Un pique-nique presque parfait.

« Un pique-nique presque parfait »

de Faith Martin

« Un pique-nique presque parfait » de Faith Martin, chez les éditions HaperCollins, est le deuxième volet des enquêtes de Loveday et Ryder.

Le Dr Ryder retrouve la jeune stagiaire policière Trudy Loveday pour mener ensemble l’enquête sur la mort du jeune collégien Derek Chadworth, retrouvé dans la rivière lors d’un pique-nique des élèves de St Bede’s College. Cette mort dite d’accidentelle par les jeunes, paraît suspecte aux yeux du Dr Ryder!

« Dès qu’elle avait vu lord Jeremy Littlejohn, il lui avait déplu. D’une beauté sans pareille, il paraissait presque irréel. Son pantalon d’été blanc était si immaculé qu’il lui faisait mal aux yeux. Ses cheveux blonds comme les blés étaient négligemment ébouriffés, et avec son men ton pointu et ses pommettes saillantes, il lui faisait penser à un chat. Cruel, égoïste et sans coeur – mais capable de ronronner et de charmer quand ça lui chantait. »

Mon plaisir reste le même à la lecture de ce tome 2 des enquêtes du Dr Ryder et la stagiaire Loveday! L’action se passe toujours à Oxford et cette fois-ci, nous nous glissons dans l’enceinte d’un collège, les si célèbres collège d’Oxford! Sans oublier la campagne anglaise toujours présente avec ses villages so british! Années 60 oblige, le sexisme et le masochisme sont là et bien présents, Trudy Loveday en fait les frais tous les jours au poste de police. Dans « Un pique-nique presque parfait », il est question du milieu des fils de: les fils de Lord, de Duc qui étudient dans un collège de Oxford. Ce sont des garçons qui pensent avoir tous les droits et qui se fichent du bien pensant. Et ils détiennent un certain pouvoir.

Dans ce deuxième volet, l’auteure, Faith Martin, a utilisé les mêmes codes et elle a bien raison car ça marche parfaitement!! Ça commence par la mort prématurée d’un étudiant et lors de leur enquête, le Dr Ryder et Trudy vont démêler d’autres histoires pas très nettes: des menaces, du chantage, des photographies, une fugue, des témoins. C’est ce que j’aime dans ce roman et le précèdent, une affaire qui entraîne d’autres révélations. Je trouve le duo Ryder-Loveday en phase et complice. J’aime le personnage de Trudy car elle fait fît de ces hommes qui ne la considère pas comme une policière et elle prouve qu’elle est compétente, ce qui déplaît à son supérieur. J’aime tout autant le Dr Ryder pour son intelligence et son oeil affuté. « Un pique-nique presque parfait » est un roman qui se lit tranquillement, avec plaisir et qui se referme avec satisfaction!

« Un pique-nique presque parfait » de Faith Martin chez HarperCollins, 17 juin 2020.

Donne-moi la main Menino.

« Donne-moi la main Menino »

de Aurélie Delahaye

Voici le deuxième livre de Aurélie Delahaye qui est cette fois-ci un roman: « Donne-moi la main Menino » chez les éditions Anne Carrière.

Lisbonne 1984. Lisbonne de nos jours. Lisbonne qui ne ressemble plus à celle de 1984 du fait des promoteurs immobiliers, du tourisme et de Airbnb. Cette situation désole bon nombre de lisboètes qui veulent que cela change.

« Il a ressorti son vieux costume de sa penderie. Il était tout poussiéreux, voilà un an qu’il n’avait pas servi. En l’enfilant, il a remarqué qu’il était devenu trop grand. Il s’est regardé dans le miroir de l’armoire et s’est trouvé un air de clown. Ça n’était pas pour lui déplaire. Un petit rire lui a échappé. Puis ses yeux se sont posés sur son visage et ses joues creusées. Les clowns, souvent, ça a une triste mine. Il aurait bien aimé offrir une autre apparence à ses amis, ils sont si gentils, ces petits jeunes qui sacrifient leur Noël en famille pour venir le passer avec lui. Il y a de l’espoir dans ce monde quand les vaillants s’occupent des plus faibles. Allez, Zé, secoue-toi, réveille ton sourire, juste pour un soir, c’est quand même pas si compliqué. »

Lorsque j’ai vu pour la toute première fois la couverture de « Donne-moi la main Menino », je ne savais pas que c’était le roman d’Aurélie. J’ai de suite aimé cette couverture, les couleurs, les dessins et quand j’ai su que c’était le roman d’Aurélie, je n’ai pas été étonnée d’avoir aimé de suite. C’était une évidence en fait. Tout comme il était évident que j’allais prendre le temps de le lire et de surtout le faire vivre un moment car il le mérite.

