Interview de Laurence Peyrin.

« Interview de Laurence Peyrin »

Tout d’abord, merci infiniment Laurence d’avoir accepté de répondre à mes questions!

 

-Mais qui est Laurence en fait?

Une quinqua moderne, un peu grande gueule, tatouée, atrocement romantique, mère de famille nombreuse, ancienne journaliste, dingue de cinéma. Tout et son contraire.

-Pourquoi écrivez-vous?

Parce que je sais faire.

-« Ma Chérie » est votre sixième roman. Comment trouvez-vous l’inspiration?

C’est l’inspiration qui me trouve. L’idée de départ vient souvent de quelque chose que j’ai lu, d’un film que j’ai vu, d’un reportage, et s’installe dans ma tête. Ensuite, elle se développe toute seule.

-« Ma Chérie » se passe aux États-Unis. Une vraie passion ce pays. Pourquoi vous fascine t-il tant?

Je ne suis pas fascinée, je m’y sens chez moi, à l’aise. Mais attention, je n’aime pas tout des États-Unis! Les blaireaux qui votent Trump, les États qui pratiquent la peine de mort et pénalisent l’avortement me révulsent. J’aime New York par-dessus tout, et New York n’est pas l’Amérique. Pas celle-là, en tout cas. J’aime la mentalité des gens là-bas, la bienveillance, l’élan, l’intérêt qu’on porte aux autres. C’est une ville facile à connaître, facile à aimer. Sans New York, je n’écrirais pas, j’en suis sûre.

-Les femmes sont toujours à l’honneur dans vos romans. Vous en faites des personnages forts. C’est important pour vous?

Non. Je ne suis pas féministe, en tout cas pas une féministe vindicative. Revendicatrice, oui, pour des droits égaux. Mais je n’ai pas envie de castrer les hommes comme certaines en donnent l’impression.

Si j’écris sur les femmes, c’est parce que j’écris sur ce que je connais le mieux. Mais les hommes ont toujours une belle place d’homme dans mes romans. Ils sont virils mais pleins de sagesse. Les femmes y sont fortes, parce que c’est toujours plus jouissif de raconter une ascension plutôt qu’une dépression, pour moi.

Mais je ne défends rien, sauf les sentiments. Je veux sauvegarder ça, dans mes histoires: la passion amoureuse, l’amitié profonde.

-Dans « Ma Chérie », vous parlez de ségrégation, de stress post-traumatique, de l’arrivée de Kennedy, de Martin Luther King. Comment vous faites vos recherches pour coller à la réalité?

Je les fais au fur et à mesure que j’écris, parce que je n’ai aucun plan. Un thème en entraîne un autre. Je suis sur mon ordinateur, l’histoire m’emmène quelque part et je cherche sur internet. Il faut que tout soit documenté, c’est une obsession d’ancienne journaliste. Je suis prête à faire des recherches botaniques pendant une heure juste pour écrire une phrase , et vérifier quelle fleur pousse ici et si c’est une période de floraison. J’apprends beaucoup de choses en écrivant!

-Dans chacun de vos romans, vous faites cohabiter des faits historiques avec l’histoire de vos personnages. Pourquoi?

Parce que je suis passionnée d’histoire et d’actualités vintage. Le fond de l’intrigue, la période, les faits, sont l’explication de l’histoire elle-même. C’est un pari à chaque fois, de retranscrire une époque et une société différentes. Je m’y plonge avec gourmandise.

-Il vous a fallu combien de temps pour écrire ce roman? Depuis l’idée qui a germé dans votre tête au point final?

C’est compliqué à quantifier, parce que je crois que l’idée était déjà dans ma tête à la fin de l’écriture de « L’Aile des Vierges », parce que simplement je voulais écrire le contraire de ce que je venais de faire – au lieu de l’ascension sociale de Maggie, la dégringolade de Gloria, qui, en perdant tout, va elle aussi se découvrir. Ensuite, les périodes d’écriture sont morcelées par les déplacements dans les salons du livre. J’écris un livre par an, dans les faits je pense que l’écriture (intensive) me prend entre quatre et six mois.

-Quand vous écrivez, avez-vous déjà un plan bien structuré ou est-ce que vous voyez au fur et à mesure de la rédaction?

Aucun plan. Je ne sais absolument pas où je vais. Des personnages apparaissent au fur et à mesure, ça influe sur l’histoire. Parfois je change complètement de projet en cours de route. Pour « Ma Chérie », j’ai changé d’idée au cours du dernier mois d’écriture.

-Un seul conseil à donner pour se lancer dans la rédaction d’un roman?

Oser et s’y tenir.

-Comment voyez-vous vos lecteurs? Quels rapports entretenez-vous avec eux?

Oh mon Dieu, la chance que j’ai d’avoir une telle communauté autour de mes livres! Je reçois beaucoup d’affection sur les réseaux sociaux, je n’ai qu’une peur c’est qu’on m’en veuille le jour où je ne pourrai plus répondre à tout le monde… Je commence à avoir du mal et je culpabilise. Et quand des fans viennent me voir dans les salons, je prends du temps, je suis touchée – et un peu surprise aussi.

-Comme lectrice, vous avez des préférences de genres littéraires?

Je ne lis presque que des thrillers anglo-saxons. Tout le contraire de ce que j’écris.

-Un conseil lecture pour l’été?

« Une femme entre nous » de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. (Pocket) Une banale histoire de mariage raté et de tromperie… une construction implacable, un suspense intenable. J’en ai abandonné Netflix pendant quelques soirs, ce qui est un exploit!

-Un dernier mot?

Lisez, pour que les auteurs puissent écrire!

5 réflexions sur “Interview de Laurence Peyrin.

  1. Merci pour ce beau partage !! Laurence Peyrin est mon auteur « doudou », je sais a chaque lecture que je m’y sentirais bien… C’est une auteur qui a un réel don de conteuse, j’espère la lire encore longtemps !!!

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  2. Pingback: C’est le 1er, je balance tout #5 – Mai 2019 – Lire&vous

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