Nymphéas noirs.

« Nymphéas noirs »

de Fred Duval et Didier Cassegrain

Les éditions Dupuis/ Air Libre ont adapté le roman de Michel Bussi, « Nymphéas noirs », en roman graphique écrit par Fred Duval et illustré par Didier Cassegrain.

Le village de Giverny, bien connu car le peintre Monet y a peint ses Nymphéas, est le lieu de meurtres sur treize jours. Treize jours pendant lesquels trois femmes habitant Giverny et s’y sentant emprisonnées, vont voir les portes s’ouvrirent à elles. L’une est méchante, l’autre est menteuse et la dernière est égoïste.

Je n’ai pas lu le roman de Michel Bussi, j’étais donc ravie de pouvoir le découvrir par l’intermédiaire de ce roman graphique, style de roman que j’apprécie de plus en plus. « Nymphéas noirs » est un très beau roman graphique qui a su bien mener l’intrigue du roman et cette fin est juste incroyable. Je pense que c’est encore mieux, du coup, de ne pas avoir lu le roman de Michel Bussi avant.

Sur 140 pages, j’ai suivi l’enquête policière menée par deux inspecteurs avec en fil rouge trois femmes, une vieille femme qui espionne tout le monde, une jeune femme institutrice qui s’ennuie et une gamine qui peint. L’histoire commence donc par la découverte du corps d’un ophtalmologue amateur d’art et de femmes. Il est retrouvé là où un enfant avait également trouvé la mort… Il va falloir aux enquêteurs rassemblaient leurs preuves tout en s’intéressant aux peintures de Claude Monnet et surtout aux Nymphéas Noirs si courus.

Que pour ce soit l’adaptation du roman ou les illustrations, le travail de Fred Duval et Didier Cassegrain est incroyable. Fred Duval a parfaitement su retranscrire l’essentiel du roman, de l’intrigue pour en faire un roman graphique plus court de ce fait. Et Didier Cassegrain, par ses illustrations, a créer une atmosphère qui se marie à merveille avec aussi bien l’intrigue que la peinture de Monnet. Les couleurs des illustrations ressemblent à des tableaux. Les détails sont impressionnants. Tout est très réaliste et le village de Giverny est très bien représenté. Quant à l’histoire, Fred Duval a su en prendre l’essentiel pour nous conter ce roman, nous le conter en s’adaptant à l’exigence du roman graphique et pour moi, cela est vraiment réussi. « Nymphéas noirs » en roman graphique est un super roman graphique que je ne peux conseiller aussi à ceux qui ont lu, ou pas lu, le roman de Michel Bussi!!

« Nymphéas noirs » de Fred Duval et Didier Cassegrain chez Dupuis BD/ Aire Libre, 22 novembre 2019.

Les sorcières de la littérature.

« Les sorcières de la littérature »

de Taisia Kitaiskaia et Katy Horan

Voici un bien bel ouvrage publié chez les éditions Autrement« Les sorcières de la littérature » de Taisia Kitaiskaia et Katy Horan.

Ce livre illustré est juste sublime et surtout il met parfaitement en valeur des auteures, des sorcières des mots, des poétesses, des femmes. Elles sont au nombre de 30 dans « Les sorcières de la littérature », 30 femmes certaines plus connues que d’autres. D’ailleurs, grâce à ce livre, j’ai pu découvrir des auteures que je ne connaissais pas et que j’ai envie de découvrir. Taisia Kitaiskaia écrit pour chacune une biographie, une biographie poétique qui retrace la vie de ces femmes. Taisia donne également une bibliographie pour chacune, des conseils de lecture afin de nous permettre, nous lecteurs, de pouvoir découvrir ces superbes sorcières.

Avec ces jolies biographies pour nous les présenter, l’illustratrice Katy Horan a fait pour chacune des superbes illustrations les représentant. Les dessins sont sincèrement très beaux et mettent en valeur ces femmes. C’est un très beau travail d’illustration accompagnant à merveille la poésie de Taisia.