Je vais commencer par vous avouer quelque chose: j’ai fait un pense-bête des personnages pour être sûre de ne rien manquer de ces personnages justement. En effet, Aurélie nous livre une jolie palette de personnages dès le début de son roman. Des personnages vivant depuis toujours à Lisbonne ou étant tombés amoureux de cette ville et y vivant désormais. Dans « Donne-moi la main Menino », vous trouverez Viviane, Zé, Rosa, Joséphine, Pierre, Nuno, Fanny et Menino bien sûr. Tous ces personnages sont différents mais se complètent tellement. Avec eux, je suis partie à la découverte de Lisbonne que je ne connais pas. J’ai découvert le Tage, les ruelles toujours animées, le tramway évidemment, le linge qui sèche entre les bâtiments, les spécialités culinaires, les secrets de Lisbonne. Toute la magie de Lisbonne pour résumé. Mais, oui il y a malheureusement un mais, avec cette joyeuse bande, j’ai appris l’envers du décor de Lisbonne. J’ai appris ce que vivent les lisboètes et la misère qui s’en dégage. Lisbonne est une si agréable ville que le tourisme y est important mais avec des conséquences néfastes pour ses habitants. Ses habitants chassés de leurs logements au profit des promoteurs immobiliers et de Airbnb. Ses habitants qui doivent s’éloigner de leur propre ville pour avoir les moyens de se loger.

Grâce à Aurélie, j’ai appris beaucoup sur Lisbonne en un roman. Et j’ai appris beaucoup sur la solidarité, sur l’entraide que se portent les lisboètes, sur l’affection qu’ils se portent chacun, lisboètes d’adoption compris. Les personnages de ce roman font la force de cette ville, ils en sont les gardiens et c’est beau à lire. Dans son histoire, Aurélie a donné une humanité aussi bien à la ville qu’à ses habitants. Elle a su apporter une jolie lumière sur la ville et ses habitants. Tout son amour pour Lisbonne et les lisboètes se ressent dans la lecture de « Donne-moi la main Menino ». Cela a été un réel plaisir et ravissement de parcourir les ruelles de Lisbonne en ta compagnie Aurélie!

« Donne-moi la main Menino » de Aurélie Delahaye chez Anne Carrière, 13 mars 2020.

Nos résiliences.

« Nos résiliences »

de Agnès Martin-Lugand

Sans surprise, « Nos résiliences » de Agnès Martin-Lugand, chez les éditions Michel Lafon, est un coup de coeur.

Ava et Xavier est un couple où tout leur réussit: leur famille, leur carrière professionnelle respective. Jusqu’au jour d’un accident, l’accident de Xavier où leur vie ne va plus être la même, où tout est à reconstruire…

« Il voulait tellement que la clinique ressemble à une maison, un refuge pour les animaux et leurs maîtres… comme si ces derniers étaient censés se retrouver dans une cuisine! Ceci dit, après les rendez-vous de fin, comme il appelait l’euthanasie, il offrait bien souvent un café, un thé, une bière si nécessaire, aux maîtres effondrés. Même lorsque je préparais le dîner ou que Pénélope prenait son biberon. Il se moquait de prendre du retard pour le reste des consultations ou de bousculer les habitudes familiales. Son travail ne s’arrêtait pas après le dernier battement de coeur du chien ou du chat, il partait du principe que son attention devait rester la même pour les humains qui les accompagnaient. Avec les recul, même si autrefois je pestais intérieurement après lui lorsque c’est arrivé, aujourd’hui, c’étaient de merveilleux souvenirs. Combien donnerais-je pour y être de nouveau? »

