Interview de Carène Ponte.

« Interview de Carène Ponte »

Tout d’abord, merci infiniment Carène d’avoir accepté de répondre à mes questions!

 

-Mais qui est Carène en fait?

Une femme de 39 ans, en couple avec deux enfants et un chien. 🙂

-Pourquoi écris-tu?

Parce que j’en rêvais, parce que ça me nourrit, ça me fait vibrer et au final ça me rend heureuse.

-Quand tu parles de ton roman, « D’ici là, porte-toi bien », que dis-tu?

Qu’il s’agit d’un roman choral dans lequel 6 femmes, qui ne se connaissent pas et sont très différentes, vont se retrouver sur un même lieu de vacances et au hasard des rencontres vont s’apporter du soutien.

-Tes personnages dans ce roman sont tous attachants avec leurs soucis. Où as-tu trouvé l’inspiration pour les « créer »? Dans ton entourage?

Jessie est inspirée d’une amie. Pour les autres, je les ai complètement imaginées en fonction des thématiques que j’avais envie d’écrire.

-Comment t’es venue l’idée d’une résidence de vacances de luxe, L’Avenue du Parc Resort and Spa, comme lieu de ton roman?

Parce que j’aime cette idée de rencontres sur un laps de temps déterminé. On peut d’autant plus facilement se confier à des personnes que l’on ne connait pas et que probablement on ne reverra pas. Quoi de mieux pour ça qu’un lieu de vacances? S’il peut être un peu chic c’est encore mieux 🙂

-Tu parles de sujets graves comme la stérilité, la maladie, l’adultère. Ce sont des sujets pour lesquels tu es particulièrement sensible?

Ce sont des sujets qui me paraissent actuels et susceptibles surtout de parler à tout le monde.

-Tu colles à l’actualité avec l’histoire de Mia et de son patron. Une référence à #MeToo?

 Oui ici clairement il y a un lien. Disons que j’ai moi aussi croisé une personne ressemblant fort à Paul Lunel.

-Il t’a fallu combien de temps pour écrire ce roman? Depuis l’idée qui a germé dans ta tête au point final?

Entre l’idée et le point final du 1er jet (celui que j’envoie à mon éditeur) il y a eu 7 mois. Puis ensuite on compte deux mois environ de travail éditorial et de corrections en binôme.

-Quand tu écris, as-tu déjà un plan bien défini ou est-ce que tu vois au fur et à mesure de la rédaction?

J’ai une trame, une ligne directrice, une issue, mais les choses peuvent varier en cours de route en fonction des personnages et de leur fâcheuse tendance à n’en faire qu’à leur tête.

-Un conseil pour un futur auteur?

Écrire, écrire et écrire. Ne pas se poser 1600000 questions, se lancer et mettre en mots l’histoire qu’on a en tête.

-Comment vois-tu tes lecteurs? Quels rapports entretiens-tu avec eux?

Je les vois comme des êtres très très précieux alors je les chéris. J’entretiens des rapports amicaux, assez proches que ce soit en salons ou sur les réseaux sociaux

-Comme lectrice, tu as des préférences de genres littéraires?

Je lis de tout, sauf les livres qui font peur et ceux de science fiction. Ce qui veut dire que j’alterne entre feel good, chick-lit, thriller, jeunesse, littérature blanche…

-Un conseil lecture pour la rentrée?

Le dernier roman de Marie Vareille «  La vie rêvée des chaussettes orphelines », un énorme coup de cœur pour moi. Ou un thriller de Valentin Musso dont je viens de découvrir la plume avec beaucoup d’enthousiasme.

-Un dernier mot?

Merci 🙂

D’ici là, porte-toi bien.

« D’ici là, porte-toi bien »

de Carène Ponte

Carène Ponte a eu la gentillesse de m’envoyer son dernier roman, « D’ici là, porte-toi bien », aux éditions Michel Lafon.

Une résidence de luxe. Des premiers vacanciers qui font se croiser et faire connaissance dans ce lieu. Samya avec son mari qui a été infidèle. Apolline qui veut par dessus tout un enfant. Geneviève qui montre les premiers signes de la maladie d’Alzheimer. Alison dont le fiancé l’a plantée le jour du mariage. Jessie qui est partie seule, afin de faire une pause avec son mari. Et Mia, la plus jeune, qui vient d’être embauchée sans expérience. Des destins qui vont se croiser et s’aider.

