Un autre Brooklyn.

« Un autre Brooklyn »

de Jacqueline Woodson

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Grâce aux Éditions Stock et Valentine, j’ai pu assouvir mon envie de romans américains avec « Un autre Brooklyn » de Jacqueline Woodson et ce roman ne peut pas laisser indifférent…

Brooklyn, années 70, quatre adolescentes amies August, Sylvia, Angela et Gigi y vivent leur amitié. August, une adolescente noire dont la maman n’est plus, vit désormais à Brroklyn avec son frère et son père. Elle y rencontre ses trois amies. Comme toutes les adolescentes, les filles rêvent, espèrent un présent différent et surtout un avenir radieux. Dans la vie de chacune des amies, se passent des choses non dites mais August, Sylvia, Angela et Gigi se promettent d’être toujours là pour les unes et c’est le cas. Quel va être l’avenir de ces quatre adolescentes venant du Brooklyn new-yorkais des années seventies??

« On s’enviait mutuellement cheveux, yeux, fesses, nez. On troquait nos vêtements. On partageait nos sandwichs. Certains jours on se tordait de rire jusqu’à ce que le soda gicle par nos narines et que des hoquets explosent de nos poitrines. »

Jacqueline Woodson nous livre un roman poignant avec « Un autre Brooklyn », un roman qui perturbe par ses non-dits et sa vérité si criante… L’auteure nous raconte la vie d’August, une jeune fille qui s’installe à Brooklyn suite à la disparition de sa mère, mère qui, pour August, va les rejoindre… J’ai  découvert, à travers ses yeux, une vie assez difficile mais joyeuse de par l’amitié qui lie ces quatre adolescentes. Chacune des filles traversent leur adolescente avec des moments durs mais ces moments ne sont jamais décrits, ils sont sous-entendus par Jacqueline Woodson… Lors de la lecture, l’empathie pour ces jeunes filles est important et la description de ce Brooklyn de ces années là donne à certains moments des frissons.

« Comment apprendre à travers notre voie sans ma mère? Même mon père, sur la promenade de Coney Island, avec à sa droite la musique, les cris des vendeurs ambulants et le vrombissement des montagnes russes, marchait à pas si lents et si hésitants qu’il semblait partager notre incertitude sur le prochain mouvement à faire. »

« Un autre Brooklyn » est un roman contemporain même s’il se passe il y a une quarantaine de décennies; on y retrouve les thèmes qui, pour certains malheureusement, sont de toutes les époques… Ce qui rend ce roman si troublant, c’est tous ces non-dits mais tellement dits… J’ai vécu avec August, je l’ai vue évoluer avec ses amies, espérer un meilleur avenir; j’ai eu envie de les aider et j’ai été entièrement prise dans le roman. Jacqueline Woodson sait impliquer son lecteur dans son histoire qu’elle raconte avec un style bien particulier qu’il faut adopter… En refermant « Un autre Brooklyn », j’ai qu’une envie: connaître la vie d’August, Angela, Sylvia et Gigi dans leurs vies d’adultes, savoir ce qu’elles sont devenues et si leurs rêves sont devenus réalité!! Ce roman ne laisse pas indifférent dans un sens ou l’autre!!

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Emma dans la nuit.

« Emma dans la nuit »

de Wendy Walker

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Aujourd’hui sort « Emma dans la nuit » de Wendy Walker, un thriller stupéfiant que j’ai pu découvrir grâce aux Éditions Sonatine.

Les sœurs Tanner, Emma 17 ans et Cassandra 15 ans, ont mystérieusement disparu un soir au bord de l’eau. Sont-elles mortes? La réponse à cette question arrive trois ans après quand Cass frappe à la porte de sa mère et beau-père. Elle revient seule, raconte qu’elle et Emma ont été enlevées par un couple et retenues sur une île déserte. Cass affirme qu’Emma y serait toujours avec sa fille qu’elle a eu pendant leur captivité et que le couple a décidé de s’approprier. Cass livre tous les détails de leur disparition mais la psychiatre, le Dr Abigail Winter,qui suit cette disparition depuis trois ans, ne croit pas à toute cette histoire et va enquêter minutieusement avec l’aide de l’agent spécial Leo Strauss. Elle y découvre une vie de famille où la mère se révèle une narcissique qui mène sa famille selon son bon vouloir. Mais que c’est-il réellement passé il y a trois ans?

