Les corps conjugaux.

« Les corps conjugaux »

de Sophie de Baere

Un coup de coeur pour le deuxième roman de Sophie de Baere, « Les corps conjugaux » chez les éditions JC Lattès.

Alice a passé son enfance et adolescence à poser pour les autres et à défiler lors de concours de beauté, poussée par sa mère. À ses dix-huit ans, Alice décide de prendre sa vie en main et part à Paris. Elle rencontre Jean, son voisin et l’homme de sa vie. Tout se passe comme dans un rêve: ils s’aiment, ils fondent une famille et se marient. Mais voilà, Alice, après le mariage, quitte sa famille. Elle part sans laisser de trace.

« Depuis la balade dans la forêt de Meudon, Jean est mon phare. Il conjugue nos corps au présent et rend mon ciel plus clair. Son bonheur tranquille enfante le mien. Jean aime la vie et ne paraît pouvoir changer ça. Il me fait un bien fou. Tous les jours, après son travail, je le retrouve avec une ardeur amplifiée par l’attente. Nos nuits devenant solaires et nos corps jongleurs, lèvres, ongles, ventres se fondent et se confondent. »

Sophie de Baere a une nouvelle fois écrit un roman fort, un roman qui ne peut que enrôler son lecteur. Quand j’ai refermé « Les corps conjugaux », j’ai été abasourdie… Abasourdie par Alice, par Jean, par Charlotte (leur fille), par tous les personnages de ce roman en fait. Abasourdie par l’histoire. Abasourdie par l’amour. Abasourdie par la plume de Sophie. Ce roman m’a brûlée pendant ma lecture: brûlée par la vie d’Alice, brûlée par l’amour unissant Alice et Jean, brûlée par l’attitude de la mère d’Alice, brûlée par le secret.

Pour moi, dans ce roman, le personnage principal est l’amour, celui dont on rêve tous, celui avec un grand A. Il y a l’évidence, l’évidence de la rencontre entre Alice et Jean. L’évidence de leur amour. L’évidence de la naissance de Charlotte. L’évidence de leur union. Jean et Alice s’aiment tellement, ils s’aiment à la folie, ils s’aiment à ne penser qu’à eux et eux leur suffisent. Alors quand Alice disparaît, c’est l’incompréhension totale et je me demande comment une personne peut fuir cet amour, cette vie, cette famille. Surtout que cette fuite, Alice, elle la subit et elle va s’oublier car sans Jean ni Charlotte, Alice n’est plus personne, elle traverse sa vie comme une personne oubliée, une personne qui ne mérite pas tout cet amour. Mais pourquoi s’infliger cela? Parce que leur amour est interdit? Parce que la société refuse en bloc cet amour? Parce que l’évidence n’est pas morale? Tant de questions que Sophie soulève dans son roman mais sans apporter de réponses car il n’y a pas de réponses au final.

Dans « Les corps conjugaux », l’écriture de Sophie est belle, sensible, douce. Elle écrit avec une telle envie de transcrire cet amour que j’ai plongé entièrement dans l’amour de Alice, Jean et Charlotte. Sophie livre un vrai cas de conscience dans son roman pour lequel je ne sais pas comment réagir, pour lequel je ne sais pas comment j’aurais fait si j’avais été Alice, pour lequel chacun a sa position. « Les corps conjugaux » est un beau roman dont sa puissance est l’amour. Sophie de Baere a écrit un roman puissant, un roman fort, un roman qui interpelle, un roman qui interroge, un roman d’amour. « Les corps conjugaux » est un roman qui m’a transportée, qui m’a bouleversée, qui m’a indignée, qui m’a emportée dans une vague d’amour. Merci Sophie pour ton roman.

« Les corps conjugaux » de Sophie de Baere chez JC Lattès, 22 janvier 2020.

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