Faune et flore du dedans.

« Faune et flore du dedans »

de Blandine Fauré

Grâce aux 68 Premières Fois, j’ai lu et aimé, beaucoup aimé, le premier roman de Blandine Fauré, « Faune et flore du dedans » paru chez les éditions Arlea.

Après avoir rencontré Joachim dans son bureau universitaire, Louise part avec lui et son expédition dans la forêt amazonienne afin d’y répertorier la faune et la flore. Louise y va en tant qu’artiste photographe. Mais Louise y va pour une autre quête: celle de l’oubli…

« L’envie de déchirer méthodiquement les pages qui les composent parcours mon épine dorsale d’un frisson, comme une main glacée qui remonterait jusqu’à la nuque. T’oublier. Effacer, tirer un trait. Renoncer. Se préserver du plaisir, de la souffrance inévitable. Retrouver le calme plat de l’être sans attente, sans désir. Si tant est que j’aie déjà connu, un jour, cet état. »

« Faune et flore du dedans » est un très beau roman et pour moi, c’est un roman sur la résilience. Louise a toujours dû rebondir dans sa vie et ce très jeune avec les abandons récurrents de sa mère, la mort de celle-ci, l’éducation de son frère et sa sœur, sa rupture avec Igor son grand amour. Et quoi de mieux que de s’enfoncer dans la forêt amazonienne, lieu hostile et totalement inconnu pour Louise où le moindre petit écart peut entraîner la mort. Blandine Fauré nous dévoile au fur et à mesure les blessures, les fêlures de Louise afin de comprendre pourquoi elle s’est enfuie avec cette expédition si loin de son propre univers. Cette forêt si dense va lui permettre, et à Joachim aussi, de se reconstruire, de trouver un nouveau sens, de s’affranchir de ce passé si douloureux pour en faire au final une force si particulière. La faune et la flore nous permettent de nous renforcer, de puiser dans leurs propres forces pour en faire la sienne.

L’auteure nous décrit son personnage Louise comme forte, mais quand le narrateur devient les carnets d’un homme, Louise apparaît comme elle est réellement: timide, perdue, sensible. Cette deuxième narration apporte un souffle au récit, un deuxième regard à cette expédition, une réponse à beaucoup de questions et on y découvre une autre Louise. Dans « Faune et flore du dedans », la nature est un des personnages principaux: elle permet aux personnages de se révéler réellement, de ne plus tricher le temps de l’expédition en son cœur. D’ailleurs, l’auteure commence ses chapitres par un mot botanique dont elle donne la définition, mot qui s’accorde aussi bien à la nature qu’à l’homme. Il y a dans ce roman une grande recherche botanique qui apparaît dans l’œil de la photographe Louise. C’est une vraie découverte de la nature.

Je me suis attachée à tous les personnages de ce roman qui, sans le savoir réellement, apporte une réponse à Louise, à ses questionnements. Grâce à la forêt, grâce à Joachim, grâce à Xavier, Louise va se recentrer sur elle, va affronter son passé, ses blessures, pour mieux avancer dans la vie. En fait, que serions-nous sans la faune et la flore?

« Faune et flore du dedans » de Blandine Fauré chez Arléa, 30 août 2018.

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