Son espionne royale mène l’enquête.

« Son espionne royale mène l’enquête »

de Rhys Bowen

Merci à la meute de La Bête noire pour la découverte de « Son espionne royale mène l’enquête » de Rhys Bowen.

La cour britannique dans les années 1930 avec lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, dite Georgie, fille d’un duc écossais et d’une actrice anglaise, 34ème héritière du trône. Malgré ce titre, Georgie est sans sou depuis que son frère lui a coupé les vivres. Ce dernier voulant la pousser à épouser un prince roumain, Georgie part à Londres pour y échapper. Alors qu’elle ne sait ni allumer un feu, ni cuisiner, Georgie va devoir apprendre aider par ses connaissances et par son grand-père Cokney, un policier à la retraite. La sachant à Londres, la reine lui donne mission de surveiller son fils, le prince de Galles, qui serait sous le charme d’une Américaine. En plus de tout cela, Georgie va découvrir un cadavre dans la baignoire…

« Je vis d’expédients, ma chère. Voilà comment je m’en sors. Et je mène une vie agréable. Les gens m’invitent à dîner quand il leur manque un convive à table. Je suis extrêmement propre et bien dressé. Je ne renverse jamais de soupe sur mon smoking. Ils m’invitent à danser avec leurs filles lors des bals qui suivent les parties de chasse. Évidemment, la plupart d’entre eux ignorent ce que je vous ai confié à propos de mes finances. Je suis le fils de lord Kilhenny. Ils me prennent pour un bon parti. »

Moi qui aime Downton Abbey  et l’humour so british, j’ai été servie grâce à « Son espionne royale mène l’enquête »! Ce roman est captivant de part son héroïne, Georgie, de part son époque, les années 30, de part son lieu, Londres, de part son côté enquête policière! Je me suis laissée emporter par Georgie dans ses aventures, dans son enquête et cela avec plaisir. J’ai retrouvé l’ambiance british des châteaux, lords, sus et coutumes de la royauté britannique. L’auteure, avec humour, dépeint la société anglaise des années 30 avec ses obligations, ses devoirs, ses secrets, ses ambitions, ses mariages arrangés. Pour ces derniers, cela est essentiel car la femme se doit d’être bien mariée et assez rapidement, ce n’est pas vraiment des mariages d’amour mais des mariages d’intérêt et rien que ça, Georgie s’y oppose, elle la vierge de 21 ans qui veut se marier par amour! Elle, Georgie, qui se veut indépendante et va, de ce fait, faire des ménages, une descendante du trône, quel blasphème!! Mais Georgie en fait fit et c’est là que son tempérament d’écossaise prend le dessus!! Georgie est une féministe qui sait ce qu’elle veut, qui ne veut dépendre de personne, qui sait avancer quoiqu’il lui arrive et qui va se révéler une bonne enquêtrice avec un bon instinct. Je me suis prise d’affection pour cette lady qui a que le nom comme avantage mais qui va en faire une force. Georgie est le personnage typiquement british que j’aime, une femme indépendante et battante recherchant l’amour avec un grand A.

Concernant l’enquête, l’auteure nous plonge petit à petit dedans. Il y a la découverte d’un cadavre dans la baignoire de Georgie puis des accidents qui lui arrivent mais celle-ci est très maladroite alors est-ce de la maladresse ou est-ce intentionnel? Et si c’est intentionnel, qui lui en voudrait? Des questions auxquelles Georgie va devoir trouver des réponses et avec elle, j’ai tenté d’y répondre, j’ai mis ma casquette de Sherlock et je l’ai suivie!!

« Son espionne royale mène l’enquête » est un roman british/ royal/ policier, un roman qui pétille l’humour anglais dans une société royaliste des années 1930! Bref, j’ai passé un super moment avec ce roman et avec la plume de Rhys Bowen, plume so british comme j’aime!!