Que ce titre me parle… Il faut en avoir de la force en soi pour être résilient… Il faut en avoir bavé pour être résilient… Dans ce dernier roman, Agnès Martin-Lugand nous raconte comment une femme à qui tout réussit jusque là, va perdre pied et va devoir affronter seule et se battre seule pour que sa vie soit de nouveau belle. Elle nous donne les clés d’une résilience faite à coups de larmes, de désespoir, de perte, mais aussi de rencontres, de passion, d’amour. Dans son roman, l’auteure nous prouve que rien n’est acquis et que tout peut basculer en un rien de temps. Nous le savons tous mais nous nous en rendons compte seulement quand cela nous arrive.

Le personnage principal du roman de Agnès Martin-Lugand est une femme, Ava. Une femme mariée, une maman, une working mum! Sa vie de famille est réussie à ses yeux. Mais un jour Xavier, son mari, a un accident et le schéma familial se fissure. Ava se doit de tout gérer: sa galerie, ses enfants, Xavier, la clinique vétérinaire de Xavier. Et même si elle est épaulée par ses amis et son père, Ava perd pied petit à petit. Xavier n’est plus l’homme qu’elle aime. Ses enfants ne comprennent pas. Ses artistes en veulent plus d’elle. Et grâce à une rencontre, Ava va y croire et va doubler d’effort pour retrouver sa vie. Une rencontre qui semble inenvisageable mais une rencontre salvatrice. La vie est faite de petits riens qui font beaucoup. La vie est faite d’épreuves plus ou moins faciles à surmonter. La vie est faite d’amour, de rencontres. La vie est celle que nous décidons de faire. Il faut savoir être patient. Il faut savoir demander. Il faut savoir écouter. Il faut savoir faire confiance. Il faut savoir se faire confiance.

Agnès Martin-Lugand sait nous titiller là où c’est douloureux mais nécessaire. Agnès Martin-Lugand sait nous tenir accrocher aux pages de son roman. Agnès Martin-Lugand sait nous tirer la larme à l’oeil. Agnès Martin-Lugand a un don: un don d’écriture, un don pour raconter des histoires. Agnès Martin-Lugand est une auteure généreuse dans sa plume, dans ses mots, dans ses dires, dans sa volonté de transmettre à ses lecteurs. Agnès Martin-Lugand, le temps de notre lecture toujours trop courte à mon goût, nous habite et nous fait vibrer aux sons de ses mots!

« Nos résiliences » de Agnès Martin-Lugand chez Michel Lafon, 20 mai 2020.

Puzzle de Brest.

« Puzzle de Brest »

de Yann Le Rest & Pascale Tamalet

« Puzzle de Brest », chez les éditions Calmann-Lévy, un roman de leur collection Territoires, est à quatre mains par Yanne Le Rest et Pascale Tamalet.

Un doigt manucuré est retrouvé dans le bassin aux requins de l’aquarium Océanopolis de Brest. L’affaire est prise en charge par le commissariat du port et le capitaine Fox. Quand il pense être sur une piste, il découvre que des membres du Sea Paradise ont disparu. Les deux affaires ont-elles un lien?

« L’amour, c’est faire la connaissance de quelqu’un qu’on a la curieuse impression de connaître depuis toujours. Personne ne me croira, personne ne m’a jamais crue. Peu importe. Je n’ai besoin  d’aucun n’aval. »

Amis du vrai polar, ce roman n’est pas pour vous. Moi, j’ai bien apprécié et j’ai aimé lire une enquête policière bretonne avec des personnages attachants avec la ville de Brest en fond de décor! En fait, ce que je trouve de bien dans « Puzzle de Brest », ce sont tous ces personnages, les principaux comme les secondaires. Ils ont tous un quelque chose qui fait que je me suis attachée. Ils ont des caractéristiques particulières, certains diront caricaturaux, mais personnellement, cela ne m’a pas dérangée bien au contraire. Le capitaine Hadrien est un homme cultivé, aimant les femmes, respectueux du protocole, et un fin commissaire. Son équipe est à son image: professionnelle, impliquée, travailleuse. Madame le procureur a aussi une jolie place dans ce décor breton.