Avec « Les sorcières de la littérature », vous retrouverez par exemple Agatha Christie, Toni Morrison, Emily Dickinson, Virginia Woolf ou encore Emily Brontë. Et vous ferez la connaissance d’autres « sorcières » moins connues comme Yumiko Kurahashi (une Sibylle aux multiples visages, aux ovules célestes et aux fantasmes tordus), Mirabaï (mystique hindoue et poétesse de l’amour incandescent), Forugh Farrokhzad (poétesse et réalisatrice iranienne iconoclaste). Avec « Les sorcières de la littérature », on traverse la terre et les années pour découvrir 30 femmes dont leur arme, c’est leurs mots, leur poésie, leur imagination, leur détermination. Cet ouvrage met dans la lumière de belles femmes qui ont su et continuent de laisser leur empreinte grâce au pouvoir de leurs mots. Et toujours grâce à ce livre illustré, d’autres souhaits de lecture sont à rajouter dans nos listes d’envie!!!

Je conseille fortement d’avoir « Les sorcières de la littérature » dans sa bibliothèque, à portée de mains pour découvrir ou redécouvrir 30 femmes incroyables. Tourner les pages de ce livre, c’est entrer dans un joli monde de poésie que ce soit par les mots de Taisia, les illustrations de Katy ou la préface de Chloé Delaume!

« Les sorcières de la littérature » de Taisia Kitaiskaia et Katy Horan, traduit de l’anglais par Cécile Roche, chez Autrement, 06 novembre 2019.

Bed bug.

« Bed bug »

de Katherine Pancol

Voici le dernier de Katherine Pancol, « Bed bug » chez les éditions Albin Michel.

Rose est une jeune biologiste qui étudie les lucioles pour faire une grande découverte dans le traitement du cancer. Rose est totalement dévouée à son métier et délaisse le reste. Mais Rose va tomber amoureuse de Léo, son collègue américain avec qui elle part travailler à New-York.

« Elle ne se souvenait pas de l’épisode avec le marin. Se pourrait-il qu’elle ait tout oublié? On n’oublie pas quand la douleur est grande. Ou si, justement, on oublie parce qu’elle est trop grande, qu’elle ne rentre pas dans la tête. On oublie parce que sinon on ne pourrait plus jamais rire, on ne pourrait plus grandir, on irait tout droit sauter dans un puits ou sous le métro. »

Cette chronique va être totalement différente de mes chroniques habituelles. En l’écrivant, j’écoute une interview de Katherine Pancol sur Europe 1. Pourquoi? Pour comprendre son roman, pour comprendre où l’auteure voulait m’emmener dans son livre. Car oui, j’ai eu beaucoup d’interrogations en lisant « Bed bug » surtout la première partie. Je n’ai pas compris, je n’ai pas saisi le personnage de Rose, je n’ai pas saisi l’écriture de l’auteure… Et c’est à ce moment là que j’aurais aimé prendre mon téléphone et appeler Katherine Pancol pour lui: « Pouvez-vous m’expliquer le pourquoi du début de votre roman? »… J’ai été également surprise par le ton employé par l’auteure, un ton que je ne lui connaissais pas… Bon, à ce stade de ma chronique, je ne suis pas fait des amis 😉 J’écoute donc attentivement l’interview de Katherine Pancol et je comprends mieux son roman, son personnage de Rose, personnage que j’ai aussi compris dans la deuxième partie du roman quand elle se retrouve à New-York. Grâce toujours à cette interview, je capte aussi son style d’écriture. Me voilà en train de réfléchir de ce fait à « Bed bug » avec un nouveau regard.

Dans « Bed bug », Katherine Pancol s’est penchée sur la vie des insectes et surtout sur leur façon de vivre, sur leurs propriétés et c’est carrément intéressant. Puis Rose, son personnage, une jeune femme dévouée à son travail car l’amour n’est pas fait pour elle, les relations amoureuses plutôt. Rose est fusionnelle avec sa grand-mère et distante avec sa mère, des femmes fortes toutes les trois, des femmes avec un passé difficile, des femmes qui se sont faites seules. Oui Rose n’est pas douée pour les relations amoureuses et du coup, elle les fantasme, là où son désir s’exprime. Rose est une femme de nos jours avec la carrière qui est importante, avec des désirs q’elle aimerait assouvir, avec des choses à régler pour être sereine, des choses enfouies qu’elle doit découvrir pour avancer et pour aborder une relation amoureuse. En fait, « Bed bug » est un roman ancré dans nos jours, qui parlera aux femmes, aux mères. Et oui, Katherine vous avez raison, nous les femmes nous parlons comme ça entre nous!