« Son espionne royale mène l’enquête » de Rhys Bowen traduit par Blandine Longre chez La Bête noire (Robert Laffont), 06 juin 2019.

 

 

Interview de Bruno Combes.

« Interview de Bruno Combes »

Tout d’abord, merci infiniment, Bruno d’avoir accepté de répondre à mes questions!

 

 

 

-Mais qui est Bruno en fait?

Un scientifique égaré dans le monde de l’édition…Plus sérieusement, je n’avais jamais pensé un jour devenir écrivain. Tout cela s’est fait un peu par hasard. J’avais, jusqu’il y a six ans, une vie professionnelle bien différente : ingénieur-consultant dans des laboratoires pharmaceutiques. J’écrivais pour mon plaisir et puis, un jour, des éditeurs m’ont contacté et l’aventure a débuté aux éditions Michel Lafon. 

 

-Pourquoi écrivez-vous?

C’est une question difficile. Au fond, je ne sais pas vraiment même si…. Je ne crois pas qu’on écrit pour une raison en particulier, mais pour un ensemble de besoins. D’ailleurs, je ne me considère pas comme un écrivain, mais comme « un conteur d’histoires ». J’aime construire des personnages, leurs vies, les voir évoluer au gré de mes envies, de mes failles, de mes joies, de mes expériences, mon vécu de tout ce qui m’interpelle dans la vie des autres, mes proches ou des parfaits inconnus. En fait, je me nourris de tout ce que je vois autour de moi.

 

-Comment, en deux phrases, parlez-vous de votre dernier roman « Je ne cours plus qu’après mes rêves »?

C’est une histoire que j’aime beaucoup, car elle démontre qu’audelà des générations, du niveau social et de nos origines nous sommes tous, d’abord, des êtres capables d’entraide et de bienveillance. Ce n’est plus forcément évident de nos jours.

Nos rêves ne sont pas forcément des choses gaies, ils peuvent aussi être un but à atteindre pour terminer une histoire, une vie dans les conditions que l’on souhaite et non pas de la façon dont les autres ont décidé pour nous.  

 

-Dans quelle catégorie classeriez-vous votre roman? 

Mes livres sont souvent classés dans la catégorie « feel good » je ne supporte pas cette expression. Pour moi mes livres sont des « romans de vie » malheureusement cette catégorie n’existe pas.

 

-Trois femmes, trois générations. Comment les avez-vous imaginées? Est-ce que des femmes de votre entourage vous ont inspiré?

Non aucune femme de mon entourage direct ne m’a inspiré une des « 3L ». Enfin, pour être plus précis, pas une en particulier. Chacune des « 3L » est un subtil mélange de différentes personnes ou d’expériences qui m’ont emmené à construire chaque personnage de telle ou telle façon.

 

-Vous évoquez la maladie d’Alzheimer. Ce sujet vous touche personnellement?

Non, d’autres maladies me touchent personnellement, mais pas la maladie d’Alzheimer. Je me suis donc longuement renseigné sur cette pathologie. C’est très important pour détailler au plus juste les subtilités de maladies complexes.

 

-Réaliser ses rêves, un peu utopiste?

Oui, bien sûr. D’ailleurs, réaliser ses rêves, n’est-ce pas les voir s’envoler ? On peut se poser la question. Le but d’une vie est de courir après ses rêves, mais pas forcément de les réaliser, du moins tous. La frustration fait partie du plaisir et de ce qui nous permet d’avancer.

 

-La fin de votre roman m’a fait verser quelques larmes. Ça vous fait quoi de savoir que des larmes ont coulé à la lecture de votre livre?

Ça me touche, tout simplement. Être capable par son écriture d’émouvoir un lecteur jusqu’aux larmes, c’est plaisant et effrayant à la fois. Je pense qu’il y a une disproportion entre le pouvoir que nous avons et la réalité. Je suis l’égal de mes lecteurs et avoir la capacité par mes écrits de les émouvoir jusqu’aux larmes, c’est un sentiment étrange.

