel d’un éditeur, c’est la maison Gallimard. Pourquoi Gallimard?

Pour quelqu’un qui rêve d’être publié Gallimard (comme Grasset d’ailleurs) représente la consécration ! Aussi bien pour soi, que pour les autres. Et je voulais que ce soit « énorme » et spectaculaire pour elle. Presque Inimaginable.

-Toi, tu as réagit comment quand tu as eu ton premier contrat d’édition?

J’étais très heureuse et très émue bien sûr. Un grand moment de bonheur. Je m’en délecte encore.

-J’ai adoré le personnage de Cathy, la soeur de Murielle, une mère qui blogue sa vie de mère parfaite à la recherche des like. Un clin d’oeil ironique à nous les blogueurs mais faut que je te pose la question: c’est comme ça que tu nous vois?!!!

Ah ! Ah ! Je devrais ?;)

Pour être honnête, je connais mal l’univers des blogueurs, mais je crois avoir touché juste !;))

Je me suis agacée une fois ou deux quand, pendant une période mes enfants regardaient avec fascination et envie d’autres enfants sur Youtube déballer des cadeaux (envoyés par des marques) sous l’oeil hystérique de leur mère. Je trouvais ça obscène et malsain. Heureusement, ça leur est passé !

-Quand tu écris, as-tu déjà un plan bien défini ou est-ce que tu construis ton roman au fur et à mesure?

J’ai un plan général, mais qui peut dévier. En général il arrive toujours un moment où le ou les personnages prennent le gouvernail et c’est eux qui donnent le cap.

-Comment vois-tu tes lecteurs? Quels rapports entretiens-tu avec eux?

Je les découvre en « vrai » depuis que je fais des salons, ce qui est assez récent finalement. C’est intimidant tout en étant très agréable. C’est comme rencontrer des amis, mais qu’on ne connait pas vraiment (encore !) Je vois les lecteurs (ce sont souvent des femmes il faut bien le dire) comme des alliés, des « antennes relais » à l’histoire que j’ai écrite et qu’ils transmettent eux-mêmes à leurs proches. Pour une raison mystérieuse une histoire ou un personnage fait écho et se partage. Mais d’un lecteur à l’autre l’histoire peut être différente. Certains ne retiennent que « l’humour », d’autres l’émotion et d’autres encore les deux ! Beaucoup m’écrivent et c’est toujours un plaisir. Pour « Joyeux suicide et bonne année » c’est souvent émouvant. Ce roman est propice aux confidences. Il m’a fait beaucoup de bien quand je l’ai écris et il en fait à ceux qui l’ont lus. C’est magique et mystérieux.

-Comme lectrice, tu as des préférences de genres littéraires?

J’aime les romans historiques, sociaux ou psychologiques comme « Un brillant avenir » de Catherine Cusset (dont j’ai presque lu tous les romans) ou encore « Tout ce que l’on ne s’est jamais dit » de Celeste NG. Récemment j’ai adoré « L’écrivain national » de Serge Joncour et « Le discours » de Fabrice Caro. Et dans un registre plus dramatique « Le lambeau » de Philippe Lançon.

-Un conseil lecture pour l’automne?

« Le discours » de Fabrice Caro ! Une merveille d’humour et d’intelligence.

-Que peut-on te souhaiter pour cette fin d’année?

Des lecteurs 🙂

Une réflexion sur “Interview de Sophie de Villenoisy.

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