Grâce à son interview, j’ai pu mieux appréhender « Bed bug », mieux comprendre Rose mais je trouve quand même la deuxième partie du roman plus intéressante et je me suis attachée à Rose et ses lucioles qui promettent tellement. J’ai surtout apprécié la façon de Rose qui les défend justement et comment elle se bat pour que ses lucioles aident la médecine et les personnes au lieu de les destiner uniquement à l’esthétique, et ça c’est juste top!! Je vous laisse vous faire votre propre avis sur le dernier roman de Katherine Pancol!

« Bed bug » de Katherine Pancol chez Albin Michel, 30 octobre 2019.

 

Le corbeau d’Oxford.

« Le corbeau d’Oxford »

de Faith Martin

Un roman purement british: « Le corbeau d’Oxford » de Faith Martin chez Harper Collins.

Sir Marcus Deering, à Oxford en 1960, reçoit des lettres anonymes. Il prévient la police quand ce corbeau le menace de s’en prendre à son fils. Ce qui arrive. La police d’Oxford déploie tous ses moyens pour découvrir ce corbeau et donc ce meurtrier. Trudy Loveday, jeune policière, n’est malheureusement pas de cette enquête. Elle doit assister le médecin légiste, Dr Clement Ryder, dans une ancienne enquête. Mais peut-être que cette enquête va les mener sur la piste du corbeau.

« Décidément, cette jeune femme n’était pas à une contradiction près. Brillante mais naïve, innocente mais rusée, déterminée et têtue, mais prompte à rougir. Elle était encore inachevée, fragmentaire, au point qu’il s’inquiétait parfois. Et pourtant, il était indéniable qu’elle l’aidait à organiser, analyser et évaluer ses idées. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il sentait qu’ils feraient une excellente équipe. »

Quoi de mieux qu’un livre mêlant enquête et ambiance so british, et un duo improbable pour me ravir!! « Le corbeau d’Oxford remplit ces conditions! Tout d’abord, la jeune policière, Trudy Loveday, la seule femme dans son commissariat. Elle subit donc les réflexions de ses collègues et surtout son supérieur qui ne croit pas en elle. Le cas typique de masochisme surtout dans les années 60 mais Trudy ne va pas se laisser faire et elle reste motivée, combattante et très pro. Puis le médecin légiste, un vieux bougon, pas très sociable, le Dr Ryder. Deux personnages opposés mais qui vont faire la bonne paire comme on pourrait dire! En effet, Trudy va montrer qu’elle est une bonne policière et Dr Ryder va voir en elle ses atouts de bonne enquêtrice. Un duo tellement opposé qu’il va faire des étincelles!! Et l’enquête ou les enquêtes à mener sont vraiment bien ficelées par l’auteure, Faith Martin. Un riche industriel, un corbeau, un meurtre d’un jardinier modeste veuf, un lien entre l’industriel et ce jardinier.

L’auteure a parfaitement maitrisé les codes du cosy mystery et « Le corbeau d’Oxford » est dans la lignée d’Agatha Christie et de Julia Chapman. L’auteure nous fait vivre au plus près l’enquête menée par le duo et distille des indices, des relations secrètes, des découvertes. Ce roman se lit avec un plaisir non dissimulé quand on apprécie les enquêtes finement menées par des personnages atypiques. J’ai lu « Le corbeau d’Oxford » avec envie, j’ai aimé l’histoire, j’ai aimé le duo, j’ai aimé l’Oxford des années 60. Après je ne suis peut-être pas très objective car ce style de roman m’enthousiasme à chaque fois! Je suis ravie d’avoir découvert l’auteure, Faith Martin dont l’écriture colle parfaitement à ce style de roman, simple avec des touches d’humour. Et ce duo qui s’est trop bien trouvé et que j’aurais plaisir à retrouver s’il y a une suite!! Bon, vous l’aurez compris, « Le corbeau d’Oxford » est à lire surtout si vous êtes amateur d’Agatha Christie (que vous retrouverez par petites touches dans ce roman)!