 

-Il vous a fallu combien de temps pour écrire ce roman? Depuis l’idée qui a germé dans votre tête au point final?

Un roman c’est entre 8 et 11 mois de travail. Huit mois d’écriture du manuscrit primaire puis 3 à 4 mois de relecture et corrections avec l’éditeur. Cette dernière phase est longue et fastidieuse. Autant j’aime créer autant je déteste la phase de corrections qui est parfois un crève-cœur, car il faut condensé, améliorer et cela passe parfois par la suppression de nombreuses pages …. Pour être précis 55 pour mon dernier roman.

 

-Quand vous écrivez, avez-vous déjà un plan bien structuré ou est-ce que vous voyez au fur et à mesure de la rédaction?

Oui, tout est bien cadré. En fait, je travaille en plusieurs phases. D’abord l’idée qui germe en quelques phrases. Puis le fil conducteur de l’histoire en quelques pages. Ensuite je séquence en chapitres qui, au départ, ne contiennent que quelques lignes. C’est à partir de ce moment que débute le véritable travail d’écriture ou l’imaginaire prend tout son rôle.

 

-Quel seul conseil donneriez-vous à un futur écrivain?

Aucun, je ne me sens pas légitime pour donner un conseil quel qu’il soit.  Mais si je devais en donner un seul, ce serait de ne jamais abandonner, mais ce n’est pas évident.

 

-Comment voyez-vous vos lecteurs? Quels rapports entretenez-vous avec eux?

Je leur dois tout, absolument tout donc j’essaie de leur rendre une partie de ce qu’ils me donnent. À travers les réseaux sociaux, je communique beaucoup, j’essaie de répondre à tous les messages, pour l’instant j’y arrive, mais cela devient très chronophage. J’espère pouvoir continuer, c’est un devoir pour moi.

 

-Comme lecteur, vous avez des préférences de genres littéraires?

Non pas forcément, J’aime lire des auteurs qui ne font pas l’actualité. J’ai déjà découvert des petites merveilles. Par contre je suis un fan inconditionnel D’Anna Gavalda.

 

-Pourquoi lisez-vous?

Pour m’évader bien sûr, mais surtout pour découvrir d’autres styles, d’autres horizons d’écriture.

 

-Un conseil lecture pour l’été?

Oui, une petite merveille que j’ai découvert récemment : « La vie à parfois un goût de ristretto » de Laurence Vivares. 

 

-Un dernier mot?

Oui à mes lecteurs : Merci !

Je ne cours plus qu’après mes rêves.

« Je ne cours plus qu’après mes rêves »

de Bruno Combes

Merci aux éditions Michel Lafon pour la découverte de « Je ne cours plus qu’après mes rêves » de Bruno Combes.

Trois femmes, trois générations différentes vont voir leur vie changer grâce à elles trois. Il y a Louise, 77 ans, qui vient de perdre l’homme de sa vie et qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Il y a aussi Louane, 18 ans, qui vient de rater son bac et se voit contrainte par son père de travailler l’été. Et il y a Lauren, 39 ans, qui ne vit que pour son boulot et ses histoires d’un soir. Ces trois femmes vont se rencontrer par le plus grand des hasards, et cette rencontre va totalement changer leur destinée à chacune.