« Geneviève et Paul sont assis sur les fauteuils qui leur ont été assignés. Avant qu’elle en parte visiter L’Avenue du Parc, la journaliste est venue se présenter et leur expliquer comment aller se dérouler l’émission. Elle a l’air avenante et pleine d’enthousiasme. Paul croit se rappeler que c’est elle qu’il a entendue à la radio dans une émission en soirée, elle y recevait un écrivain venu parler de son premier roman, « Avec des si et des peut-être ». Il s’en souvient parce qu’il avait trouvé que le titre était quand même un peu facile et qu’ils n’avaient pas beaucoup d’imagination, ces écrivains modernes… »

Avec « D’ici là, porte-toi bien », Carène Ponte a su, une nouvelle fois, faire voyager son lecteur pendant un petit moment dans un endroit luxueux avec des personnes dont les destins vont se croisés et cela donne un bon feel good qui est parfait pour une lecture au bord de l’eau!

Bien que d’un ton léger, « D’ici là, porte-toi bien » parle de sujets assez difficiles comme l’adultère, l’infertilité, la maladie, l’âge, le non lâcher prise, le harcèlement… Et oui, par l’intermédiaire de ses six femmes, Carène Ponte évoque tous ces sujets. Chacune porte « sa croix », un peu comme dans la vraie vie. Chacune cherche une, des solutions. Comme dans la vraie vie. Chacune a besoin d’un peu d’aide. Comme dans la vraie vie. Chacune a besoin de penser à elle, enfin. Comme dans la vraie vie. Et oui, l’auteure n’en oublie pas la vraie vie dans son roman mais cela reste tout de même un roman. C’est-à-dire que certaines situations sont romancées et/ou ne pourraient arriver réellement mais c’est tout le charme de ce livre également. Tout au long du roman, la bienveillance est le maître mot de l’auteure: de la bienveillance envers ses personnages, de la bienveillance entre ces six femmes. Et il ne faut surtout pas oublier toutes ces pointes d’humour car, oui, j’ai aimé l’humour de Carène qu’elle a donné à ses personnages. Et donc même si les situations que ces femmes affrontent sont difficiles, Carène ne les a pas évoquées d’une manière dramatique, bien au contraire. Et en fait, grâce à l’humour, tout passe mieux!!

La construction de ce roman permet de s’y plonger facilement, de ressentir de l’empathie pour chacune des femmes. Ce roman est un roman choral et chaque chapitre est celui d’une des femmes. Chacune se raconte dans le chapitre qui lui est consacré et cela permet au lecteur de bien faire connaissance avec chacune, de bien comprendre ce qui l’a amené dans cette résidence de luxe et surtout cela permet de bien ressentir ce qu’elle vit.Cela donne plus de réel au récit et on pourrait même jusqu’à s’identifier à une d’elles!!

« D’ici là, porte-toi bien » est le roman idéal sur un transat et d’ailleurs, la couverture y invite fortement 😉

« D’ici là, porte-toi bien » de Carène Ponte chez Michel Lafon,06 juin 2019.

 

La petite sonneuse de cloches.

« La petite sonneuse de cloches »

de Jérôme Attal

Évidemment que j’ai lu « La petite sonneuse de cloches » de Jérôme Attal chez Robert Laffont!

1793, Chateaubriand est à Londres avec l’espoir de devenir écrivain. Il est sans argent et alors qu’il se trouve enfermé dans l’abbaye de Westminster, il reçoit un baiser d’une jeune fille, la sonneuse de cloches. De  nos jours, Joe J Stocklom meurt avant d’avoir terminé son roman sur les amours de Chateaubriand. Son fils, Joachim, trouvant le chapitre sur cette sonneuse de cloches, décide de partir à sa recherche à Londres.