« Le corbeau d’Oxford » de Faith Martin, traduit de l’anglais par Alexandra Herscovici-Schiller, chez Harper Collins, 13 novembre 2019.

 

Vacarme.

« Vacarme »

de Gaël Tchakaloff

Avec « Vacarme » chez les éditions Flammarion, je découvre Gaël Tchakaloff auteure.

Lucile Buffet écrit son journal, le journal de Gaël Tchakaloff. Gaël le double de Lucille, le double à la fois diabolique et ange. Lucile vit une vie bien éloignée d’elle avec Gaël. Gaël est la totale opposée de Lucile. Lucile ne veut plus de Gaël, elle veut n’être que Lucile.

« Je l’ai quitté parce qu’il aimait tant Lucile qu’il voulait que Gaël déchire le monde. Je l’ai quitté parce qu’il voulait faire de Gaël un être de perfection qu’elle n’était pas. Je l’ai quitté parce qu’il acceptait tout de Lucile, au prétexte d’admirer Gaël. Je l’ai quitté parce qu’il me poussait à tant utiliser Gaël que j’avais le sentiment de me prostituer, d’être sale. Je l’ai quitté pour être le sujet de ma vie et non plus l’objet, l’objet qui appartient à un autre que moi. »

Je connais Gaël Tchakaloff de part sa participation aux Grosses Têtes, émission dans laquelle je la trouvais déjà intéressante, franche, avec beaucoup d’humour. Je savais qu’elle écrivait mais je n’ai pas eu l’occasion de la livre. Et là, avec « Vacarme », j’ai eu envie de découvrir sa plume. Mais « Vacarme » est une sorte d’autobiographie et je n’aime pas trop les autobiographies. Dilemme pour moi. Allez je me lance quand même car j’ai une forte envie de connaître cette femme, cette auteure, cette tornade blonde au sourire si franc! Quelle découverte! J’ai été scotchée à mon livre toute une journée, je n’ai pas réussi à le poser tellement ce journal est envoûtant. J’ai été fascinée par Gaël, par Lucile, ses deux personnalités si opposées mais qui ne peuvent pas être dissociées. Car oui, dans « Vacarme », Lucile Buffet raconte Gaël Tchakaloff, Gaël que Lucile a créé pour être une autre, celle que tout le monde regardera. Celle qui osera tout, vraiment tout. Celle qui fera fît des jugements, des regards des autres. Celle qui sera dans les coulisses du pouvoir. Celle qui aura ses entrées dans tout le beau monde parisien. Celle qui brûlera la vie par les deux bouts. Mais voilà, Lucile n’est au final pas Gaël. Lucile éprouve le besoin de s’affranchir de son double surtout depuis que Lucile/Gaël a entendu cette phrase: « Je ne sais pas qui tu es »… Dans « Vacarme », Lucile et Gaël vont se répondre, chacune va interpeller l’autre, elles s’affrontent dans les mots, les phrases, les non-dits enfin dits. Chacune a son univers: Lucile a son île où elle a passé toute son enfance, adolescence, et vie d’adulte. C’est son refuge, son chez elle avec ses filles, ses ânes, sa nature, sa mer, sa famille, ses habitants. Et Gaël est la parisienne, celle de la grande ville qui a besoin de sortir, d’aller de soirée en soirée, de côtoyer les hautes sphères de la politique, celle qui écrit des articles sur nos politiques. Deux prénoms, deux mondes, mais la même femme.

Dans « Vacarme », Gaël écrit. Elle écrit pour comprendre, se comprendre. Elle écrit parce que ses mots/maux ont besoin de jaillir, d’exister. Elle écrit pour elle, pour ses filles, pour les hommes de sa vie, pour sa famille, ses amis. Elle écrit parce que cela devient vital pour Lucile. Pour cela, le récit est vif, piquant, incisif. Il est vrai, sensible, profond. Il ne cache rien, il dévoile le pire comme le bon. Il montre cette solitude si bien dissimulée mais si présente et qui fait mal. Il élude pas grand chose. L’auteure ne veut plus se cacher, elle veut être enfin elle et pour cela, il fallait en passer par l’écrit, par lâcher tout ce qu’elle gardait. « Vacarme » est un beau récit qui met en avant la dualité que tous avons. Cette dualité peut être silencieuse ou pas. Pour Lucile, elle se devait de créer Gaël mais celle-ci est devenue beaucoup trop présente et c’est ça le risque. Il fallait que ce vacarme fasse surface pour le calmer, le contrôler et Gaël/Lucile a tempéré ce vacarme pour en faire un roman qu’il faut découvrir!