« S’enfuir, larguer les amarres, ne pas se retourner. Courir, courir à en perdre haleine, à s’en brûler les poumons. Pousser la vie droit devant soi sans se poser de question, ne rien attendre et n’avoir aucun regret. Allumer des feux d’artifice pour que l’espoir renaisse et voir le ciel s’embraser de milliers d’étoiles. »

Ce roman est un beau roman, un roman empli de tendresse, d’attention, de sincérité et surtout d’émotions. Bruno Combes nous parle dans son livre, d’amitié, de maladie, de rêves. L’amitié qui va se créer presque naturellement entre les trois femmes, les trois L. La maladie, celle de Louise, la maladie d’Alzheimer, cette maladie sournoise, déstabilisante, cruelle. Et les rêves, les rêves de ces trois femmes, des rêves simples mais de beaux rêves. Louane, Laurene et Louise vont se créer un cocon, leur cocon en Espagne, près du moulin, le village d’enfance de Louise. Dans ce village, une belle et forte amitié va naître et elle va naître autour de Louise et de sa maladie. Louane et Laurene vont faire un rempart autour de Louise, elles vont la protéger, la soutenir, la guider et ne jamais l’abandonner. Et sans s’en rendre compte, les trois femmes vont prendre les décisions qui leur sont essentielles pour enfin se réaliser.

Bruno Combes nous livre trois belles femmes, trois femmes chacune à un moment important de leur vie, trois femmes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, trois femmes attachantes et fortes, trois femmes qui vont être si importantes l’une pour l’autre. Tout cela se tisse autour de la maladie d’Alzheimer, celle que tous nous redoutons, celle qui anéantit un homme, une femme, celle qui fait peur autant pour soi que pour les autres, celle qui demande une attention de tous les moments, celle qui détruit progressivement une personnalité. Avec tendresse et affection, l’auteur nous montre les différentes facettes de cette maladie et ce que cela entraîne dans la vie du malade et de ses proches. Bruno Combes, avec son personnage de Louane, nous parle également de la jeunesse, des choix d’études, des choix des parents, de la volonté de s’affirmer et de l’empathie dont fait preuve Louane, une si jolie empathie. Et Laurene, cette femme dynamique qui se réfugie dans le travail afin de ne pas faire face à sa peur d’aimer, à son envie d’être aimée, à son envie de construire sa famille. Trois femmes, trois générations, trois moments de la vie, et trois destins liés qui vont faire force ensemble et qui vont braver ce qui les attend. « Je ne cours plus qu’après mes rêves » est un joli roman où toute la tendresse et l’empathie sont au centre de l’histoire. Un joli roman écrit d’une jolie plume avec une vraie bienveillance de la part de son auteur. Un joli roman qui donne le sourire et fait couler une larme. Un joli roman qui redonne foi en l’autre. Un joli roman de femmes. Un joli roman dans un très joli lieu en Espagne. Un joli roman qui donne une envie: vivre ses rêves!

« Je ne cours plus qu’après mes rêves » de Bruno Combes chez Michel Lafon, 02 mai 2019.

Sucre noir.

« Sucre noir »

de Miguel Bonnefoy

Merci aux éditions Rivage pour la découverte du roman de Miguel Bonnefoy paru en poche, « Sucre noir ».

Un village des Caraïbes, un trésor échoué avec le navire du célèbre capitaine Henry Morgan, trois cents plus tard, trois générations vivant juste à côté de ce trésor. Chacun veut découvrir ce trésor tout en développant la propriété familiale grâce à la richesse de la terre.

« Ces livres enseignèrent à Serena tout à la fois la servitude et la révolte, l’infidélité et le crime, la magie d’une description et la pertinence d’une métaphore. Ils lui firent découvrir les divers aspects de la virilité, dont elle ignorait presque tout. Elle apprit que la tour de Pise penchait, qu’une muraille entourait la Chine, que des langues étaient mortes, et que d’autres devaient naître. »

Lors de sa sortie en grand format, j’avais déjà très envie de partir en voyage avec « Sucre noir » et je ne regrette pas mon voyage. Ce livre est un conte, une histoire de trésor, de navire, de chercheur de trésor, de famille, de secret, d’amour, d’espérance, de fierté, de maléfice, de danger, de rhum. Et oui, il y a tout ça dans ce livre. C’est un livre riche de son histoire, riche de la plume de Miguel Bonnefoy, riche des Caraïbes, riche de descriptions, riche d’odeurs, riche de couleurs!! Comment ne pas succomber à « Sucre noir »?!! Les histoires de trésor ne m’attirent pas en général mais dans ce roman, ce trésor est la base, la base de la quête de ce village, de la famille Otero et de Sevro Bracamonte. Comme tout trésor, il est introuvable mais Sevro va trouver plus car sa quête va l’amener à développer un commerce du rhum. Et son commerce va prospecter faisant vivre tout le village. Mais voilà, avec tout trésor, il y a des malédictions et Sevro ne va pas y échapper tout comme la famille Otero.