« Toute ma vie, il me semblait avoir recherché des êtres qui me feraient vivre des « instants maison ». Ce que j’appelle des « instants maison » sont des instants où l’on se sent soi-même, à une distance la plus infime possible entre ce qu’on est et l’image qu’on se fait de sa présence sur terre, sans vouloir toujours chercher ailleurs, comme une âme errante, une personne de plus, prompte à nous réinventer. »

Pour moi, « La petite sonneuse de cloches » est le meilleur roman de Jérôme! Que j’ai aimé ma lecture. Que j’ai aimé retrouver encore la plume de Jérôme. Que j’ai aimé me promener dans deux époques différentes. Que j’ai aimé en savoir beaucoup, mais beaucoup plus sur Chateaubriand. Comme j’ai aimé errer dans les rues de Londres. Comme j’ai aimé découvrir l’abbaye de Westminster sous un autre angle. Que j’ai aimé lire des histoires d’amour. Oui j’ai aimé « La petite sonneuse de cloches ». Jérôme a un don très particulier de m’emmener, mais avec tellement de facilité, dans son monde, dans ses phrases, dans ses mots… Jérôme est un conteur au sens noble du mot. Jérôme sait raconter de belles histoires. Jérôme sait envouter son lecteur. Jérôme sait nous faire voyager à travers ses pages. Avec Jérôme, j’apprends toujours sur les écrivains, artistes connus; sur des périodes données. C’est un puits de connaissance qu’il partage avec passion, envie, amour! Et de l’amour, il y en a dans son dernier roman: deux histoires d’amour à deux époques différentes à Londres, deux histoires d’amour si jolies.

Dans « La petite sonneuse de cloches », tout part d’un baiser, un baiser qu’a reçu Chateaubriand par une inconnue dans un lieu improbable. Ce baiser va hanter Chateaubriand qui va vouloir connaître l’instigatrice. Ce baiser, qui des siècles plus tard, va aussi hanter un homme, Joachim qui va aussi vouloir connaître cette instigatrice du baiser. Comme quoi un baiser peut emmener à faire beaucoup! Que ce soit avec Chateaubriand ou avec Joachim, j’ai assisté à une enquête, à des rebondissements. Je suis partie à la quête d’une jeune fille dans les rues de Londres aussi bien en 1793 que de nos jours. J’ai cherché à découvrir pourquoi Chateaubriand a été subjugué par ce baiser et pourquoi Joachim aussi. « La petite sonneuse de cloches » est LE roman de Jérôme Attal, est celui que vous devez découvrir, est celui qui doit être un coup de cœur de la rentrée littéraire!

« La petite sonneuse de cloches » de Jérôme Attal chez Robert Laffont, le 22 août 2019.

L’ami.

« L’ami »

de Sigrid Nunez

Un livre qui parle d’un chien, je devais le lire: « L’ami » de Sigrid Nunez chez les éditions Stock.

Au décès de son meilleur ami, la narratrice se retrouve avec le chien de cet ami, Apollon un dogue allemand. Mais voilà, elle préfère les chats et surtout les chiens sont interdits dans son immeuble. Elle accepte quand même et elle va apprendre à connaître Apollon et vivre avec lui.

« J’aime l’idée des aborigènes selon laquelle ce sont les chiens qui rendent les gens humains. Tout comme (même si je me souviens pas qui l’a dit): Ce qui m’empêche de devenir totalement misanthrope, c’est de constater à quel point les chiens aiment les hommes. »

« L’ami » est un roman qui a plusieurs thèmes: la perte d’un ami, l’amitié, l’écriture, la relation des humains avec les chiens, l’amour. J’ai beaucoup aimé la relation qui s’établit progressivement entre la narratrice et ce grand chien Apollon, ce chien qui la relie à son ami décédé, à cet ami qui a décidé de partir… Avec l’arrivée de ce chien dans sa vie, la narratrice, écrivain et professeur, va se souvenir de son ami, de ce qu’ils ont vécu, de la vie de cet ami, de leur relation. Elle se souvient comme une quête, comme pour essayer de comprendre son geste. Un fort lien va se créer entre les deux, tout comme Apollon avait un lien avec son ancien maître. Dans « L »ami », l’auteure parle des liens puissants qui peuvent unir un homme avec son animal, un homme avec un chien en particulier, une amitié sincère et fidèle, une amitié sans faux semblant. La narratrice va découvrir tout cela car elle va devoir prendre soin d’Apollo, elle va devoir le consoler de la perte de son maître, elle va devoir trouver une solution pour le garder dans son immeuble. Apollon devient très important pour elle et cela la surprend beaucoup!!

