Les filles du 17 Swann Street.

« Les filles du 17 Swann Street »

de Yara Zgheib

Un roman qui doit être lu: « Les filles du 17 Swann Street » de Yara Zgheib chez les éditions JC Lattès.

Anna quitte Paris et son Opéra pour vivre aux États-Unis avec son mari. Mais Anna va se retrouver vite seule, vraiment seule. Et cette solitude va la mener dans une spirale infernale, celle de l’anorexie. Pour se soigner, Anna entre au 17 Swann Street où des femmes souffrant de troubles alimentaires sont prises en charge.

« Tout le monde pense que j’ai un problème. Mon entourage a peur pour moi. Or je n’ai pas de problème. Je dois juste perdre un petit peu de poids. J’ai peur aussi, mais pas de grossir. Je suis terrifié par la vie. Par ce monde triste et injuste. Ce n’est pas mon cerveau qui est malade. C’est mon coeur. »

« Les filles du 17 Swann Street » est le premier roman de Yara Zgheib et quel roman! L’auteure écrit sur l’anorexie et les troubles alimentaires en général. Elle explique cette maladie, ses conséquences sur la malade, sa vie, son entourage. J’écris « elle » car c’est une maladie beaucoup plus féminine que masculine et dans ce roman, l’auteure nous parle de femmes. Pour faire face à cette maladie, il y a le 17 Swann Street, un lieu où vivent des malades d’anorexie et de boulimie. Elles sont ensemble, affrontent ensemble les repas. Elles échangent lors des séances en groupe ou individuelles avec la psy. Elles ne se jugent pas. Elles instaurent des rituels que chacune respectera. Elles ne deviendront pas amies car elles en ont pas la force mais elles sont un soutien indéfectible pour chacune. C’est un lieu où le but est la guérison, ou plutôt l’acceptation et surtout la gestion de leur trouble pour leur permettre le retour à leur vie. Certaines femmes restent longtemps, d’autres ne sont que de passage. Le 17 Swann Street est un lieu de bienveillance, de réconfort, et surtout de compréhension.

L’auteure nous explique à travers son personnage Anna la spirale qu’est l’anorexie, qu’est le combat pour ne pas manger, qu’est la solitude de ces malades. Comme tous, je connais cette maladie mais je n’ai jamais été confrontée personnellement et j’avais des préjugés qui, grâce à son roman, ont été balayés pour comprendre la maladie. Je peux dire qu’il faut une force de dingue pour s’en sortir. Et puis, l’auteure nous parle aussi de l’impuissance de l’entourage face à l’anorexie, de leur incompréhension, de leur honte de n’avoir pas vu avant. Et, comme beaucoup de maladie, l’amour que les autres leur apportent fait partie du chemin vers la guérison. Il est très difficile de s’en sortir seul mais pour cela, il faut en parler, ne pas avoir honte, chercher du soutien. L’anorexie n’est pas une honte, un tabou. C’est une maladie qui doit être prise en charge. Yara Zgheib a merveilleusement bien su nous le raconter, nous le démontrer toute en bienveillance, humanité, intimité. Ses mots ne sont pas violents bien au contraire. Ils sont tendres, avenants et précieux.

« Les filles du 17 Swann Street » est une immersion dans la maladie, une immersion nécessaire afin de comprendre et d’aider!

« Les filles du 17 Swann Street » de Yara Zgheib chez JC Lattès, 23 septembre 2019.

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