« Sucre noir » est bien plus qu’une histoire de trésor. C’est une réflexion sur la véritable richesse qu’un trésor ne peut apporter, la richesse de la terre, la richesse de l’amour. Ces richesses permettent tellement plus et offrent tellement plus que la richesse matérielle même s’il est question de faire fortune, fortune construite grâce au travail et l’intelligence. « Sucre noir » est un ravissement pour le lecteur qui se laisse totalement emmener dans cette Caraïbe à la découverte de sa beauté et de ses richesses naturelles. En refermant ce roman, les couleurs et les odeurs qui font l’essence de l’histoire sont toujours un peu présente. « Sucre noir » est coloré avec un subtil mélanges d’odeurs et une grosse pincée d’amour!!

« Sucre noir » de Miguel Bonnefoy chez les éditions Rivages, 16 août 2018.

Amour entre adultes.

« Amour entre adultes »

d’Anna Ekberg

« Amour entre adultes » d’Anna Ekberg, je l’ai lu dans le cadre de la team thriller du Cherche Midi.

Christian et Leonora sont mariés depuis 20 ans, ont un fils, Johan, qui a été gravement malade. Une famille qui paraît bien sous tous rapports. Mais voilà, il n’en est rien… Un soir de pluie, Christian attend dans sa voiture que sa femme passe devant lui en faisant son jogging. Christian s’apprête à tuer Leonora…

« Elles affluent immédiatement: les pensées, elles vivent dans le noir, habitent sous ses paupières, des bêtes dans la nuit, qui l’empêchent de dormir. Le jour, il peut les mettre de côté, mais dès qu’il ferme les yeux, elles sont là. A-t-il détruit leurs vies? La vie de Johan? Ce n’était pas ce qu’il voulait, mais il ne voulait pas non plus détruire la sienne. Avant de rencontrer Zenia, la tristesse l’habitait depuis longtemps. Un sentiment de solitude. Il n’en avait jamais parlé à personne. »

Pour ce thriller, il faut surtout pas s’arrêter au titre ni à la couverture qui ne reflètent pas le roman! Ce roman est un bon thriller, celui qui a les bons codes, celui qui vous distillent les éléments eu fur et à mesure, celui dont les rebondissements font de lui un bon thriller!! « Amour entre adultes » commence par Christian qui écrase sa femme avec sa voiture et fait une marche arrière histoire d’être bien sur de sa mort… Dès le début, le lecteur ne peut que se dire qu’il est bien en présence d’un thriller et que maintenant, il va savoir pourquoi ce geste… Et le lecteur va aller avoir une sacré surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout!!! Pourquoi vouloir tuer sa femme après 20 ans de mariage? Parce que Christian aime une autre femme Zenia? Parce que Leonora a menacé Christian? Parce que Christian n’a plus que cette solution? Afin de tenter d’y voir plus clair, il y a l’intervention de Holger, le policier qui a été en charge de cette enquête, et sa fille. Holger lui raconte cette histoire en émettant les différentes hypothèses qu’il a eues sans réussir à les prouver… Cette construction de récit donne un bon rythme au roman et permet d’avoir pour une fois la version du côté des enquêteurs des années après le crime.