Concernant l’intrigue, il n’y a pas de rebondissements en veux-tu en voilà! Les indices, les découvertes s’emboîtent comme les pièces d’un puzzle (malin le titre!!). J’ai suivi cette enquête avec intérêt. En plus, il y a beaucoup d’humanité dans ce roman avec le sdf que le capitaine prend sous son aile, les étrangers travaillant sur le bateau. Et j’aime quand l’histoire n’oublie pas d’aider les autres. À cela s’ajoute la plume des deux auteurs, plume qui se lit sans chichi, avec sa pointe d’humour qui donne régulièrement le sourire durant la lecture!!

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture grâce aux deux auteurs!

« Puzzle de Brest » de Yann Le Rest et Pascale Tamalet chez Calmann Lévy, 11 mars 2020.

Mamma Maria.

« Mamma Maria »

de Serena Giuliano

« Mamma Maria » de Serena Giuliano chez les éditions Cherche-Midi est le roman qui fait du bien.

Un village au sud de l’Italie. Son climat, ses villageois, son café et sa terrasse. C’est le village d’enfance de Sofia, le village qu’elle a retrouvé après son départ de Paris. Le village où elle se sent le mieux: dans la maison de sa grand-mère, sur la terrasse du café face à la mer avec ses « petits vieux » et surtout avec Maria, la patronne du café. Tout se passe comme d’habitude. Mais un événement va perturber la vie paisible de ce village.

« Nous prenons le temps de faire la plus grosse partie du chemin à pied. Je tiens le bras de mon ami, je profite, je l’observe: ses cheveux sont un peu plus longs, mais son rire n’a pas changé, il est toujours communicatif. Benoît, je dois l’admettre, a fait ressortir une part de moi dont je ne suis pas vraiment très fière, mais qui m’amuse beaucoup; on adore bitcher ensemble. C’est une façon un peu plus élégante de dire qu’on pratique la langue de pute. Et notre petite promenade improvisée nous laisse tout le loisir de rattraper le temps perdu depuis mon départ. »

Ce roman est un jus de citron concentré. Pourquoi? Parce qu’il est lumineux comme l’est la couleur jaune du citron. Parce qu’il est doux comme la peau d’un citron. Et parce qu’il a un côté piquant, acidulé comme le citron. C’est le résumé parfait pour « Mamma Maria » de Serena Giuliano. Je pourrais presque m’arrêter là et vous dire de le lire. Oui mais c’est trop facile!!! Et je ne suis pas du style à vous écrire que deux lignes!

Serena Giuliano a mis tout son amour pour son Italie natale dans « Mamma Maria ». Elle y a écrit les paysages italiens qu’elle connaît si bien. Elle a donné vie à des personnes tellement attachantes, adorables, riantes, et sensibles. Elle nous parle d’amitié, d’amour, d’humanité. Elle écrit avec son coeur et cela se ressent jusque dans la ponctuation de ses phrases. Son personnage principal, Sofia, est une auteure (tiens…), italienne qui revient dans son village natal (retiens…) et qui a la petite pression de son ami éditeur Benoît (reretiens…). Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est pas fortuite évidemment! Et c’est encore une raison de plus pour lire ce roman! Dans « Mamma Maria », il nous faut surtout pas oublier tous les autres personnages qui ont d’autant plus d’importance, voire plus: Maria, la patronne du café du village, lieu central de la vie de tous. Il y a ces petits vieux avec chacun sa particularité, des grands-pères si attendrissants, des grands-pères que nous aimerions rencontrés tous les jours au café du coin!! Tous les personnages chez Serena ont une jolie place dans son roman, tous participent à l’histoire et cette histoire ne serait pas la même si un seul manquait!!

À côté de tout cela, il y a une belle leçon d’humanité, une belle leçon de civisme, une belle leçon d’amour en fait. Serena nous délivre cette leçon avec tendresse, avec humilité, avec passion et cela fait un bien fou. Avec une légèreté feinte, Serena aborde des sujets actuels (malheureusement), des sujets universels, des sujets forts. Serena le fait avec une plume joyeuse, une plume sensible et surtout pas moralisatrice. Serena écrit ce qu’elle aime. Elle écrit ce qu’elle ressent. Elle écrit ses combats. Et c’est pourquoi « Mamma Maria  » est un roman à son image: un roman pétillant, un roman humain, un roman tendre, un roman coloré, un roman qu’il faut lire!!!! « Mamma Maria » est un vrai rayon de soleil qui nous fait voyager grâce à son auteure, Serena Giuliano.