« Le sujet narcissique a un sens exacerbé de sa propre importance, il est persuadé d’être capable de réussir tout ce qu’il entreprend, surestime son pouvoir, sa beauté, son intelligence, manifeste un besoin d’admiration excessif, a le sentiment que tout lui est dû, profite des autres pour atteindre des propres objectifs, est dépourvu d’empathie, refuse de prendre en compte ou ne reconnait pas les besoins et les sentiments des autres. »

Wendy Walker m’a plongée avec une telle facilité dans cette histoire assez incroyable où peu à peu, les apparences tombent et font place aux vrais visages de toute cette famille… La description du personnage narcissique est criant de vérité et m’a fait revivre des mauvais souvenirs: soit l’auteure a fait des recherches poussées, soit elle a connu elle aussi un narcissique. Quand Cass rentre après trois ans, son histoire est bouleversante et personne ne devrait vivre ce qu’elle a vécu… Avant sa disparition et pendant sa captivité. Grâce au personnage de Abigail Winter, l’histoire de la famille Tanner et Martin ( la mère des sœurs s’est remariée avec Jonathan Martin) se construit au fur et à mesure et son histoire personnelle l’aide, malheureusement, à étudier chaque détail que Cassandra raconte. Les descriptions que Cass livre sont cohérents, précis, sans longueur et j’ai « vu » cette île, la cabane, la barque, Bill et Lucy, Rick. Avec Abigail, c’est la mère de Cass que j’ai visualisée avec ses attitudes, ses paroles si blessantes, son emprise que chaque membre de la famille subit…

« Les hommes narcissiques étaient parfaitement heureux avec des compagnes soumises tant qu’elles étaient séduisantes et convoitées par d’autres. Les femmes narcissiques, en revanche, avaient parfois besoin d’un faire-valoir puissant. Le séduire était le signe de leur propre supériorité. Être capable de le garder nourrissait l’alter-égo. »

Que ce soit la famille Tanner (Cass, Emma, leur père et Witt, leur demi-frère) ou la famille Martin (leur mère, leur beau-père et le beau-frère), ils ont tous subit à plus ou moins degré la supériorité de la mère, Madame Martin comme doit l’appeler ses filles!

Bien que je sache que « Emma dans la nuit » soit un roman, j’espère que Cass s’en sort bien et qu’elle a pu reprendre sa vie mise en parenthèse pendant ces trois longues années 😉

Confession.

« Confession »

de Richard Montanari

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« Confession » est le quatrième thriller que je découvre dans le cadre de la #teamthriller des éditions du Cherche Midi et il a été élu meilleur thriller par le New-York Times!

Philadelphie en 1976, quatre amis adolescents protègent Catriona, une petite voisine, qui se fait harceler par Desmond, fils d’une famille mafieuse de la ville. Mais Catriona est retrouvée morte le soir du 4 juillet et Desmond peu de jours après. Quarante ans plus tard, Kevin Byrne, un des quatre adolescents, est devenu inspecteur des homicides et revient dans le quartier de son enfance suite à une série de meurtres. Kevin replonge, malgré lui, dans son adolescence alors que les meurtres de Catriona et Desmond n’ont jamais été résolus. Kevin doit enquêter sur cette série de meurtres où les victimes n’ont plus de visage… Beaucoup de choses surgissent mais le fallait-il?

« Ils échangèrent un regard connu de tous les anciens de la police à travers le monde, de tous les soldats et de toutes les personnes qui se retrouvaient en première ligne, quelle que soit leur discipline. C’était un regard qui indiquait à la fois du soulagement et de la détermination. Ils avaient plongé dans l’abîme et en étaient ressortis indemnes. »

Richard Montanari nous livre un polar, un bon polar comme il se doit!! Il y a le passé, le présent qui sont liés; policiers et procureur qui travaillent ensemble; des meurtres présents et passés; des personnages, beaucoup… Il est vrai que les personnages sont nombreux au point de s’y perdre mais cela ne dure pas et surtout, tous ces personnages ont un rôle bien défini dans l’histoire! Une autre chose tient une place importante aussi: une maladie, la prosopagnosie. J’avoue que je ne connaissais pas avant de la découvrir dans « Confession » (c’est un trouble de la reconnaissance des visages, d’ailleurs Brad Pitt en est atteint!).

