Une carte postale.

« Une carte postale »

de Jean-Marc Segati

Un roman sur la detox digitale, « Une carte postale » de Jean-Marc Segati chez les éditions Kiwi.

Julien, un trentenaire qui a fait fortune en vendant son entreprise, est hyper connecté comme tout le monde. Il s’en rend compte de cette dépendance digitale, d’être finalement seul et décide de faire une cure de detox digital dans une île où il n’y a ni réseau, ni internet.

« Il a à sa disposition des centaines d’applications. La plupart inutiles. Un jour, il devra les classer. Combien en a-t-il pour trier les photographies? Pour organiser ses plannings, anticiper les embouteillages, comparer des prix, stocker ses réservations, proposer des expositions, mesurer son activité physique…? Et combien de gadgets idiots qui l’ont fait rire une seule fois: toi en gros, toi en vieux, toi en femme, ton intellect, tes origines, ton futur, les lignes de ta main, etc. Les nuages passent, les écrans défilent dans sa mémoire. Les étagères de son iBooks sont remplies. Il est abonné à Spotify et Deezer. Il utilise plusieurs applications de plans, sans raison. Il réserve autant via Booking que via Trivago ou Hotels. Il nie choisit aucun restaurant sans avoir consulté Yelp et Tripadvisor. »

La detox digitale, ha ça, on en parle tous, on en rêve tous au final. Car oui, nous sommes tous accrochés à nos écrans de téléphone, d’ordinateurs, dé télévision. Surtout le téléphone, il suffit de regarder les gens dans les transports par exemple: plus de la majorité est sur son écran de smartphone. L’idée d’un complexe hôtelier proposant un séjour zéro écran est clairement une super idée et je suis sûre que cela aurait du succès! Comme le personnage de Jean-Marc Segati, y aller neuf jours est déjà une belle étape dans la déconnection qu’il ne doit pas être facile à faire. Dans son roman, l’auteur nous donne l’occasion de s’interroger sur nous et notre rapport aux écrans. Et surtout tout ce que nous ne voyons pas, ne faisons plus attention. Dans « Une carte postale », Julien est à un tournant de sa vie: il a réussi sa carrière professionnelle au point de devenir rentier mais il est seul. Pour lui, cette cure detox va lui permettre de se retrouver face à lui-même. Il nous emmène avec lui à la découverte de cette île où tout est vu: le paysage, l’eau, les poissons, les gens. Julien fait attention à tout ce qui l’entoure et il regarde avec ses yeux et non à travers un écran. De plus, il est dérangé par rien: ni ses mails, ni des textos et encore moins par les actualités. Comment j’ai eu envie de prendre l’avion et de le rejoindre, et encore plus en ce moment. J’ai aimé prendre mon temps avec lui, vivre avec lui des premières fois, des nouvelles fois. Et surtout je comprends son sentiment de se sentir seul au final même si on discute écran interposé, si on sait tout ce qui se passe dans le monde en temps réel, si on est tout le temps joignable. Ce sentiment est paradoxal avec notre monde d’aujourd’hui.

Dans « Une carte postale », il est question aussi des sentiments amoureux, des rencontres au bon moment, de séparation. Un roman plus que d’actualité et qui ne peut que résonner chez chacun. C’est un roman qui prend son temps, ce temps que nous ne prenons plus car tout est instantané, tout est porter de clic, tout se retrouve sur nos écrans alors que nous devons regarder, sentir, vivre, avec nos yeux, nos sentiments. « Une carte postale » fait voyager, espérer, réfléchir, ressentir.

« Une carte postale » de Jean-Marc Segati chez les éditions Kiwi, 09 décembre 2020.

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