Le Mal-épris.

« Le Mal-épris »

de Bénédicte Soymier

Un coup de coeur pour le premier roman de mon amie Bénédicte Soymier, « Le Mal-épris » chez les éditions Calmann-Lévy.

Paul est un homme ennuyeux qui vit seul et qui se considère comme important. Il s’intéresse de beaucoup trop près à sa jeune et jolie voisine. Il va tout faire pour provoquer une nuit d’amour. Mylène regrettera. Paul est de plus en plus amer et va s’intéresser à Angélique, sa nouvelle collègue. Angélique élève seule son fils et les hommes n’ont jamais été corrects avec elle. Avec Paul, elle y croit mais va être de nouveau déçue. Paul va devenir jaloux, possessif, violent.

« Angélique le laisse l’envahir. Elle le reçoit et s’accroche, le tiens serré contre elle, désespéré de l’avoir perdu cinq minutes – cinq ou dix, quand il est devenu un autre, habité de haine, un homme qu’elle juge ordinaire, conséquent et abusif, dont elle a reçu la main sans tendresse – une souffrance de femme. Elle voudrait pleurer pour elle, pour ses semblables, contre ces coups et ces injures. Elle pourrait partir, elle qui vient de s’installer, la tête emplie d’espoir, partir comme le conseille l’article parcouru dans Elle ou Marie-Claire. Elle pourrait remplir ses cartons et ses sacs. Elle pourrait, mais elle ne peut pas, parce qu’elle croit à l’amour, à la rédemption et aux choses qui changent. »

J’avais très hâte de découvrir enfin le premier roman de Bénédicte mais en même temps, peur. Peur car Bénédicte est mon amie et si jamais je n’avais pas aimé, comment lui aurais-je dit? Mais je n’ai absolument pas eu besoin de me poser cette question car « Le Mal-épris » est un coup de coeur pour moi. Ce premier roman est un roman abouti, un roman travaillé, un roman réfléchi, un roman choyé par son auteure. Dès les premières lignes, j’ai été captivée par Paul, le personnage principal. Cet homme qui paraît détestable mais qui montre de la sensibilité, un peu, de la gentillesse, un peu, avec une enfance difficile. Cela est déroutant pour moi. Bénédicte ne dresse pas un portrait tout noir de Paul dont le vrai visage se révèle très vite dans ses relations avec l’autre, avec une femme. Il y a une réelle dualité chez Paul et c’est bien pour cela que Mylène puis Angélique vont tomber dans ses bras (pour Mylène, cela sera une erreur mais elle a apprécié en tant qu’ami… ). De plus, Paul ne veut pas devenir cet homme alcoolique, jaloux, violent. Non il ne le veut pas mais cela est beaucoup plus fort que sa volonté, c’est ancré en lui, dans son enfance. Cela est-il pardonnable pour autant? Tant de questions, de réflexions me sont venues en tête lors de ma lecture. Et Angélique, le personnage féminin auquel je n’ai pu que ressentir de l’empathie mais aussi de la pitié, de la tendresse mais aussi de l’agacement. Angélique est une femme souriante, avenante, profondément gentille ( ce qui la dessert régulièrement). Angélique croit encore et toujours à l’amour, le vrai. Et elle va y croire sincèrement avec Paul qui se montre gentil, attentionné, au début du moins. Pour Angélique, rien n’est facile avec les hommes et le regard qu’ils posent sur elle. Elle cherche à tout prix à être aimée. J’ai eu envie de lui parler, de lui dire qu’elle est belle et rien n’a plus d’importance que elle. Mais je l’ai aussi comprise. J’ai entendu et compris ce besoin et cette recherche effrénée de l’amour, de l’homme. Angélique est mal dans sa peau et se crée une image qui attire le regard. Angélique fait tout pour l’autre afin de se sentir utile voire indispensable à l’autre. La rencontre entre Paul et Angélique est absolument pas vécue de la même façon pour les deux et Paul va se révéler être un homme méchant qu’il faut éviter de rencontrer.

Dans « Le Mal-épris », j’ai pour ainsi dire tout aimé. La plume de Bénédicte, ses mots, la tournure de ses phrases, ses phrases percutantes sans chichi. J’ai aimé l’histoire, les personnages, la psychologie des personnages, le pourquoi du comment pour les deux. Bénédicte élude rien et donne tout. Elle ne donne pas que le noir ou le blanc, toutes les nuances sont là et c’est cela qui fait la force de son roman au vu du sujet. Avoir le bon et le mauvais est essentiel quand on évoque la violence, la descente aux enfers aussi bien pour Paul que pour Angélique afin de comprendre au mieux leurs comportements. J’ai été troublée dans le bon sens du terme par « Le Mal-épris ». Bénédicte a écrit un roman fabuleux. Dans chaque roman, il paraît qu’il y a toujours de son auteur. Dans « Le Mal-épris », j’ai retrouvé de ma Bénédicte, dans sa façon de livrer tout le bon et le mauvais, de donner des pistes de réflexion sur les attitudes de chacun et de surtout ne pas juger. Bravo Bénédicte!

« Le Mal-épris » de Bénédicte Soymier chez Calmann-Lévy, 06 janvier 2020.

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