« Qui es-tu? Je suis Billy le Loup. Pourquoi Dieu a-t-il fait en sorte que tu ne voies pas le visage des gens? Afin que je puisse voir leur âme? »

« Confession » n’est pas le premier polar de Richard Montanari et le personnage de flic de Kevin Byrne est récurrent. C’est pourquoi l’auteur ne dit pas grand chose de Byrne, de sa vie personnage et de ce fait, je me suis pas spécialement sentie proche de lui mais Kevin Byrne joue son rôle de flic à merveille.

« Ils échangèrent un regard connu de tous les anciens de la police à travers le monde, de tous les soldats et de toutes les personnes qui se retrouvaient en première ligne. C’était un regard qui indiquait à la fois du soulagement et de la détermination. Ils avaient plongé dans l’abîme et en étaient ressortis indemnes. »

Le Cherche Midi nous a livré un bon polar que j’ai aimé lire et surtout, j’ai apprécié l’écriture de l’auteur, sa façon de nous livrer des pistes et de changer d’un coup de direction. Le lecteur croit comprendre mais non, Richard Montanari joue avec ses nerfs!! Les descriptions données sont réalistes, l’atmosphère est pesant comme doit l’être le bon polar!! Je comprends pour quoi « Confession » a été élu meilleur thriller par le New-York Times et je vous le conseille (d’ailleurs, il est déjà entre de bonnes mains 😉 )!!!!

Il est toujours minuit quelque part.

« Il est toujours minuit quelque part »

de Cedric Lalaury

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Les thrillers étant ma tasse de thé, j’étais plus que ravie de recevoir de la part des Editions Préludes le thriller de Cedric Lalaury, « Il est toujours minuit quelque part ». Et un bon thriller est celui qu’on ne veut pas lâcher avant de connaître le dénouement: « Il est toujours minuit quelque part » est un bon thriller!!

William Herrington, Bill, est un professeur d’une cinquantaine d’années, marié, père de deux filles, professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Sa vie est des plus banales jusqu’au jour où il trouve dans son casier à l’université un roman écrit par un certain Richard Philip Kirkpatrick avec une dédicace « Tu ne m’oublieras pas »… Mais pourquoi cette dédicace? Ce roman raconte un meurtre perpétré sur une île il y a des décennies, une histoire vraie… Mais pourquoi cela bouleverse à ce point Bill et va chambouler toute sa vie?

« Un homme seul. Hier encore, il était entouré d’une famille et menait une vie tranquille. C’était compter sans les ombres qui grouillaient autour de lui en criant « Vengeance ». »

« Il est toujours minuit quelque part » sait tenir en haleine son lecteur. Cedric Lalaury a su créer une tension psychologique avec ce roman mystérieux qui raconte un évènement tragique qui s’est passé dans la vie de Bill et de ses amis de l’époque. Mais qui est ce Kirkpatrick? Pour le savoir, avec l’aide de son étudiante Alan, Bill va provoquer une rencontre avec cet auteur. D’ailleurs, Kirkpatrick est atypique et vraiment surprenant! Quant à Bill, il attire pas vraiment la sympathie, on a plutôt envie de le secouer et de lui crier de dire enfin la vérité!! Cette vérité, justement, est le cœur du roman car quand elle éclate, tout est bouleversé et tout éclate en même temps qu’elle.

« Bill comprit à quel point il avait été l’artisan de son propre malheur. Par bêtise et par égoïsme. Par lâcheté surtout et aussi par un cruel manque de confiance dans l’amour de sa famille. »

Cedric Lalaury a su distiller les rebondissements, les découvertes des secrets à la bonne dose afin que le lecteur ne décroche pas et c’est gagné! Et l’auteur en parle dans son roman par l’intermédiaire de son personnage d’Alan.

« Je sais, commença-t-elle, que ce genre de littérature n’est pas forcément très prisé, surtout dans le milieu universitaire, et pourtant j’en raffole: j’adore tourner les pages avec la boule au ventre en attendant de savoir ce qui va se passer, être emportée par une histoire bien bâtie au point de ne plus être consciente du monde qui m’entoure…« 

En parlant d’Alan, c’est une étudiante très sympathique et elle apporte sa pierre à l’histoire, comme on dit! Elle joue son rôle à merveille! Concernant Bill, j’ai eu envie de le bousculer à plusieurs reprises… Est-ce que c’était l’effet voulu?? C’est surprenant comme j’aime me plonger dans l’atmosphère des universités américaines, et grâce à Cedric Lalaury, j’ai pu apprécier encore plus ma lecture!! Pour moi, « Il est toujours minuit quelque part » est un thriller comme il se doit et la vérité éclate toujours un jour où l’autre comme il est toujours minuit quelque part!!