À travers Apollon, l’auteure veut mettre en avant l’amitié, celle qui lie profondément deux personnes, celle qui lie un humain et un animal. J’ai aimé participer à la naissance de cette amitié avec Apollon, j’y ai retrouvé beaucoup de similitude avec moi et Phoebe. Dans « L’ami », Sigrid Nunez évoque également tout ce qui entoure l’écrivain, son écriture, ses relations avec l’éditeur, avec les autres écrivains; et également la vie dans les universités entre étudiants et professeurs. Elle nous dévoile une autre facette et j’avoue qu’à certains moments du récit, l’auteure m’a un peu perdue, j’y ai trouvé des longueurs et même des paragraphes dont je n’ai pas compris pourquoi ils se trouvaient à certains moments du récit. Cependant, je retiens, tout de même, que du bien surtout avec Apollon. Et je dis bravo à l’auteure pour le retournement de situation qui m’a absolument surprise dans le bon sens du terme! Ce roman est un joli roman sur l’amitié, sur la perte d’un ami cher, sur la création littéraire, sur le pouvoir des animaux sur l’homme en général. Et une mention spéciale pour la traduction!!

« L’ami » de Sigrid Nunez, traduit par Mathilde Bach, chez Stock, le 21 août 2019.

 

Protocole gouvernante.

« Protocole gouvernante »

de Guillaume Lavenant

« Protocole gouvernante » de Guillaume Lavenant chez les éditions Rivage est le roman déroutant de la rentrée littéraire.

Une jeune gouvernante arrive dans une maison d’un couple aisé dans un quartier bien tranquille. La gouvernante devra s’occuper de la petite fille. Et elle le fera en suivant le protocole, le protocole de Lewis qui la rendra indispensable à tous les membres de la famille. Mais pourquoi ce protocole? Et en plus, elle n’est pas la seule, gouvernante. Il y en a un peu partout qui suivent le même protocole…

« Vous aurez envie de savoir ce qui arrive, vous lirez ces lignes à la lueur de la lune pour en savoir plus, pour être rassurée, mais la seule chose que nous pouvons dire est que vous avez fait ce qu’il fallait, que toute autre considération doit être laissée de côté, il vous faudra apprivoiser cette peur. »

Que dire à part que ce roman est stupéfiant. Que l’histoire est stupéfiante. Que la construction est stupéfiante. Que cette fiction est stupéfiante. Qu’il y a un petit air de « La servante écarlate » est que c’est stupéfiant. « Protocole gouvernante » est un roman qui ne peut laisser indifférent, qui forcément interroge, qui peut être d’anticipation… Bref, l’auteur, Guillaume Lavenant, a su me captiver, a su m’intriguer, a su me tenir éveillée à ne plus vouloir lâcher le livre. Tout a commencé par la construction du roman car l’auteur employe le « vous » et cela rend le « protocole » concret. En effet, le lecteur découvre le protocole en même temps que la gouvernante, comme si ce protocole était destiné au lecteur. J’avoue qu’au début, c’est assez déroutant ce « vous » mais seulement au début car il colle parfaitement à l’histoire, à l’ambiance du roman, à la finalité du protocole. Et je dirai même que cela rend addict à l’histoire car je me suis sentie totalement impliquée dans l’histoire, je voulais absolument savoir à quoi était destiné au final ce protocole. Parlons de ce protocole justement: il est très détaillé, il ne laisse rien au hasard, il prévoit tout et c’est waouh!!! Sachant que l’auteur est metteur en scène, sa façon d’écrire fait penser à du cinéma, à un storyboard où tout y est. C’est très cinématographique avec tout ce qu’il faut pour vraiment imaginer les scènes dans tout leur ensemble.

Concernant l’histoire, je ne peux vous en révéler trop car c’est tout le charme de « Protocole gouvernante ». Il faut savoir qu’un certain Lewis a imaginé tout un plan afin de s’immiscer dans les foyers avec un but bien précis, que la gouvernante exécute un plan à la lettre et que personne ne va s’en rendre compte. Si vous aimez « La servante écarlate », si vous avez aimé lire « Vox », vous devez lire « Protocole gouvernante ». Si vous aimez être surpris, vous devez lire « Protocole gouvernante ». Si vous aimez être tenu en haleine, vous devez lire « Protocole gouvernante ». Vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller ce roman qui est le roman le plus innovant dans cette rentrée littéraire!