« Vacarme » de Gaël Tchakaloff chez Flammarion, 04 septembre 2019.

Vík.

« Vík »

de Ragnar Jónasson

Un roman parfait pour l’hiver qui approche: « Vík » de Ragnar Jónasson chez les éditions de La Martinière.

Ásta décide de retourner à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande, là où elle a passé son enfance, là où sa mère et sa soeur ont trouvé la mort. Quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise. Ari Thór s’y rend avec Tómas et vont devoir enquêter pour déterminer si c’est un suicide ou pas…

« Quelqu’un tenait un oreiller plaqué contre son visage. …. Elle s’était préparée à la mort, elle l’avait parfois même attendue, mais maintenant qu’elle approchait à grands pas, elle se sentait terrifiée. …. Faible, elle n’était pas de taille à résister au poids sur son visage, ni à la détermination de celui qui l’assassinait. Elle savait qui c’était, bien sûr. Elle aurait pu se douter que cela arriverait. Le manque d’oxygène commença à produire son effet. Elle n’en avait plus pour longtemps, elle le sentait. Alors elle décida de laisser faire. Tout simplement. De ne pas compliquer la tâche. Elle espérait qu’un monde meilleur l’attendait. Elle sentit la vie l’abandonner, une larme lui piquer l’oeil et finit par capituler. »

« Vík » est mon premier des enquêtes à Siglufjördur de l’auteur, j’ai donc fait connaissance avec les personnages de Tómas et de Ari Thór. J’aime de plus en plus les auteurs islandais, les romans se passant en Islande car j’aime le froid, les paysages blancs, uniques, et cette sensation d’être plongée dans une atmosphère polaire! J’ai trouvé tout cela dans ma lecture de « Vík ». L’auteur crée un huis clos au nord de l’Islande, lieu parfait pour créer cette sensation de huis clos. À cela s’ajoute peu de personnages, une maison, un phare, une baie,  et une morte, ou plutôt trois morts si on remonte plus loin dans les années. Voilà, le décor est planté. Ah non, j’oubliais la neige, celle qui tombe quand il faut pas, celle qui empêche d’avancer. Et il ne faudrait pas oublier que tout cela se passe à deux jours de Noël! On est prêt, découvrons ce que Ragnar Jónasson nous a concocté dans son roman!

Un retour inattendu. Une mort suspecte. Des évènements passés qui refont surface. Des suspects. Des suspicions. Dans ‘Vík », le huis clos se met en place progressivement, en même temps que la découverte petit à petit des évènements, surtout passés. Ce huis clos est accentué par le lieu, au nord de l’Islande; le temps, la neige; les personnages suspects (ils sont 4); la période, Noël. Il ne faut pas oublier la maison, celle d’où tout part avec son phare. Une maison rustre comme ses occupants où il n’y a que le nécessaire, personne ne s’embrasse de trop. Et l’enquête sur la mort d’Ásta, une enquête où tout le monde devient suspect, où chaque parole peut faire basculer les soupçons. Et surtout les secrets que cachent cette maison, les secrets que cachent les habitants, les secrets de famille, les secrets enfouis mais qui font du mal. Pendant ma lecture, j’ai ressenti une atmosphère de film en noir et blanc où tout peut basculer en un claquement de doigt. Je n’avais qu’une envie: savoir, connaître la vérité, apprendre le pourquoi. Et tout cela est arrivé vers la fin du roman, je n’ai rien deviné avant et comme dans le livre, chacun a été mon suspect à un moment donné. Tout est bien ficelé comme on dit! « Vík » est un super polar dans une ambiance que j’aime!!

« Vík » de Ragnar Jónasson, traduit par Ombeline Marchon chez La Martinière, 03 octobre 2019.