Rêver n’est pas un vilain défaut.

« Rêver n’est pas un vilain défaut »

de Carole Cerruti

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Voici un roman que j’ai acheté, lu et chroniqué en un peu plus de 24h et je ne me rappelle pas que cela me soit déjà arrivée!!! Cela fait plusieurs mois que je suis Carole Cerruti sur Instagram, j’ai donc suivi la « naissance » de son roman, « Rêver n’est pas un vilain défaut » paru chez les éditions City, et je devais le lire!! Chose faite avec plaisir!

Élisabeth, célibataire de 30 ans, vit à New-York alors qu’elle est anglaise. Elle travaille dans une librairie à Brooklyn alors qu’elle se destinait à être avocate. Elle vit dans un luxueux appartement donnant sur Central Park mais ce n’est pas chez elle, c’est chez sa belle-mère Brihanna. Liz rêve de devenir écrivain, de perdre ses kilos en trop, d’être remarquée… Et voilà qu’elle est invitée à la soirée de gala des anciens étudiants de son lycée qu’elle n’a pas revu depuis 10 ans. Liz est obligée de s’y rendre vu que ce gala est organisé par Brihanna. Pendant sa soirée bien alcoolisée avec sa meilleure amie, Kathleen, Liz décide qu’elle ira mais pas seule et pour cela, elle va engager un acteur qui jouera le rôle de son petit ami pendant son séjour dans le manoir anglais. Mais qui va croire que cet homme si beau, charismatique, séduisant, arrogant est le petit ami de Liz, qu’il s’est intéressé à elle? Est-ce que la situation va enfin être à l’avantage de Liz?

« C’est à toi d’en écrire l’histoire. A toi de remplir les pages blanches, jour après jour. Et bien! dans ce cas, pour filer la métamorphose, je pouvais dire que ma vie n’était qu’un brouillon. Une sorte de premier jet bourré de ratures, de chapitres inintéressants, avec une structure et une intrigue complètement ratées. Aucun climax, aucun moment palpitant: on en restait à l’état d’ébauche, là où l’auteur présente les personnes et la situation. Pour ça, j’avais tout bon: la pauvre fille ordinaire qui n’attendait qu’une chose, une vie extraordinaire. Sauf que ça ne venait pas. »

Je suis une fan de Bridget Jones et grâce à Carole Cerruti, j’ai replongé dans l’univers de  Bridget et de sa gaine (comprendront les Bridget Jones addict!!). J’ai passé un  agréable moment en compagnie de Liz et même si le dénouement est prévisible, on ne peut pas échapper à la magie de « Rêver est un vilain défaut ». Dans ce roman, on croise Shakespeare; Cendrillon, sa belle-mère et sa belle-sœur; le très grand sapin de Noël; le trop beau comédien! Et tout cela est arrosé d’humour et de petites touches de tristesse que l’auteure, Carole, a su manier avec délicatesse. Le personnage de Liz est attachante, et drôle, et rêveuse, et romantique mais elle est loin d’être aussi insignifiante qu’elle le croit.

« Assise à ses côtés, à siroter un jus de pomme tiède, j’étais redevenue la fille insignifiante. Je me sentais comme une mouche dans une assiette. J’étais l’anomalie à entourer dans le jeu des sept erreurs. Mais pas celle qui était difficile à trouver. »

Grâce à Carole et Liz, je ne culpabilise plus de rêver car il faut rêver dans la vie, ça permet d’avancer et parfois de se dépasser comme l’a fait Liz, qui à force de rêves, s’est construite et en à même réaliser certains! Elle ne baisse pas les bras, affronte ce que la vie lui réserve et en oublie pas pour autant les autres. Carole a écrit une romance et j’ai vraiment aimé la réflexion de Kathleen concernant justement les romances!!

« Toutes les romances parlent de la même chose: girls meet boys; boys meet girls. Ils ne peuvent pas être ensemble, et, après une série de complications et un coup de théâtre de l’auteur, ils forment un joli petit couple. Fin de l’histoire. »

« Rêver n’est pas un vilain défaut » est un roman qui fait rêver, un roman « doudou », un roman qu’on ne veut plus lâcher jusqu’à la fin, un roman qu’on ferme en poussant le « fameux soupir ». Carole a réussit à réaliser son rêve avec ce roman! Maintenant, place aux rêves pour tous!!