« Protocole gouvernante » de Guillaume Lavenant chez Rivage, le 21 août 2019.

Interview d’Isabelle Lagarrigue.

« Interview d’Isabelle Lagarrigue »

 

 

Merci Isabelle d’avoir accepté de répondre à mes questions!

Merci Sybil pour cette interview. J’ai répondu à tes questions comme si tu étais assise en face de moi !

 

-Mais qui est Isabelle en fait?

 Je m’appelle Isabelle, j’ai eu trente ans et trois enfants il y a déjà quelques années 😉 Après mon diplôme de Neoma Rouen et un passage à l’université au Mexique, j’ai travaillé dans l’univers de la communication dans de grandes entreprises françaises puis dans l’écosystème des startups.

J’ai écrit mon premier poème à sept ans sous mon casque sèche–cheveux (il était question de renards et de vin blanc…), puis j’ai tenu (très) longtemps un journal intime. A l’adolescence, le facteur était la personne la plus importante de ma vie, puisque grâce à lui j’entretenais des relations épistolaires amicales, platoniques ou enflammées « dépêche–toi, petit facteur car l’amour n’attend pas ».

Mes premières chroniques à l’adolescence (que je n’ai jamais partagées, Instagram n’existait pas) étaient rédigées sous forme de fiches avec deux rubriques phares : « comment j’aurais préféré que ce livre se termine » et « le personnage que je n’aimerais pas être dans la vraie vie ».

J’ai assouvi pendant des années ma passion pour l’écriture le jour à travers la communication et ma passion pour la lecture la nuit.

En mars 2019, j’ai décidé de me consacrer pleinement à l’écriture.

-Pourquoi écris-tu ? 

Depuis que j’ai auto publié mon roman, je me dis qu’il faut absolument que je trouve une réponse à cette question qui revient très souvent mais en fait j’écris car j’aime écrire et que je me sens à ma place quand j’écris…

Si je dois parfaire cette réponse, je dirais que j’aime par-dessus tout créer des personnages, rentrer dans leur peau, comprendre leurs mécanismes, ressentir leurs émotions et les retranscrire…

-Tu as décidé de te consacrer pleinement à l’écriture. Où en es-tu à ce jour ?

J’ai effectivement décidé de me consacrer pleinement à l’écriture depuis mars 2019.

J’ai publié ce premier roman en juin 2019. Je suis actuellement dans l’écriture du numéro deux que je prévois de sortir au printemps 2020. Et j’ai déjà l’idée du numéro 3 pour le printemps 2021.

Et ensuite je ferai un bilan ;(

-Pourquoi le choix de l’auto-édition pour ton roman « C’était un accident » ?

Parce que l’opportunité de le publier avec une maison d’édition ne s’est pas (encore) présentée et j’avais envie qu’il sorte de mon tiroir pour partager cette histoire avec des lecteurs et avoir leurs ressentis.

L’auto édition est une belle aventure qui m’a permis de faire des rencontres incroyables avec d’autres auteurs et être responsable de A à Z de son livre est finalement très excitant. J’ai choisi Librinova parce que je voulais proposer mon roman en numérique et en papier sur l’ensemble des sites et pour leur plateforme éditeurs.

-Parle-moi de ton roman en quelques mots.

 Sais-tu que je me suis aperçue que les lecteurs en parlaient finalement beaucoup mieux que moi 😉 ?

C’est un « roman de vie », une tranche de vie d’une adolescente de quatorze ans dont la vie va basculer suite à un accident. En tentant de comprendre les circonstances de l’accident, elle partira aussi à la rencontre d’elle-même.

-Pourquoi avoir pris comme thème du deuil au moment de l’adolescence ?

Connais-tu cette phrase « Tout ce qui nous ne tue pas nous rend plus fort » ?

Je n’ai jamais compris ni aimé cette phrase que je ne trouve d’ailleurs pas vraie. En ce qui me concerne, je dirais « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend différent, peut nous inspirer et nous donner un point de départ pour écrire ».