« Mamma Maria » de Serena Giuliano chez Cherche-Midi, 05 mars 2020.

 

La vie en confettis.

« La vie en confettis »

de Hélène Vergé

« La vie en confettis » chez les éditions Robert Laffont est le premier roman de Hélène Vergé.

Valentine est une adolescente de 13 ans qui vit avec ses parents, une vie heureuse et pleine d’amour. Mais cette vie là va être bouleverser avec l’annonce de la venue d’un petit frère. Ses parents ne sont plus les mêmes et Valentine ne va plus être leur priorité.

« C’est marrant comme les gens qui vous consolent le plus, c’est jamais ceux auxquels on penserait en prem’s. Je me suis couchée très tôt ce soir-là, pour quitter le jour. Même si Roberto m’avait grave réconfortée, seule dans mon lit je me sentais comme si les pierres précieuses de ma vie s’étaient ternies, comme si ma mère n’avait jamais voulu de moi, ou pour de faux. Avant, à l’heure d’aller au lit, le rouge-gorge glissait son cou dans l’embrasure de la porte juste pour voir si tout allait bien par ici, l’était comme ça ma mère. Je me muais en statue de sel, et tu parles je la piégeais à donf, elle n ‘y voyait que du roupillon. Depuis Pierrot, souvent j’avais le sommeil très mouillé, mais fallait jamais que ma mère le sache, sinon c’était radical: au lieu de vivre leur vie toute seule, mes larmes filaient le relais aux siennes au quart de tour. Et c’était le désastre. »

J’ai été surprise lors de la découverte de ce roman car je pensais lire une histoire légère, drôle mais non… Non, « La vie en confettis » parle de sujets difficiles. J’avoue que j’ai mis du temps à entrer dans l’histoire, à apprécier ma lecture et cela du fait du langage de Valentine, la narratrice. L’auteure a pris le pari, ou a eu l’audace, c’est selon chacun, de faire parler beaucoup l’imaginaire et à des moments, cela freinait ma lecture. De plus, Valentine a un langage surprenant, un langage avec des mots inventés, des mots franglais, un langage pour lequel je ne suis pas habituée mais qui se découvre.

Cependant, « La vie en confettis » parle de la famille, des rapports entre les membres de la famille, l’arrivée d’un bébé, les tourments des adolescents, la solitude, le sentiment d’abandon. Hélène Vergé évoque le bouleversement qu’est l’arrivée d’un bébé dans une famille. Le fait que l’équilibre créé par les membres de cette famille va être totalement chamboulé. Le fait que l’attention n’est plus la même pour le premier enfant. Le fait que ce premier enfant ne sent plus aimé et qu’il veuille attirer l’attention par tous les moyens. C’est tout un équilibre familial à reconstruire. Hélène Vergé aborde aussi le sujet très difficile du deuil d’un enfant et de toutes ses conséquences douloureuses pour tous les membres de la famille. Ce deuil qui bouscule une nouvelle fois l’équilibre familial. Et au milieu de cela, il reste une adolescente qui a toujours des soucis d’adolescente au collège, et qui a beaucoup de difficultés à comprendre l’attitude de ses parents. Dans son premier roman, Hélène Vergé met bien en avant les conséquences néfastes du silence, des non-dits dans une famille quand un drame survient. Elle met en avant la puissance de l’imagination d’une ado quand plus rien ne va autour d’elle. Elle met en avant que l’amour reste une valeur sûre dans laquelle chacun peut s’y réfugier.

« La vie en confettis » est un roman vraiment particulier dans tous les sens, un roman que j’ai du apprivoiser avec un peu de temps, un roman qui aborde des sujets difficiles mais réels. Hélène Vergé a écrit un premier roman audacieux!

« La vie en confettis » de Hélène Vergé chez Robert Laffont, 19 septembre 2019.