(J’attends ma dédicace et boire des bulles ensemble Carole!!)

La vie rêvée de Virginia Fly.

« La vie rêvée de Virginia Fly »

d’Angela Huth

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Grâce aux éditions La table ronde, j’ai découvrir « La vie rêvée de Virginia Fly » d’Angela Huth et c’est une bien jolie découverte!

Virginia, institutrice de 31 ans, vit toujours chez ses parents dans la banlieue de Londres. Virginia est vierge, elle attend l’homme de sa vie. Est-ce le professeur, Hans, avec qui Virginia va écouter des concerts à Londres? Virginia attend plutôt Charlie, un américain, avec qui elle correspond depuis 12 ans et qui va enfin séjourner quelques jours à Londres. Virginia se voit déjà repartir avec lui et s’installer aux États-Unis mais, comme à chaque fois, ce n’est qu’un rêve… Car Virginia rêve beaucoup de l’Homme… Et le fait de passer à la télévision, car un documentaire lui est consacrée, la fait encore plus rêver… Arrive à ce moment un autre homme dans sa vie: Ulick Brand et sera-t-il le bon?? Que ce soit Charlie ou Ulick, Virginia a, décidément, pas de chance avec les hommes…

« Pourquoi, se demanda Virginia, était-elle le genre de fille à qui les gens proposaient toujours une boisson chaude et non simplement un verre? Qui avait-il chez elle qui empêchait les gens d’imaginer qu’elle s’enfilerait volontiers un double whisky? Pour la première fois de sa vie, par cette froide soirée de novembre, elle refusa la fameuse boisson chaude. »

Comme les romans déjà lus chez les éditions La table ronde, j’ai apprécié me plonger dans la vie de Virginia Fly dans les années 70. J’ai eu beaucoup d’empathie pour ce personnage de trentenaire vierge vivant toujours chez ses parents et en plus, elle a vraiment pas de chance avec les hommes… Virginia croit au bel, grand amour auquel elle s’offrira mais tout ne se passe comme dans ses rêves… Il faut rêver mais faut surtout pas s’y trop accrocher car la réalité peut faire beaucoup de mal. C’est ce que Virginia va découvrir bien malgré elle. L’expression « ne pas faire de vague » sied à merveille à Virginia, elle a été conditionnée par sa mère assez envahissante dans sa vie…

« Quand je suis un tout petit peu saoule, ce qui m’arrive pas très souvent, à vrai dire, je me sens un vrai caméléon. Quel que soit l’endroit où je me trouve, quelle que soit la personne avec qui je suis, j’ai l’impression de réussir à m’adapter parfaitement, totalement. C’est un effort, dans ces moments-là, de me convaincre qu’en réalité, je suis Virginia Fly, d’Acacia Avenue, dans le Surrey: enseignante médiocre, fille loyale, vie monotone et ainsi de suite. »

Bien que Angela Huth l’ait écrit il y a une quarantaine d’années, ce roman s’adapte à nos jours (à l’exception de l’absence du téléphone portable!!). On y retrouve la difficulté de trouver l’amour, le vrai; de voler de ses propres ailes. Bien qu’elle apparaisse un peu naïve, Virginia est volontaire, veut quand même garder espoir, et cherche les opportunités en acceptant qu’un documentaire téle sur la virginité lui soit consacré (à cette époque aussi, être vierge à 30 ans est surprenant!). L’auteure nous raconte son histoire avec habilité, facilité et passion. On ne peut qu’aimer cette institutrice et on souhaite qu’elle trouve enfin son bonheur, mais de temps en temps, l’envie de la « secouer » démange!! Angela Huth a mis en avant, bien qu’elle est trente ans, le côté enfantin de Virginia dû à sa mère, à sa main mise sur elle. Mais Virginia va-t-elle enfin lui tenir tête? En tout cas, on lui souhaite afin de se construire sa propre vie. Là est toute la question…

« La vie rêvée de Virginia Fly » est une jolie découverte. J’ai aimé la plume de l’auteure qui est fort agréable à lire. Ce roman a également une jolie note musicale (musique que partage Virginia avec le professeur Hans) et la musique rassemble les coeurs!