-Sans en dire trop, comment t’est venue l’idée de Spring ? (Dans ma chronique je ne dis pas qui est Spring, ni sa fonction)

La réponse à cette question va être difficile sans spoiler l’identité de Spring 😉 Disons que dans mon ancien métier, (directrice du startup studio #LaPiscine), j’ai côtoyé l’univers de Spring que je trouve fascinant. Pour finaliser sa « construction », j’ai eu des échanges avec des personnes qui pourraient l’imaginer. Spring remplit une fonction dans ce roman. Il est le fil qui relie Prune à l’être disparu. Il permet de mettre en évidence l’amour inconditionnel. Il ancre aussi l’histoire dans une époque contemporaine. (J’aurais aimé t’en dire plus…)

-J’ai vraiment eu la sensation de lire le journal intime de Prune. C’est l’effet voulu ?

Oui, je voulais, à travers ce choix d’écriture, embarquer la lectrice (ou le lecteur) au plus près du personnage, qu’il rentre dans la peau de Prune et qu’il vive l’histoire comme elle la vit elle.

-Il t’a fallu combien de temps pour écrire ce roman? Depuis l’idée qui a germé dans ta tête au point final?

Quelques années avec des pauses, le temps de combiner l’écriture, un travail et trois enfants. Je dirais un an pour l’écriture et deux ans pour la ré-écriture.

-Quand tu écris, as-tu déjà un plan bien défini ou est-ce que tu vois au fur et à mesure de la rédaction?

J’ai d’abord des carnets avec des idées, en vrac, des réflexions sur la vie, des anecdotes et des profils de personnalité. Je fais ensuite un plan précis sur une feuille avant de commencer l’écriture sur ordinateur. Et lorsque j’écris, je suis mon intuition et j’apporte de nombreuses modifications. Pour moi, la créativité s’épanouit dans un cadre.

-Comment vois-tu tes lecteurs? Quels rapports entretiens-tu avec eux?

Je suis touchée (et aussi surprise) par l’accueil que les lecteurs (et les blogueurs) ont réservé à mon livre d’autant qu’il est auto édité…

J’avoue que certains messages me font briller les yeux. Je ne pensais pas que les échanges seraient aussi forts et intenses ni que les lecteurs prendraient autant de temps pour écrire leurs ressentis et leurs encouragements. C’est un vrai moteur. J’ai hâte de les rencontrer lors des séances de dédicaces. J’avoue parfois ne pas réussir à trouver les mots pour les remercier. Je me dis que la plus belle manière de les remercier serait de progresser dans l’écriture et d’écrire un prochain livre à la hauteur de leurs attentes… MERCI.

-Comme lectrice, tu as des préférences de genres littéraires?

Je suis assez éclectique.

J’attends d’un roman qu’il m’embarque loin de la réalité et si en plus j’apprends quelque chose, c’est la cerise sur le gâteau. Je suis plus intriguée par des tranches de vie et des personnalités que par des rebondissements, mises en scène ou descriptions…

Par contre, je ne peux pas lire les romans qui font peur et m’empêcheront de dormir ni ceux qui sont trop difficiles émotionnellement. Je n’ai par exemple jamais pu finir « une chanson douce » de Leila Slimani (je sais 🤷‍♀️).

-Un conseil lecture pour l’été?

C’est tellement difficile de me restreindre à un !

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Sous le soleil de mes cheveux blonds d’Agathe Ruga

Raisons obscures d’Amélie Antoine

Traverser les orages de Lucile Caron Boyer

La vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille

(Les autrices françaises ont du talent !)

-Un dernier mot?

Ahah

Rire parce que je crois que c’est une des clés pour affronter la vie. D’ailleurs, j’espère que mon roman est aussi drôle qu’émouvant ou l’inverse.

J’aime cette phrase « Le rire, comme les essuie glaces, permet d’avancer même s’il n’arrête pas la pluie ». Elle est de Gérard Jugnot (oui j’ai osé). Je l’ai choisie car elle aurait pu être de Mathilda…

Et aussi MERCI parce que sans toi Sybil pour parler des livres (et des auteurs) et sans vous pour les lire, je ne serais pas là aujourd’hui.