Puzzle de Brest.

« Puzzle de Brest »

de Yann Le Rest & Pascale Tamalet

« Puzzle de Brest », chez les éditions Calmann-Lévy, un roman de leur collection Territoires, est à quatre mains par Yanne Le Rest et Pascale Tamalet.

Un doigt manucuré est retrouvé dans le bassin aux requins de l’aquarium Océanopolis de Brest. L’affaire est prise en charge par le commissariat du port et le capitaine Fox. Quand il pense être sur une piste, il découvre que des membres du Sea Paradise ont disparu. Les deux affaires ont-elles un lien?

« L’amour, c’est faire la connaissance de quelqu’un qu’on a la curieuse impression de connaître depuis toujours. Personne ne me croira, personne ne m’a jamais crue. Peu importe. Je n’ai besoin  d’aucun n’aval. »

Amis du vrai polar, ce roman n’est pas pour vous. Moi, j’ai bien apprécié et j’ai aimé lire une enquête policière bretonne avec des personnages attachants avec la ville de Brest en fond de décor! En fait, ce que je trouve de bien dans « Puzzle de Brest », ce sont tous ces personnages, les principaux comme les secondaires. Ils ont tous un quelque chose qui fait que je me suis attachée. Ils ont des caractéristiques particulières, certains diront caricaturaux, mais personnellement, cela ne m’a pas dérangée bien au contraire. Le capitaine Hadrien est un homme cultivé, aimant les femmes, respectueux du protocole, et un fin commissaire. Son équipe est à son image: professionnelle, impliquée, travailleuse. Madame le procureur a aussi une jolie place dans ce décor breton.

Concernant l’intrigue, il n’y a pas de rebondissements en veux-tu en voilà! Les indices, les découvertes s’emboîtent comme les pièces d’un puzzle (malin le titre!!). J’ai suivi cette enquête avec intérêt. En plus, il y a beaucoup d’humanité dans ce roman avec le sdf que le capitaine prend sous son aile, les étrangers travaillant sur le bateau. Et j’aime quand l’histoire n’oublie pas d’aider les autres. À cela s’ajoute la plume des deux auteurs, plume qui se lit sans chichi, avec sa pointe d’humour qui donne régulièrement le sourire durant la lecture!!

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture grâce aux deux auteurs!

« Puzzle de Brest » de Yann Le Rest et Pascale Tamalet chez Calmann Lévy, 11 mars 2020.

Mamma Maria.

« Mamma Maria »

de Serena Giuliano

« Mamma Maria » de Serena Giuliano chez les éditions Cherche-Midi est le roman qui fait du bien.

Un village au sud de l’Italie. Son climat, ses villageois, son café et sa terrasse. C’est le village d’enfance de Sofia, le village qu’elle a retrouvé après son départ de Paris. Le village où elle se sent le mieux: dans la maison de sa grand-mère, sur la terrasse du café face à la mer avec ses « petits vieux » et surtout avec Maria, la patronne du café. Tout se passe comme d’habitude. Mais un événement va perturber la vie paisible de ce village.

« Nous prenons le temps de faire la plus grosse partie du chemin à pied. Je tiens le bras de mon ami, je profite, je l’observe: ses cheveux sont un peu plus longs, mais son rire n’a pas changé, il est toujours communicatif. Benoît, je dois l’admettre, a fait ressortir une part de moi dont je ne suis pas vraiment très fière, mais qui m’amuse beaucoup; on adore bitcher ensemble. C’est une façon un peu plus élégante de dire qu’on pratique la langue de pute. Et notre petite promenade improvisée nous laisse tout le loisir de rattraper le temps perdu depuis mon départ. »

Ce roman est un jus de citron concentré. Pourquoi? Parce qu’il est lumineux comme l’est la couleur jaune du citron. Parce qu’il est doux comme la peau d’un citron. Et parce qu’il a un côté piquant, acidulé comme le citron. C’est le résumé parfait pour « Mamma Maria » de Serena Giuliano. Je pourrais presque m’arrêter là et vous dire de le lire. Oui mais c’est trop facile!!! Et je ne suis pas du style à vous écrire que deux lignes!

Serena Giuliano a mis tout son amour pour son Italie natale dans « Mamma Maria ». Elle y a écrit les paysages italiens qu’elle connaît si bien. Elle a donné vie à des personnes tellement attachantes, adorables, riantes, et sensibles. Elle nous parle d’amitié, d’amour, d’humanité. Elle écrit avec son coeur et cela se ressent jusque dans la ponctuation de ses phrases. Son personnage principal, Sofia, est une auteure (tiens…), italienne qui revient dans son village natal (retiens…) et qui a la petite pression de son ami éditeur Benoît (reretiens…). Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est pas fortuite évidemment! Et c’est encore une raison de plus pour lire ce roman! Dans « Mamma Maria », il nous faut surtout pas oublier tous les autres personnages qui ont d’autant plus d’importance, voire plus: Maria, la patronne du café du village, lieu central de la vie de tous. Il y a ces petits vieux avec chacun sa particularité, des grands-pères si attendrissants, des grands-pères que nous aimerions rencontrés tous les jours au café du coin!! Tous les personnages chez Serena ont une jolie place dans son roman, tous participent à l’histoire et cette histoire ne serait pas la même si un seul manquait!!

À côté de tout cela, il y a une belle leçon d’humanité, une belle leçon de civisme, une belle leçon d’amour en fait. Serena nous délivre cette leçon avec tendresse, avec humilité, avec passion et cela fait un bien fou. Avec une légèreté feinte, Serena aborde des sujets actuels (malheureusement), des sujets universels, des sujets forts. Serena le fait avec une plume joyeuse, une plume sensible et surtout pas moralisatrice. Serena écrit ce qu’elle aime. Elle écrit ce qu’elle ressent. Elle écrit ses combats. Et c’est pourquoi « Mamma Maria  » est un roman à son image: un roman pétillant, un roman humain, un roman tendre, un roman coloré, un roman qu’il faut lire!!!! « Mamma Maria » est un vrai rayon de soleil qui nous fait voyager grâce à son auteure, Serena Giuliano.

« Mamma Maria » de Serena Giuliano chez Cherche-Midi, 05 mars 2020.