Dans « Amour entre adultes », Anne Ekberg nous décrit Christian, cet homme qui trompe sa femme, cet homme qui va commettre un horrible crime, cet homme qui va se révéler être lâche, cet homme qui va subir au lieu d’affronter. Il y a aussi Leonora, la femme trompée, celle qui a sacrifié sa carrière de musicienne afin de ne s’occuper que de son fils malade, celle qui a fait passer sa famille avant tout le reste, celle qui apparaît comme une victime, celle qui va devenir un bourreau, celle qui depuis des années cache qui elle est réellement. L’auteure a fait un réel travail sur la psychologie des personnages, a su rendre captivante cette histoire par sa façon de conter, de faire entrer son lecteur pleinement dans le récit. Personnellement, j’ai totalement adhéré à ce roman, j’ai aimé le retournement de situation, j’ai aimé le récit du vieux flic, j’ai aimé le développement de la psychologie du roman. Pour moi, « Amour entre adultes » est un bon thriller!!!

« Amour entre adultes » d’Anna Ekberg traduit par Laila FlinkThullesen et Christine Berlioz chez Cherche Midi, 02 mai 2019.

Interview de Madeleine de Place.

« Interview de Madeleine de Place »

Tout d’abord, merci infiniment Madeleine d’avoir accepté de répondre à mes questions !

 

  Mais qui est Madeleine en fait ?

Une parisienne comme les autres ! A 37 ans, je jongle entre mon boulot et ma famille : je suis tout le temps débordée, je fais des listes et des plannings, et je n’ai pas une minute à moi. Je ne sais même pas comment j’arrive à trouver du temps pour écrire…

 

 Pourquoi écris-tu ?

A vrai dire, je ne m’étais jamais posé la question…. En fait, pour moi écrire est naturel, évident, un peu comme respirer. J’adore manier les mots, travailler les tournures de phrases, mettre en forme mes idées, trouver l’émotion juste. Je ne me lasse jamais d’écrire car je m’amuse à tester des registres et des sujets différents : j’ai écrit des chroniques humoristiques, des articles de presse, des nouvelles, des brochures, des pubs Dès qu’il y a des mots, je suis heureuse (et je ne teparle même pas de ma passion pour le Scrabble !).

 

 « Dis, quand reviendras-tu ? » est ton premier roman. Quand on te demande de le pitcher, que dis-tu ?

En une phrase ? Ce roman trace la vie d’un homme né sous X, racontée par les huit femmes qui l’ont accompagné et aidé à se construire, de sa naissance jusqu’à sa mort.

 

 Comment l’idée de ces huit femmes qui racontent chacune Gabriel t’est venue ?

J’avais envie de raconter la vie d’un homme abandonné à la naissance par sa mère, mais je ne voulais pas écrire à la première personne. J’ai toujours adoré les personnages féminins : je me suis dit qu’il serait intéressant que le sujet central de mon livre ne soit finalement qu’un personnage secondaire, pour laisser la parole à des femmes très différentes mais avec un point commun : leur amour pour lui.

 

 Est-ce que tu t’es inspirée de femmes de ton entourage pour dresser le portrait de ces femmes ?

Pas du tout ! Au contraire, j’ai eu envie de créer chacune de ces femmes. J’ai passé beaucoup de temps à imaginer leur apparence, leur vie, leur caractère. Parfois, je me surprenais à devoir changer le fil de l’histoire que j’avais prévue, parce que mon personnage n’aurait jamais réagi comme je l’avais imaginé initialement. Je me suis attachée à chacune d’entre elles : elles font partie de ma vie, un peu comme des copines avec lesquelles j’aurais partagé un bout de chemin…

 

 Et Gabriel, il vient d’où ?

Une de mes tantes travaillait dans une pouponnière dans les années 60 et me racontait qu’elle se demandait souvent ce qu’était devenu un petit garçon dont elle s’était occupée. La graine de l’histoire de Gabriel était plantée !

 

 Il y a beaucoup d’amour dans ton roman. Cela a été ton fil conducteur pendant la rédaction de ton livre ?

Oui et non. Il est évident que le point commun entre toutes ces femmes est qu’elles ont toutes aimé Gabriel, chacune à sa manière. Mais je voulais également montrer que toutes espéraient qu’il revienne et l’attendaient : c’est d’ailleurs cette idée d’attente qui a inspiré le titre du roman « Dis, quand reviendras-tu ? »

 

 Pourquoi ne pas avoir fait un chapitre dont Gabriel aurait été le narrateur ?

Je me suis effectivement posé la question : pourquoi ne pas terminer le livre par la voix de Gabriel ? Et puis j’ai rapidement abandonné cette idée : je n’avais pas envie de lui donner la parole. Je trouvais beaucoup plus intéressant de garder une part de mystère. Dans la vie, on ne connait jamais vraiment les gens : je voulais que le lecteur ressente également cette petite frustration. Je fais partie de ces personnes qui préfèrent les histoires qui laissent un peu de place à l’imagination. 

 

 Il t’a fallu combien de temps pour écrire ce roman ? Depuis l’idée qui a germé dans ta tête au point final ?

 Il m’a fallu un an et demi environ pour rédiger le manuscrit que j’ai envoyé à ma maison d’édition. Mais je me suis arrêtée en cours de rédaction pendant ma grossesse (j’étais tellement fatiguée que j’écrivais n’importe quoi : j’ai carrément changé le prénom d’un personnage en plein milieu d’un chapitre sans même m’en rendre compte !). Il y a également eu quatre mois de corrections et d’échanges quasi-quotidiens avec mes deux éditrices : c’est un travail considérable, dont je n’avais pas conscience.

 

 Quand tu écris, as-tu déjà un plan bien défini ou est-ce que tu vois au fur et à mesure de la rédaction ?

Un mélange des deux.

Je suis très scolaire dans ma manière d’écrire. Je commence par remplir des carnets avec des idées, des prénoms, des scènes, des dialogues. Je prépare ensuite un grand tableau Excel très détaillé avec les personnages, les dates, la chronologie des événements. Je laisse ensuite toutes ces idées se mettre en place dans ma tête jusqu’au moment où je sens que je suis prête à écrire. Je me lance dans la rédaction en suivant mon plan, mais en cours d’écriture, j’ajoute beaucoup d’éléments, je modifie l’histoire, je m’adapte à ce que je ressens.

 

 Comment vois-tu tes lecteurs ? Quels rapports entretiens-tu avec eux ? 

Pour l’instant, je n’ai pas encore rencontré mes lecteurs « en vrai ». En revanche, nous échangeons beaucoup sur les réseaux sociaux : je reçois des mails et des messages tellement gentils et touchants… J’ai beaucoup de chance. Cela me motive pour continuer à écrire des romans !

 

 Comme lectrice, tu as des préférences de genres littéraires ?

Je suis une lectrice curieuse : à part la science-fiction, avec laquelle je n’accroche pas du tout, je n’ai pas vraiment de préférence. Je teste tout ce qui me passe sous la main : je peux lire des grands classiques de la littérature comme de la « chicklit » ou des polars avec le même plaisir. En revanche, j’ai des phases : pendant 3 mois, je ne vais lire que des romans policiers, ensuite uniquement des œuvres d’un même auteur. Je suis à la fois très éclectique et monomaniaque.

 

 Un conseil lecture pour l’été ?

Houlà, dur de choisir ! Dans les parutions récentes, je dirais « Surface » d’Olivier Norek et « Ciao Bella » de Serena Giuliano. Je les ai dévorés. Et sinon, « Manderley Forever », la biographie de Daphné du Maurier écrite par Tatiana de Rosnay : elle se lit comme un roman et j’ai adoré (en plus elle existe en Livre de Poche donc plus facile à lire dans le train ou sur la plage).

 

-Un dernier mot ?

Un grand merci à toi pour cette interview !